Nord Pérou : plages et civilisations

Du 4 au 16 octobre 2011

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Notre coquille réparée, c’est sous la grisaille puis sous la chaleur que nous découvrons les plages et les civilisations du nord du Pérou. Mais commençons par le début.

 

Nous avons rendez-vous chez IVECO à Lima le 5 octobre. Ils ont commandé la prise de diagnostique pour notre véhicule. Elle était coincée en douane jusque-là.

Alors, pour nous occuper, la veille, nous repartons à l’assaut de Lima. La place des Armes,

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la place San Martin.

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On va même jusqu’à visiter le Monastère San Francisco et ses célèbres catacombes.

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Un peu plus de morbide ne nous effraie plus. A l’Hit Chhikers, notre hôtel, nous voyons arriver puis repartir nos potes voyageurs : Clara et Joquin.

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Mais aussi Hugo et Adriana (il est français, elle est colombienne et sont descendus jusqu’en Argentine en Renault Clio) et Sara et Steve (ils sont allemands et voyagent comme nous de l’Argentine au Canada en van Toyota).

Une réparation surprenante

C’est donc tout plein d’espoir, les doigts croisés, que nous rappliquons chez IVECO le lendemain. Ce sont des grilles qui nous accueillent. Faut montrer patte blanche chez IVECO. Après inspection de la bête, le gardien nous laisse entrer dans l’enceinte. Mais, nous demande à moi et aux enfants d’attendre gentiment dans une salle. Nous ne pouvons pas entrer. Les règles de sécurité, blablabla blablabla. Ca c’était sans savoir à qui ils avaient affaire. Cela fait 10 jours qu’on poirote. Notre colère est proportionnelle à notre attente. Nicolas sort les dents. Et une heure et trois négociations avec trois salariés différents plus tard, sous garantie que nous ne sortirons sous aucun prétexte du camping-car, ils nous autorisent à rester dedans. Ils cachent quoi dans ce garage ? Des camions en or, ou quoi ? Le gars qui s’occupe de nous arrive avec sa panoplie : casque de chantier, gants et lunettes chaussées sur ses lunettes de vue-triple-foyers. Ils nous ont affecté Woody Allen ! C’est gag, ou quoi ? Elle est où la caméra ? Ils ne nous autorisent pas à rentrer Caracol dans les ateliers, Woody doit  travailler dehors. Avec le contrejour du coup, Felize, c’est son prénom, plisse les yeux pour lire le verdict affiché sur la machine à diagnostic. On n’est pas rendu, c’est moi qui vous le dis ! Apparemment, et ça c’est une bonne nouvelle, le gars qui a passé la commande ne s’est pas planté de chiffre, ni de marque, c’est la bonne prise. Ouf. Après avoir annulé les codes erreurs qui s’affichaient depuis Cusco, il entame la longue procédure d’identification du problème. Nicolas est autorisé à les regarder. Mais il faut qu’il mette les gants, le casque et les lunettes. Soit. Les règles de sécurité, ce sont les règles de sécurité. Sont pas un peu chiliens, ces péruviens ? (Disculpé Félix ;-). Les garçons et moi, on « légote », on fait école, on cuisine. Woody, quant à lui, démonte, remonte, teste, re-teste. Le préfiltre à gasoil a une prise d’air et un niveau de gasoil trop bas. Il démonte la pompe. Il nettoie la pompe, les capteurs. Rien de très flagrant. Il est 17h. Le moteur démonté, il ne nous est pas possible de partir et vous vous en doutez, impossible de dormir dans le lieu. Du coup, le prédisposé à l’inventaire doit en faire un, pour éviter le vol ou les accusations de vol contre IVECO (on n’a pas compris). On rigole dans notre barbe. Va s’amuser, le gars. Il arrive avec une feuille et des colonnes. Tu vas pouvoir aller en chercher d’autres, va ! Y’a notre vie à l’intérieur. Tu veux compter toutes mes culottes ? Finalement, au bout de 15 minutes, la main engourdie, il prendra des photos de tous nos placards et de tout l’intérieur. C’est moins long.

Pour rentrer à l’hôtel, situé à 30 km de là, les taxis n’étant pas disponibles, on nous propose de repartir avec le bus des employés qui les dépose en ville. Les 180 employés sont fouillés au corps en sortant du garage. La confiance règne.

Nous rentrons donc à l’hôtel avec le bus des ouvriers. On se sent un peu « décalés », mais plein d’espoir. Et puis, Marlène et Julien, nous attendent à notre hôtel qui vu le nombre de nuit qu’on y a passé (avec ou sans Caracol) est un peu comme notre « chez nous ». Ils terminent leur voyage de noce au Pérou et rentrent dans leur Gers natal.

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Nous passons une bonne soirée et nous en profitons pour leur remettre le gain du jeu-concours pour les gagnants Frec et Sophie (la sœur de Julien) : vous suivez ? Enfin, c’est compliqué tout ça.

Le lendemain, nous trépignons dans l’attente du coup de fil tant attendu de Woody. Il tombera vers 17h : listo ! Caracol est réparé. Et alors, cette panne ? Ben, une panne à la con : une histoire de tuyau mal raccordé à la pompe qui faisait prise d'air et un encrassement du circuit, qui ont été annulés par le démontage-nettoyage-remontage de notre ami Woody (et bien sûr par la restauration des injecteurs effectuée précédemment). Faut croire qu’il n’est pas si bigleux que ça.

On en est presque sonné. On se dit qu’ils doivent faire erreur. Mais non, au banc de test, Caracol se porte comme un nouveau-né et à l’essai, en descente, en montée, à 2500 TM comme à 1000 TM, il est au mieux de sa forme. ENFIN. Et en plus, la note n’est pas trop salée. Chouette.

Un dernier repas-apéro avec Eliane et Jean-Michel face à l’océan dans Barranco (y’en a marre de la cour de l’hôtel HitChhickers) et nous quittons tout joyeux Lima, la musique et le turbo à fond.

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Vamos à la playa

Direction Huanchaco à 600km de là. Le paysage n’est pas folichon : du sable souvent sale et des élevages de poulets. Le gallinacé pas le flic ; quoiqu’il y en ait beaucoup sur la panaméricaine. La journée est longue mais notre Caracol qui a retrouvé sa 4ème patte, avale les kilomètres sans broncher. Nous y retrouvons Clara et Joaquin, Hugo et Adriana et Sara et Steve. De quoi bien fêter la réparation de Caracol. Pisco, rhum et cerveza coulent à flot…

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Huanchaco est connu pour ses embarcations en roseau : los caballitos de totora.

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Les pêcheurs du village s’en servent encore, malgré leur faible durée de vie (il faut les changer tous les 6 mois). Nous passons là trois jours à faire des châteaux de sable, du cerf-volant, à manger du poisson frais et du ceviche, à écouter le bruit des vagues et savourer notre nouvelle sérénité. Caracol, les roues posées sur la plage face à l’océan. Malheureusement, le temps est gris. Le même brouillard côtier que sur Lima, appelé le Garua. Et l’eau froide. Le courant de Humbolt sévit encore dans ces coins-là.

A une poignée de kilomètres de là, nous allons visiter le beau Huaca de la Luna (temple de la lune) construit par les Moche, une autre civilisation pré-incas. Plusieurs peuples ont vécu dans le nord du Pérou avant les incas : les Chimu, les Moches (on prononce le « es » à la fin, sinon, ça fait pas terrible) et les Sican.

Les Moches du Huaca de la luna ont construit ce temple en adobe (terre) durant six siècles (du 1er au 6ème siècle après JC) en l’agrandissant et le recouvrant d’une couche successive à chaque changement de chef. Les frises et bas relief, ainsi préservés, représentent le dieu de la montagne qu’ils vénéraient, ou d’autres motifs stylisés.

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El Niño, le phénomène climatique, se chargea malheureusement de détériorer à chaque passage, les belles pyramides du temple.

Les Chimu (850-1450 après JC) ont construit l’immense cité de Chan Chan, plus vaste cité en adobe de la planète.

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Egalement dévastée par les inondations d’El Niño et les pluies torrentielles, les impressionnants murs de la cité ont été érodés. Restaurées, les frises d’abobe donne une idée de la beauté de la cité à l’époque.

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Malheureusement les toits de tôle apposés au-dessus des murs pour les protéger amoindrissent son charme.

Nous visitons enfin le centre de Trujillo et sa belle place des Armes dont les maisons coloniales colorées lui donnent un petit air mexicain.

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Trois heures de route plus tard, nous voici encore plus au nord, dans la région de Chiclayo. Sur la route, nous longeons des champs de canne à sucre, des rizières, de grosses coopératives de moulins : le Pérou est un gros producteur de riz. Mais aussi la misère. Les gens vivent ici dans des huttes en cannes tressées.

Sur la route aussi, Nico pousse de gros cris. Cela mérite donc un petit aparté, que je vous explique. Selon lui, les péruviens sont les pires conducteurs qu’il ait rencontrés depuis le début de ce voyage. Il est vrai qu’envahies de collectivos irrespectueux (petits bus collectifs), de mototaxi kamikazes (mobylette chaussée d’une carriole pour transporter des passagers), de bus, camions (et j’en passe), les routes sont dangereuses et l’œil de l’automobiliste doit être toujours en alerte. Celui de mon Nico est plutôt noir en leur encontre. Faut dire que nos freins sont moins réactifs que ceux du mototaxi.

A Lambayeque, nous visitons le magnifique Museo Tumbas Reales de Sipan (musée des tombes royales de Sipan).

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Ce musée est l’un des plus beau (si ce n’est pas le plus beau) que nous ayons vu depuis le début du voyage. Merveilleusement bien mis en scène, il retrace l’excavation des tombes des Moches de Sipan et présente les fabuleux trésors d’orfèvrerie retrouvés dans les tombes. Nous n’avons malheureusement pas été autorisé à prendre des photos.

Non loin de là, le site de Tucumé, construit par les Sican (750-1350 après JC) par contre, nous décevra. Il ne reste rien de cette cité.

Soleil et cétacé

Nous filons plus au nord encore, sur la côte toujours, laissant les montagnes et la Cordillère blanche. Nous avons la flemme de remonter en altitude et pas le temps de faire les deux (papi Guy et Stéphanie, la sœur de Nicolas nous attendent à Guayaquil le 21 octobre). Direction donc les plages ensoleillées et l’eau chaude de Los Organos.

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Les Etoiles, suivies des Manohé, nous ont montré la voie : « A Los Organos, y’a un le meilleur restaurant de toute l’Amérique Latine ! ». Alors, allons-y voir de quoi il retourne. Nous prévoyons d’y passer un jour ou deux. Nous y resterons finalement quatre jours. Les plages du Nord Pérou sont réputées auprès des péruviens pour leur spot de surf, leurs eaux chaudes, le sable fin …

Deux heures après être arrivés, nous toquons à la porte du fameux resto Aka Pes. Sebastien, un franco-péruvien de 26 ans nous accueille. Il a monté ce resto voilà deux ans. Amis voyageurs, effectivement, nous vous le recommandons chaudement. A base de poissons péchés du jour, sa cuisine péruvienne enchante nos papilles. Du pur délice. Humm, Humm seront les seules onomatopées échangées par nous quatre au début du repas.

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Du coup, ce sera un peu notre cantine. Nous y reviendrons plusieurs fois, poussant le vice jusqu’à lui demander si on peut emporter les plats dans notre roulotte pour se faire un soir un bon repas en amoureux.

Rien à dire, y’a rien de mieux que la mer pour se sentir vraiment en vacances : le soleil, les enfants qui s’amusent tous seuls sur la plage, un bon bouquin, des vagues pour amuser la famille, la construction de forts de pirates et de pyramides incas plus gros les uns que les autres et l’essai du surf d’Hugo … tout cela sous un soleil radieux. Les pélicans et les frégates envahissent les bateaux revenant de la pêche et le reste du temps virevoltent sous nos yeux.

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Et puis, au fil d’une conversation avec Sébastien, il nous apprend de quoi faire de beaux rêves toute la nuit : LES BALEINES PASSENT AU LARGE !!!!!!

Quoi ??? Alors que beaucoup de nos potes voyageurs sont en ce moment même sur la péninsule de Valdès et voient passer les baleines sous leurs nez à 20 mètres, nous aurions la possibilité, nous aussi de les apercevoir ? Nous sommes surpris. Notre rendez-vous avec les baleines n’était prévu dans notre tête qu’en février/mars l’année prochaine au Mexique. Et bien, apparemment, les baleines de l’Antartique remontent jusque dans les eaux plus chaudes du Pérou et de l’Equateur pour mettre au monde leurs petits. Branlebas de combats ! Nous sautons sur l’occasion. Aussitôt dit, nous réservons nos places sur une excursion en bateau organisée par une toute petite compagnie de scientifiques du coin.

Réveil à 6H30 (aïe !) pour profiter d’une mer calme (oui, enfin, quand vous verrez le CinéCaracol, je vous conseille de prendre de la Coculine ou mieux, de la Nautamine, pour éviter le mal de mer …). Le temps est malheureusement gris, alors qu’hier Nicolas était écrevisse de coups de soleil. Dommage. Notre petite embarcation nous amène au large. A 500 mètres des côtes, nous apercevons tout d’abord un banc de dauphins qui joue avec notre bateau.

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« Regarde maman, me dit Titouan, ils nous accompagnent ! ». Ils nous suivront un bon moment passant d’un côté, de l’autre. C’est magique.

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Puis, notre capitaine nous amène proche d’une plateforme pétrolière, où se reposent des lions de mer, des fous à pattes bleues (oiseau des Galapagos), des frégates.

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Enfin, à coups de talkie-walkie avec les pêcheurs du coin, il nous trouve le coin où les baleines nagent. Titouan et moi sommes cramponnés à l’avant du bateau, les yeux écarquillés pour ne pas en louper une miette. Estéban et Nicolas à l’arrière : Estéban arrimé à une barre pour ne pas tomber, Nico à son appareil photo.

On entend d’abord le « psschtt » de l’air qu’elles rejettent, puis une bosse, deux. Et ainsi pendant plus de deux heures, nous suivrons deux couples de maman-bébé, faisant parfois quelques mètres pour les retrouver, mais la plupart du temps le bateau à l’arrêt (enfin, moteur allumé pour que la baleine nous entende et ne nous percute pas). La baleine accompagne son baleineau, nage au même rythme que lui, doucement, tendrement.

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C’était beau de douceur et de tendresse. Seule la mer était déchainée. Nous avons pu apercevoir deux trois fois la queue de la mère, la tête du baleineau.

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Mais l’heure n’était pas au saut. Seulement à l’apprentissage de la glisse dans les eaux de surface. Les garçons sont un peu déçus de ne pas voir leurs corps entiers. Il est difficile pour eux de se rendre compte de la grosseur de la bête. Moi, c’est la douceur qui ressort de la complicité entre la mère et son petit qui me touche. Les deux dorsales collées, remontant à la surface en même temps, au même rythme, doucement, calmement. Nous les approchons à quelques mètres, passant elles aussi d’un côté de l’autre de notre bateau sans nous toucher.

C’est sur cette dernière belle image que nous quittons le Pérou après 7 semaines. Le Machu Picchu et les cités incas, les baleines, ce pays nous aura laissé de très beaux souvenirs dans la tête. Avec la panne de Caracol et les longs jours passés dans les garages nous avons du faire preuve de patience. Le contact avec les péruviens fut également un peu décevant, moins naturel que dans les pays que nous avons traversés précédemment. Nico a souffert de l’impression d’être pris pour une vache à lait, sentiment culminant dans la région de Cusco devant le racket officialisé pour se rendre au Machu Picchu ou visiter les sites de la région. C’est certainement le prix à payer dans un pays touché par un tel tourisme de masse. Enfin, l’insécurité affichée (mais pas ressentie) nous a permis de faire peu de bivouacs natures comme nous les aimons. Dommage. C’est donc avec un sentiment contrasté que nous quittons le Pérou. Equateur nous voilà ! Nous avons hâte de découvrir ce petit pays, d’autant plus que nous le ferons en famille.

CinéCaracol

Le tout en images avec le CinéCaracol.

 

Le trajet

 

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Voyage terminé,

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Les pas du Consul

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RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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