Slot, hot and … shot !

Du 3 au 20 mai 2012

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Ces derniers quinze jours passés dans l’Utah auront été Slot, hot … and shot ! Slot parce que nous sommes passés par d’étroits passages, Hot parce qu’il a fait vraiment chaud et Shot, parce que des coups de révolver ont été tirés ! Pour connaître en détails nos aventures, nous vous invitons à lire la suite de cet article.

 

Nous passons encore quelques jours dans le sud de l’Utah, cet Etat où les grandes surfaces et les centres commerciaux n’existent pas, que la surconsommation américaine ne semble pas avoir encore pénétré, où les terres sont encore sauvages, immenses, arides, où l’herbe n’a pas la même couleur verte qu’ailleurs … vous l’aurez compris, un Etat dans lequel l’équipage caracolesque se sent dans son élément.

Aire de jeux

La région d’Escalante mérite qu’on s’y attarde encore un peu parce qu’elle offre des divertissements qui sortent des sentiers battus et puis, il y a quelques slot canyons à faire dans le coin, ces canyons tellement étroits qu’il est parfois difficile de passer sans rentrer ventre et fesses (!) et sans escalader ou sans traverser en opposition (le dos sur un paroi, les pieds sur une autre). C’est ludique, nos garnements sont de bonne composition pour ce genre de chose, alors … c’est parti mon ... !

Nous montons crescendo en difficultés mais nous ne le savons pas encore.

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Le Zebra Canyon, tout d’abord.

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1 heure et demie de marche d’approche et une entrée pas tellement évidente à trouver … mais que c’est rigolo quand on y est ! Estéban trouve facilement la technique.

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Son petit gabarit qui quelques fois le dessert (notamment en rando), ici, est à son avantage pour contourner les méandres, escalader les parois, ou s’enrouler autour des rochers.

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Nous trouvons un bivouac tip top à Devils Garden pour les deux soirs à venir. Les formations rocheuses bicolores de cet endroit sont surprenantes et photogéniques au lever et coucher du soleil.

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Nous nous enfonçons confiants encore un peu plus sur la piste Hole-in-the-rock Road. C’était une erreur. La tôle ondulée est cassante, les croisements de pont pas évidents et notre porte à faux nous apparaît un peu trop grand sur la partie qui nous mène aux deux slots canyons suivants. Plus d’une fois, nous sommes à 2 cm de toucher le tout nouveau tuyau de vidange des eaux. Mais disons que nous arrivons à bon port à la vitesse caracolesque (bonne moyenne de 10 km/h), épuisés et un peu nerveux en envisageant le retour.

Nous ne savons presque rien des deux slots canyons que nous nous apprêtons à faire, sinon qu’ils sont « extremely narrow » et qu’il y a de « twisted passages ».

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Le Peek-a-boo Slot canyon nous plait tellement que les garçons ne veulent pas en sortir : passages extrêmement serrés, nécessité de mettre les mains souvent, d’escalader les murs … bref, de quoi bien amuser la galerie. Vaut mieux ne rien avoir dans les poches tellement c’est étroit (ou ne pas avoir bu trop de bières l’année précédente si vous voyez ce que je veux dire ?).

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Le Spooky canyon, lui, nous oblige à marcher en crabe.

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Ce n’est qu’un mince goulet entre deux hautes parois rocheuses. Par endroit, le chausse pied nous est presque nécessaire à Nicolas et à moi !

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Notre petite souriceau, j’ai nommé Estéban, lui, se faufile partout et son petit rat de frère est loin devant nous.

 

Grignote … grignotera pas !

Ces explorations étriquées terminées, nous continuons sur la route 12, qui est une splendeur.

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Ca claque ! comme dirait le Caribou ;-).

Elle nous mène à Capitol Reef NP. Comment décrire Capitol Reef ? Avec trois couleurs : rouge – vert – bleu.

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Les parois rouges de Capitol Reef semblent avoir été peintes à la spatule et taillées à la serpe. Le parc englobe une barrière rocheuse, la Waterpocket Fold, aux strates extrêmement colorées, née d’un plissement de terrain il y a 65 millions d’années.

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Nous arpentons les sentiers qui nous baladent à travers les dômes, les falaises et les gorges de ce parc.

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Puis quand la chaleur est trop forte, nous nous ressourçons au frais de la Fruta Vallée, sorte d’Oasis où se trouve notre camping. Les mule deer qui nous rendent visite chaque soir et matin ne s’y trompent pas non plus.

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C’est ici, dans le camping de Capitol Reef, qu’un matin, Nico (parce que je dois bien avouer que je ne sors de ma suite parentale que lorsque le café est servi) ouvre le tiroir central pour attraper le petit dèj et … c’est la cata : on a grignoté nos bagels !!! Le sachet plastique qui les enveloppait est mangé et deux pains sont attaqués dont un très sérieusement, répandant des miettes partout.

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Nous sommes interloqués. Une petite souris se serait aventurée dans Caracol et aurait grimpé les parois du tiroir central ? Faut qu’elle soit forte en varappe cette coquine ! Si on a une souris dans le camping-car, c’est la mouise ! Il lui est facile de nicher dans les endroits inaccessibles, de grignoter les fils électriques. Malgré les tentatives de Nico pour appâter la bête (avec un bagel intact et identique à l’objet du délit) et me rassurer en entreposant deux soirs de suite le tiroir en hauteur, nous ne la coincerons pas. Depuis ce matin déconcertant, aucun autre bagel ou petit pain n’a été grignoté … Le mystère reste entier.

Aidez-nous à résoudre ce problème :

1-    Nico s’est levé dans la nuit pour grignoter (il raffole de ces bagels) et me fais croire que ce n’est pas lui

2-    Les vibrations de la piste d’hier ont fait se désagréger le bagel

3-    Alvin le chipmuk (écureuil) affamé est monté à bord et est reparti dare dare en constatant dans quelle famille il avait atterri.

Du fromage et des champignons

Sur la route, nous nous arrêtons dans une ferme qui fabrique du fromage. C’est émouvant pour moi de revenir à la ferme. J’y retrouve tout : l’ambiance, les odeurs, la bonhommie du fermier … et les saveurs des produits ! Quel Régal ! Nous repartons avec salades, fromages frais et affinés et du pain (du vrai pain au levain et pas du pain de mie : « du pain carré » comme dit Estéban).

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Un peu plus loin, nous nous arrêtons à Goblin Valley SP, une étonnante forêt de champignons rocheux aux formes étranges tels des petits personnages d’heroïc fantaisy.

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Nous, les grands, nous nous régalons de faire croire à nos garçons qu’ils vont s’animer à la nuit tombée ;-). Mais nous rigolons moins lorsqu’il faut se lever pour rassurer dans la nuit nos chères têtes blondes apeurées.

Le lendemain, quand on leur parle d’aller de nouveau dans un slot canyon, comme par hasard, l’école ne dure pas et tout le monde est motivé.

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Le Little Wild Horse Slot Canyon est encore différent des autres canyons que nous avons fait.

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Celui-ci est beaucoup plus long, moins étroit mais tout aussi sympathique.

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La Mecque du VTT

Nous finissons d’arriver à Moab sous une chaleur de plomb. La ville grouille. Nous ne sommes plus habitués à tant d’agitation. Moab est la Mecque du VTT. Titouan attend ce moment depuis plus d’un an et demi. Son père lui a promis de faire avec lui une des rando les plus mythiques du coin : The Whole Enchilada. Et pour le coup, nous lui achetons un nouveau vélo : ça a du bon de mettre un peu plus de motivation à l’école, hein ? Son ancien vélo, une fois retapé par l’atelier, sera donné à un gamin défavorisé.

Je les laisse raconter leur sortie (ce que je peux vous dire c’est qu’ils sont revenus cuits et que le plus petit n’était pas le plus fatigué ;-) :

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« Les pistes de VTT autour de Moab foisonnent. Il y a même un des trails les plus fameux au monde : le slickrock trail, mais nous l’écartons au profit d’une longue descente recommandée par les locaux. Il s’agît d’une descente de 1500 m de dénivelé positif sur 21 miles. Le départ se fait par un single speed dans des alpages. Nous sommes à 3000 m. Titouan commence à prendre la mesure de son VTT, mais les réflexes revenant vite, il se met à sauter sur tout ce qui dépasse. Au bout de 3 gamelles, il se calme, mais le repos est de courte durée car nous empruntons une portion roulante avec de grosses bosses où ses cours de BMX ressortent naturellement. Nous enchainons par un parcours au bord du vide sur des sandrocks, très ludique. La dernière portion, la Porcupine Rim alterne les singles techniques et cassants avec des franchissements agrémentés d’une jolie vue sur la Colorado River. La fatigue se fait sentir et le rythme décroit. Il fait 35°C et il est presque 14H00 quand nous arrivons à Caracol, que Nad a judicieusement garé à l’arrivée du trail. Nous sommes sur les rotules mais contents de cette belle sortie, la première du genre pour notre monstre à 2 roues, et certainement pas la dernière ! »

Moab est à la confluence de deux grands parcs nationaux : Canyonlands et Arches. C’est le second que nous explorons en premier, chanceux que nous sommes d’avoir pu dégoter LA dernière place du camping.

Arches National Park, comme son nom l’indique, compte à son actif de 200 arches naturelles créées par l’érosion. Le parc en lui même ne nous impressionne pas et il y a foule. Bus de français sur bus de français. Nous fuyons. Nous faisons de jolies courtes balades pour aller voir ses prouesses de l’érosion, la plus spectaculaire étant Landscape Arch : 90 mètres de longueur et 30 mètres de haut.

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En revanche, le parc abrite le symbole de l’Utah : la Délicate Arch, qu’il faut se gagner par une belle grimpette. Nous y allons au coucher du soleil.

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Et ce moment-là, par contre, lui restera un des plus beaux souvenirs du voyage.

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De nouveau sur Moab pour régler l’intendance (courses, connexion Wifi, laundry …), nous squattons pour la nuit une petite placette que nous avions dégotée quelques jours plus tôt et que nous pensions à l’abri (il est interdit de dormir hors camping dans Moab et les campings sont hors de prix, alors forcément, on truande !).

Que nenni. A 23 heures, trois coups brefs mais … sonores, gyrophares allumés, le shérif tape à la porte de notre carrosse. Nico ouvre en caleçon : « Hello officer, what can I do for you tonight ? ». Ca, c’est pour la blague puisque, nous ne la menons pas large : nous devons dégager. Pas d’amadouement possible avec comme prétexte nos deux enfants qui dorment. Nous ne sommes pas en Amérique Latine ! The law is the law. Bon, ben, puisque vous l’dites ! Nous migrons donc quelques miles à la sortie de la ville en direction de Canyonlands, notre destination du lendemain (sur un parking où il était interdit de dormir mais chuttttt !).

Saturation ?

Canyonlands nous offre dans sa partie nord de belles vues sur la Colorado River et la Green River.

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Mais ce sont les points de vue du Dead Horse Point State Park qui nous éblouissent le plus. Au coucher du soleil, c’est tout simplement grandiose.

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La Green River est bien verte.

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Nous abordons la partie sud de Canyonlands sans grande motivation. Le parc est certainement beau mais les paysages ne nous semblent pas si surprenants qu’ailleurs : les roches sont toujours aussi rouge, le ciel toujours aussi bleu ; et l’ambiance est bêtement tendue entre nos deux monstres pour une histoire de possession de LEGOS (« Moi, je veux l’hélice de l’hélicoptère et Titouan ne veut pas me la prêter ! » - « Non, c’est à moi et patati et patata … », vous connaissez la chanson ?).

La balade au milieu des camps d’indiens et de cowboys a, au moins, le mérite de mettre tout le monde d’accord chez nos garnements et de susciter leur intérêt.

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La Mesa Arch est photogénique.

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Comme le rocher de Newspaper Rocks, une paroi rocheuse portant de nombreux pétroglyphes indiens.

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Commençons-nous à nous lasser de ces grands parcs désertiques ? Ce qui est sûr, c’est qu’il tarde à Nicolas de voir du vert, des lacs, des rivières et des glaciers. Allez, c’est pour bientôt.

La dernière séance

Notre destination suivante a tout d’un décor de western : la Valley of the Gods.

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Des pitons rocheux aux formes spectaculaires, un bivouac seul au monde avec un panorama à couper le souffle. Puisque tout est réuni, ce soir, après le spectaculaire coucher de soleil, c’est La Dernière Séance ! Nous regardons tous les quatre El Dorado avec John Wayne. J’ai du mal à finir mon repas : tous les coups sont permis et à table, les colts tirent dans tous les sens. Je peine à rétablir l’ordre, leur père n’étant pas le dernier. Et il me faut sortir ma colère telle Ma Dalton pour parvenir à ce que Caracol ne ressemble pas à un panier percé ;-).

Le lendemain, c’est l’énorme déception. Monument Valley. On attendait cela avec impatience et on a été naïf de croire que les « trois mesas » archi-connues seraient préservées du tourisme de masse et de la « pompe à fric ». Sur le site du belvédère : un hôtel de luxe, un restaurant aux prix inabordables et … un mini centre d’information qui ne détient aucune info d’ailleurs. Les Navajo qui détiennent le parc, ici comme à Antelope Canyon, font du tourisme et le font mal. Les bus déposent leurs 50 passagers qui montent à la queue leu-leu dans des voiturettes « explorer » le site. Nous ne retrouvons pas ici la nature telle qu’elle est si bien conservée ailleurs aux USA. Cerise sur le gâteau : le camping sur lequel il est normalement possible de passer la nuit et de profiter d’une vue exceptionnelle au lever et coucher du soleil, est fermé. Nicolas veut s’en aller sur le champ. J’insiste pour tout de même prendre une photo. La voilà.

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Nous repartons dans notre « 5 étoiles » à nous dans la Valley of the Gods.

 

La vie à bord :

Peut-être parce que c’est la fin du voyage, peut-être aussi parce que vivre à quatre dans si peu d’espace relève d’un apprentissage (et que nous l’avons enfin acquis), nous nous sentons réellement bien aux Etats-Unis. C’est vraiment pour nous une révélation. Ces si grands espaces sont appropriés au mode de vie en camping-car et nous nous régalons.

Caracol nous donne toujours autant de satisfaction et suscite régulièrement la curiosité auprès des Américains ou des français que l’on rencontre en balade. Nous reluquons, parfois envieux, l’espace intérieur des camping-cars américains. Nous avons eu l’occasion de visiter les bus aménagés : c’est hors norme, comme tout ici !

Depuis que nous sommes dans les parcs américains, nous marchons tous les jours et vous l’aurez compris, nous sommes fiers de nos garçons qui grimpent comme des flèches et ce malgré les hautes exigences de leur père : des petites balades aux grandes randonnées à fort dénivelé, il ne nous laisse aucun répit. Peut-être nous entraine-t-il à notre insu pour un marathon dans les Pyrénées ? Ceci dit, notre courbe de croissance à tous les deux est toujours positive (et on n’a pas grandi, si vous voyez ce que je veux dire ? ;-). Les wafles, bagels et muffins ont su convoiter nos estomacs gourmands.

Nos garçons continuent d’adapter leurs jeux au contexte du voyage : fini les Incas contre les Conquistadores ; c’est le temps des cowboys contre les indiens. Daltons, shérifs, arcs et flèches, Colt et Winchester, ils ont adopté le champ lexical du moment !

Quand à l’école … elle est bientôt finie, youpi  ! Plus que deux semaines et je laisse les armes à la maîtresse de l’école. Ouff ! Nous sommes fiers, Titouan et moi, d’y être arrivés. Pourtant, ce ne sera pas sans y avoir laissé quelques plumes. Nous avons enfin compris l’un et l’autre que le plus important n’était pas dans nos rôles d’instit et d’élève mais dans notre relation de mère et fils. On pourra dire qu’il nous en aura fallu du temps, que l’école aura été, pour moi, la chose la plus difficile du voyage, celle qui m’aura procurée le plus de souffrance car elle compliquait ma relation avec lui.

Enfin, nous sommes dans la dernière ligne droite de ce grand voyage et vous êtes nombreux à nous rappeler que nous rentrons bientôt, à compter les jours qui nous séparent de notre retour prévu fin juillet mais, pour l’heure, même si nous sommes aussi ravis de rentrer, nous occultons ce fait, trop heureux qu’il nous reste encore deux mois de découvertes !

CinéCaracol

Le tout en images avec le CinéCaracol.

et en bonus, pour les passionnés de vélon, la version animée de The Whole Enchilada :

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi.

 

Le trajet

 

googlemapsExemple

Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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