Beau Colorado

Du 20 mai au 5 juin 2012

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Notre entrée dans l’Etat du Colorado se fait en fanfare ! La limite d’Etat avec l’Utah est presque brutale : du vert à perte de vue et en toile de fond des montagnes enneigées. Nicolas, au volant, en klaxonnerait presque. La neige ! Le Colorado, le « cœur de l’Amérique » comme se plaisent à l’appeler ses habitants. Truffé de stations de ski, de montagnes (les Rocheuses), de lacs, de rivières, de forêts, cet Etat nous ramène à des paysages que nous n’avions plus vu depuis longtemps, et c’est un vrai bonheur !

Et une éclipse totale, une !

Mesa Verde est notre destination du jour. Ce parc national contient de très belles ruines des villages troglodytes des indiens Anasazis, construits à même la falaise.

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Un parc unique aux USA de part son ampleur historique. On ne sait pourtant presque rien de la façon de vivre de ces indiens et c’est bien cela qui suscite le mystère…

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L’accès aux ruines se fait par échelle et parfois par un « boyau », si bien que toute la machine sécuritaire américaine se met en marche : avant le début des visites, nous aurons droit à 20 minutes de sermon préventif sur le mal des montagnes (nous sommes à seulement 2500 mètres d’altitude, ils exagèrent), le passage des échelles (3 mètres de haut, faut pas déconner) et la marche à faire (1/4 de mile soit 400 m !!!!). Quand je pense que petites, nous grimpions mes cousines et moi les cinq mètres de l’échelle instable qui menait au dessus de l’étable du Castérot pour y aller voir les nouveaux chatons … nous avons changé d’aire !

Pendant que Nicolas est attentif aux explications données par le Ranger et que nos deux loustics sont les seuls du groupe à bouger ou à faire du bruit (grrr !!), moi, incapable de suivre un discours plus de 10 minutes ( ;-), j’observe les américains se passionner pour cette histoire qui n’est pas la leur, en tous cas, pas celle de leurs ancêtres. Et je mesure la chance que nous avons, nous Français, de vivre dans la Vieille Europe, dans un pays ayant autant d’Histoire. A l’époque des indiens Anasazis, nous construisions Notre Dame et Marco Polo découvrait la Chine …

Ce soir, à 18H30, c’est un moment de cohésion collective aux USA qui sont parcourus par une éclipse totale de soleil et nous avons la chance d’être sa trajectoire. Nous avons boudé les lunettes spéciales que nous proposait le Visitor Center de Zion un mois plus tôt et nous allons presque le regretter. Presque … parce que la suite nous réserve un bon moment.

Le parc de Mesa Verde propose une animation pour ce moment si spécial. Nous nous y rendons une demi-heure en avance puisqu’on nous a prévenu : il n’y aura pas de lunettes pour tout le monde ! Forcément, les Rangers ont donné le même conseil à tout le monde et donc, nous sommes nombreux sur le petit parking du rendez-vous. Au moment tant attendu de la distribution des lunettes, la foule fait étau autour du ranger qui ne distribue qu’une paire par famille … et il me choisit MOI, comme destinataire de la DERNIERE paire de lunettes !! Je n’ai pas le temps de me trouver chanceuse. Une gr…..asse me bouscule et me les pique des mains (enfin, vous pouvez choisir n’importe lequel des qualificatifs en « asse » et le lui appliquer, ça lui conviendra parfaitement). Sans complexe ! Je proteste évidemment : « it’s mine ! » mais cette ……asse décrète que non, ce sont les siennes et elle s’en va en courant. Je reste interloquée. Sans lunette, pas d’éclipse. Il se passe un bon quart d’heure pendant lequel la rage monte en moi, je la traite de tous les noms en français (je les connais mieux), tout l’équipage caracolesque est desappointed. Puis, comme par enchantement, alors que nous pensions justement nous éclipser (ne pouvant profiter du spectacle), une maman propose à nos garçons de regarder l’éclipse, qui vient justement de débuter, dans ses lunettes. Puis, une autre famille cinq minutes plus tard, puis encore une autre. Pour finir, ce sera une dame surgie d’on ne sait où, qui viendra vers moi en me tendant une paire qu’elle possède en trop. J’en ai les larmes aux yeux, les frissons qui me parcourent tout le corps devant la générosité de ces américaines et j’oublie vite l’incident précédent.

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Nous assistons donc à tous les moments de l’éclipse et à notre tour, nous passons les lunettes à ceux qui n’en ont pas. C’est magique.

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Les yeux de mes garçons n’en reviennent pas et moi, je me dis que j’ai la chance de les voir s’émerveiller devant un tel spectacle. En France, ce ne sera pas avant le 3 septembre 2081 qu’ils pourront voir une éclipse de soleil. Encore chamboulée, j’ai dû dire au moins vingt fois MERCI à cette dame. Je ne sais pas si elle se rend compte du bonheur qu’elle me fait, nous permettant, par la même occasion, de vous faire partager ce moment d’exception (voir le CineCaracol).

Au pays des mines

Nous quittons Mesa Verde pour Durango, une ancienne ville minière dont le quartier historique nous paraît bien agréable.

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Elle a conservé l’ancien train à vapeur qui la relie à Silverton, notre destination suivante. Mais avant cela, charmés par les montagnes environnantes, nous nous laissons convaincre par une jolie balade reliant un lac de montagne : le Spud Lake. Là-haut, nous découvrons un joli barrage de castor.

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Nous passons la nuit dans un cadre paradisiaque au bord d’un autre lac de montagne (à 3200m d’altitude), le Molas Lake.

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La plus petite et plus pittoresque Silverton nous plait beaucoup. Ancienne ville minière de l’époque victorienne, perchée au cœur des montagnes, elle a gardé son charme d’autrefois (même si elle est très touristique). Nous y arrivons en même temps que le train à vapeur. On s’y croirait.

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Nous passons la nuit au bord d’une rivière dans la National Forest d’à côté. Estéban et Titouan jouent à casser les pierres pour y trouver de l’or. Mais rien à faire, la pépite ne se montre pas ;-).

Les montagnes colorées environnantes regorgent de minerais.

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Le lendemain, nous empruntons la Million Dollar Highway. Cette route tire son nom du fait que son empierrement contient des minerais précieux. Bon, nous aurons beau essayer de « creuser» la route, nous ne trouvons pas de quoi me faire un Diam’s ;-). C’est aussi une route spectaculaire accrochée aux flans des montagnes qui traverse d’immenses étendues alpines sur lesquelles se détachent d’anciens puits de mines et de beaux pics.

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Nous nous arrêtons plus loin, au Black Canyon of the Gunnisson NP. C’est un étroit et profond canyon.

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Nous pensons nous mettre à l’abri du busy week-end du Memorial Day (un week-end férié en mémoire des américains morts au combat) en se réfugiant dans les bois du Cottonwood Pass, un col situé à 3500 m, dont la route parfois asphaltée, parfois pas, est une divergente des routes classiques pour se rendre sur Denver. Le col nous fait franchir pour la première fois la Ligne de partage des eaux, cette « ligne » virtuelle qui parcourt les montagnes du nord au sud départage l’écoulement des ruisseaux et des rivières. Tout ceux s’écoulant versant Est s’en vont dans l’Atlantique, tandis que tous ceux s’écoulant versant Ouest s’en vont dans le Pacifique.

Tout Denver semble s’être donné rendez-vous là : le trafic est dense (pour être une piste) et les campings pleins. Nous trouvons une place en bord de rivière.

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Alors, en vrais trappeurs, nous dégustons de la viande séchée de cerf. Nous restons là trois jours sans avoir vraiment grand chose à raconter. Le temps est windy et l’atmosphère se refroidit nous poussant à allumer le chauffage la nuit. Nous ne faisons pas les balades prévues. Nous restons à l’abri dans notre coquille, dévorant nos bouquins, pendant que les garçons construisent des ponts en bois dans la rivière (Herta n’est pas loin : tanananananan ….).

Sur les recommandations des locaux, nous faisons une halte au Turquoise Lake, un beau lac à 3000 m d’altitude entouré de montagnes enneigées.

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Rock and Roll aux Rocky Mountain

Le parc des Rocky Mountain, à consonance montagne, est une forte attente pour Nicolas. Il ne sera pas déçu ! On y entre par la partie ouest.

Une première balade et voilà que nous y faisons une rencontre pour le moins surprenante. Je marche devant avec Estéban qui papote et qui papote, lorsque Nicolas me dit : « surtout, ne bouges pas ! Vous avez un moose à moins de 4 mètres sur la droite ». Le moose, c’est un orignal. Je pivote légèrement non sans avoir cherché ma droite de ma gauche ;-) et je le vois. Un mâle au regard plutôt mauvais, qui est en train de se demander si nous représentons un danger, s’il faut charger. Il veut traverser notre sentier pour se rendre de l’autre côté. Groupés comme des sardines, nous avançons pour nous mettre à l’abri et pouvoir les photographier lui et sa femelle.

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Ils sont impressionnants, perchés sur leurs grandes gigues. Leurs museaux proéminents ne me disent rien qui vaille. On en connaît qui ont eu le nez cassé pour moins que ça, n’est-ce pas Alain ? Estéban et Titouan, pour une fois, ne la ramènent pas. Silence. Motus et Bouche cousue.

Un peu plus loin, nous en croiserons un autre et encore un peu plus loin, nous verrons un elk bien bodybuildé lui aussi, le tout vraiment très près à chaque fois...

Au camping, ce sont encore plusieurs « femmes elks », comme dit Estéban, qui viennent nous rendre visite.

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Les jours suivants seront aussi un festival animalier: plusieurs elks,

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mooses,

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marmottes,

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chiens de prairie

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et une chouette avec ses petits (enfin, un hibou, dixit le Jeune Maître Biologiste ;-).

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Ils vivent leurs vies à quelques mètres de nous, nous laissant les observer et les photographier à notre guise. C’est la panacée. Nous sommes aux anges.

Côté Est du parc, nous faisons chaque jour nos trois-quatre heures de belles randos jusqu’à plusieurs lacs d’altitudes.

Cub Lake,

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Le temps est souvent à l’orage sur les coups de midi, comme à Emerald Lake.

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et Mills Lake.

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Dans ce dernier, pendant que nous lézardons au soleil, Estéban ne trouve rien de mieux à faire que de tomber dans le lac, gelé bien sûr, sinon c’est pas drôle !

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Il redescendra les deux heures de marche, sous l’orage, trempé jusqu’à la taille, ses chaussures faisant flop flop à chaque pas. Qui a dit que c’était facile de voyager avec ses enfants ??????

Au camping, nous faisons la connaissance de Pierre, Michelle et leur fille Cassandre. Des « cousins », des québécois en vadrouille aussi sur les routes. Nous passons de bonnes soirées ensemble au coin du feu à se raconter nos vies et à écouter le « rire » des coyotes qui hurlent au loin.

Nous sommes restés une semaine dans ce parc magnifique. Il nous a moins dépaysé que d’autres parcs aux USA car ses paysages ont un petit air pyrénéen.

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Mais il est incomparable pour ce qui est d’observer les animaux. Nous avons vraiment aimé cette proximité avec eux.

La veille de quitter le Colorado, nous entendons de nouveau des grignotages dans Caracol. Nicolas, en homme qui veut sauver sa tribu du redoutable envahisseur, se lève et chasse la bête. Mesdames et Messieurs, je n’ai qu’un regret : ne pas avoir eu le courage de prendre l’appareil photo en pleine nuit pour vous faire partager ce moment et mon fou rire. Nicolas est ingénieux, je le savais, mais à ce point ?!? Dépourvu de tapette à souris, c’est à coup de pièges mettant en scène un morceau de pomme sur des allumettes et en équilibre une casserole, qu’il pense attraper la bête. Vous pensez bien que ces renouvellements d’expériences restent les uns et les autres infructueux. Il pousse même le challenge jusqu’à dormir à 3 heures du mat dans le couloir, la casserole accrochée par une cordelette qu’il pense pouvoir tirer au moment opportun.

C’est donc à cinq que nous repartons des Rocky Mountain et que nous quittons le Colorado.

Je ne ferai pas plus durer le suspens : tapettes achetées, nous ne coincerons notre habitante qu’à la troisième tentative, à coup de beurre de cacahouètes (le fromage suisse (enfin, si on peut appeler cela du fromage) et la pomme ne l’intéressant pas). Et oui, c’est une souris américaine ! Chez nous, les souris se capturent au fromage. Aux Etats Unis, c’est au beurre de cacahouètes. Chacun ses goûts et son type de souris ... Bref, voilà une bonne chose de faite. Nous pouvons continuer notre parcours vers le nord, vers le Wyoming et le Montana.

Et Pendant ce temps là, du côté des enfants...

CinéCaracol

Le tout en images avec le CinéCaracol.

Et un petit supplément en off également ...

C'est Nicolas qui s'occupe de réaliser les CinéCaracol de manière générale. Vous comprendrez bien que je ne suis pas d'accord quand les vidéos mettent à mal mon image ... Smile

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi.

 

Le trajet

 

googlemapsExemple

Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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