A la conquête des cités d'or !

Du 28 août au 20 septembre 2011

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C’est en longeant le lac Titicaca que nous abordons la frontière péruvienne. Le dépaysement n’est pas frappant : les mêmes paysages, les mêmes habits traditionnels, le même habitat caractérise cette région de chaque côté de la frontière. Nous sommes impatients de connaître ce pays pour lequel nous avons quelques a priori mitigés : de belles citées incas mais une pression touristique importante. C’est pourtant en commençant par de bons moments que nous faisons la connaissance du Pérou.

Après un bref arrêt nocturne non des moins concluants à Puno, nous avons rendez-vous avec une nouvelle famille française : Les Binet (Laetitia, Greg et leurs enfants Tristan-9ans et Noah-7ans) qui nous attendent aux Chullpas de Sillustani. Le site présente de nombreuses tombes pré-colombiennes et il est parfait pour un bivouac nature.

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Nous ne nous connaissons pas physiquement ; cependant cela fait un bon bout de temps qu’on les suit sur leur site. Ils viennent des USA et font le voyage à contre courant du notre. Le courant passe dessuite entre petits et grands. Les discussions tournent autour du voyage … et de l’école (Laetitia, comme moi, a vécu une année difficile !). Nous avons le frigo rempli de fromage. Ce soir, c’est tartiflette ! La soirée se termine tard dans la bonne ambiance si bien que le lendemain, alors que nous devions nous quitter (eux, allant vers le Sud, nous, vers le Nord), nous restons là à papoter encore et encore. Les enfants s’occupent tous seuls. Le paradis !

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Avec Laetitia, on essaie de décoller nos fesses de nos sièges mais on a tellement de choses à se dire et on est tellement sur la même longueur d’ondes, que la journée passe et nous ne nous en apercevons pas. Du coup, on remet le couvert et c’est reparti pour un tour. Le lendemain, aux moments des adieux, nous avons un seul regret : nous n’allons pas dans le même sens !

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Après leur départ, nous visitons le lieu.

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Les tombes, cylindriques, contenaient les dépouilles de familles entières, avec leurs biens et suffisamment de nourriture pour leur voyage vers l'autre monde.

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Le site est entouré d'une belle lagune.

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Sur la route qui nous mène à Cusco, les paysages de l’altiplano sont beaux.

Nous nous arrêtons au temple de Viracocha, à Raqchi. Notre apprivoisement avec les sites incas commence.

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Nous retrouvons la puna, cette steppe des hauts plateaux et les cultures en terrasses propres au Pérou. Pourtant, c’est le voyant des injecteurs qui s’allume qui retient notre attention (Aië !). Nous arrivons tant bien que mal au camping sur les hauteurs de Cusco, repère de voyageurs. Un bon terrain d’herbe, des poules, des lamas, des douches chaudes … bref, de quoi nous requinquer. Nous y faisons la connaissance de Joaquin et Clara, deux argentins en vadrouille de Ushuaïa en Alaska et de Brigitte et Franz, deux suisses allemands qui descendent vers le sud.

Nous passons notre journée suivante au garage. Le diéséliste nettoie le réservoir, le circuit et change le filtre, qui coule comme le marc de café. Dans le réservoir, il trouve plein de saleté mais aussi de la limaille de fer et du plastique ! C’est pour dire. Ahh le diesel bolivien … En tous cas, le nettoyage n’a pas solutionné le problème. Le voyant continue de s’allumer à 2500 tours/min dans les descentes et il est impossible d’accélérer dans ces cas-là.

Nous décidons de le prendre cool. Un bon apéro sympa avec nos voisins de camping nous fait oublier tous ces soucis. Joaquin s’étonne du jeu de nos garçons : courir après les poules. « Quoi, on ne fait pas cela en Argentine ? » - « Non, ça les stresse ». Pour sûr, elles ne vont pas se relaxer avec nos garnements, qui leur courent après avec l’arc et les flèches…

Nous visitons Cusco le lendemain.

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La ville est magnifique, chargée d’histoire. C’était jadis la cité la plus importante de l’empire inca. Il fait bon déambuler dans ses ruelles aux murs incas, dont les énormes pierres s’assemblent au millimètre près.

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La fameuse pierre à je ne me souviens plus combien d'angles ...

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Un peu de culture. Nous nous rendons au musée Inka avec ses belles poteries, que vous ne verrez pas car on n'a pas le droit de prendre de photos.

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Au soir, surprise, arrivent au camping nos copains les Corses rencontrés à San José de Chiquitos : Jef, Estelle, Jérémy (14ans) et Hugo (6ans). Ils reviennent de la jungle amazonienne. Leur 4x4 présente des signes de faiblesse : plus de chauffage, problème de batterie. Bref, on se remonte le moral entre nous. Les garçons sont enchantés de jouer avec Hugo et Jérémy. Leurs jeux favoris ? Courir après les poules, pardi !, tirer à l’arc et dévaler les pentes en trottinette.

Le lendemain, nous partons tous ensemble au magnifique marché de Pisac.

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Nous y faisons des emplettes d’artisanat et le plein de vivres. Ce soir c’est asado avec Clara et Joaquin. On profite d’avoir un argentin avec nous !

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Lundi 5 septembre : c’est la rentrée pour Titouan et moi. On a décidé de faire comme les copains. Nous reprenons le chemin des maths et du français, emplis de bonnes résolutions tant du côté de la maîtresse que de l’élève.

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Les conditions idéales ne sont pourtant pas bien réunies, puisque c’est aussi le jour de reprise de l’activité péruvienne : on file au garage ! Le spécialiste BOSH n’a pas la prise européenne de diagnostic qui nous permettrait de passer les injecteurs au scanner. Elle devrait arriver de Lima. Deux petits tours au garage plus tard, nous prenons notre mal en patience. Nous allons de nouveau visiter la ville et son quartier touristique mais superbe : le quartier San Blas.

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Puis, le lendemain, le site de Saqsaywaman et ses impressionnants murs en zig zag.

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Par hasard, on y rencontre Oriane et Karim, en vacances au Pérou. Notre accent du sud-ouest les interpelle. On découvre qu’ils habitent en Ariège … et il s’avère qu’Oriane travaille avec mon cousin et ma cousine !! Le monde est petit. Sur le site, nous découvrons des toboggans naturels.

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Les petits incas, y ont-ils usés leurs tuniques ? En tous cas, nos monstres, oui !

On passera les journées de vendredi et samedi à l’atelier mécanique. La prise est arrivée mais ce n’est pas la bonne. Grrrr ! Alors, Iban, notre prédisposé, nous enlève les quatre injecteurs pour les nettoyer et les restaurer.

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C’est notre première nuit dans un garage. Alors, pour se remonter le moral, on cuisine : tarte aux pommes, frites, steak ; bref, la grande artillerie. Les garçons, eux sont contents. Nous sommes entourés de pelles mécaniques, tractopelles et aplatisseurs CATERPILLAR.

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Nous, nous ne sommes pas rassurés. Va-t-on repartir demain ? Le nettoyage des injecteurs n’est pas chose aisée et est plutôt risquée. Nous croisons les doigts. Iban revient du laboratoire diesel avec le verdict : 2 injecteurs tournaient à 10% de leurs capacités. Il se démène pour nous remettre tout ça. Cependant, au tour de clé suivant, le problème ne semble pas totalement résolu, bien que nettement amélioré. Il nous faut cette foutue prise !

Nous repartons penauds. Allez, on ne se laisse pas abattre. Le problème ne nous empêche pas de rouler (le moteur ne coupe pas ; il demande juste à Nicolas de rétrograder quand le voyant s’allume) donc direction la vallée sacrée des incas et ses magnifiques sites qui se succèdent : le grand rocher calcaire de Quenqo,

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la forteresse de Puca Pucara

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et Tambomachay et son bain cérémonial en pierre.

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En fin de journée, le vent se lève, c’est parfait pour s’amuser au jeu préféré des enfants péruviens : le cerf volant. Estéban et Titouan découvrent l’objet, son maniement et hop, les voilà accros.

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Le temps se gâte et c’est sous la pluie que nous quittons Cusco le mardi 13 septembre. Nous y aurons passé 12 jours. Dans notre malheur, nous aurions pu tomber pire. La ville est magnifique, les environs également. Nous avons eu le temps d’en profiter.

Nous continuons notre lente progression dans la vallée sacrée par l’immense citadelle de Pisac.

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Nous parcourons le lieu quatre heures durant, le long du sentier étroit parfois escarpé et à pic, empruntant même un tunnel creusé dans la roche. La zone militaire avec ses habitations à deux niveaux,

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les sépultures,

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l’Intihuatan (centre cérémonial avec le temple du soleil, circulaire, le temple de la lune et l’observatoire solaire et astronomique),

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le village ancien.

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Pisac est aussi connu pour ses terrasses qui forment de grandes courbes gracieuses dans la montagne.

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Nous partons de ce lieu magique en fin d’après-midi pour continuer notre route vers Moray et ses magnifiques terrasses, étagées en un profond amphithéâtre.

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Les incas les auraient utilisées comme laboratoire afin de tester les conditions optimales (altitude et exposition) pour chaque culture (pommes de terre, quinoa …). C’est notre INRA à nous, quoi ! Il est hallucinant de se dire qu’au 14ème siècle, les incas faisaient de la recherche agronome.

Moray est située sur un haut plateau aux couleurs magnifiques. Nous sommes sous le charme. Un arc en ciel apparaît.

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Nous revisitons les terrasses le lendemain matin sous d’autres lumières, d’autres couleurs, mais avec plus de monde aussi !

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Du coup, on fait connaissance avec Maël et Aïnara, qui nous demandent si on peut les transporter un peu plus loin. Pas de problème. Ils montent dans notre bicoque et hop !

Nous nous dirigeons vers les Salinas de Maras à une poignée de kilomètres de là.

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Elles sont encore en activité. Les bassins sont alimentés par un mince filet d’eau chargé en sel. L’endroit est également joli. Ce sont les différentes concentrations en sel qui donnent cette palette de nuances de couleurs allant du blanc pur au marron en passant par l’ocre.

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Puis l’évaporation joue son rôle. Le sel est récolté à la main. Nous en ramenons ½ kg. Seul point noir de la visite : nous ne sommes pas seuls ! Des dizaines de minibus chargés de touristes se sont donnés rendez-vous sur le lieu … On fuit.

Direction Ollantaytambo, autre site inca où l’affluence est encore de mise. Ils nous suivent tous, ou quoi ? Ollantaytambo, c’est d’abord un beau village ; le seul à avoir gardé le plan originel inca. Et aussi, une belle cité.

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Notre 1ère visite du site se fait donc avec la foule. Heureusement, libres que nous sommes, nous reviendrons demain au petit matin. En attendant, une belle soirée nous attend en compagnie de Clara et Joaquin. Nous nous sommes retrouvés par hasard dans le village. Alors, pour fêter cela, c’est poulet au citron !

Le lendemain, après la visite du site que Nico effectuera seul au monde (comme quoi, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas), les garçons sont excités. Pourquoi ?

Nous prenons le train pour nous rendre à Aguas Calientes, le village situé au pied du Machu Picchu.

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Motorisés que nous sommes, nous aurions pu aller un peu plus loin avec notre roulotte, jusqu’à Santa Thérésa (la route s’arrêtant après, laissant le monopole à deux compagnies de train !). C’était d’ailleurs au programme avant que nos injecteurs nous lâchent et refroidissent notre enthousiasme. Le prix du trajet est exorbitant, cela nous fait enrager, d’autant plus que ces compagnies ne sont pas péruviennes mais anglaises et chiliennes. Durant les 1h30 de trajet, nous sommes ballotés de droite à gauche (apparemment, le train n’a pas plus d’amortisseurs que nous avons d’injecteurs). Le wagon est panoramique pour les étrangers, basique pour les péruviens. On s’enfonce dans un paysage luxuriant.

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Les garçons écoutent leur lecteur MP3, lisent TomTom et Nana. Moi, je contemple, en me marrant, un autre spectacle tout aussi saisissant : les Brésiliens qui sont avec nous dans le wagon (c’est-à-dire 80% du wagon) filment sans discontinuer. Ils ne savent pas qu’ils vont vomir en regardant leur film ? Sont bizarres ces Brésiliens, non ?

A Aguas Calientes, il nous faut trouver un hôtel pour la nuit pas trop cher et confortable (non merci aux matelas en paille et aux saumiers défoncés de l’île du Soleil). Nous trouvons rapidement notre bonheur. Du coup, après-midi libre pour tout le monde. Moi, j’ai un carnet de huit tickets d’activités à écouler : l’ascension du Huayna Potosi, ça se paye !!! A côté de notre pension, on propose des massages. Je me laisse tenter, quoique un peu septique sur la qualité de la prestation. Et pourtant, les massages péruviens n’ont rien à envier à notre Calicéo. Côté face, côté pile, exécutés de mains expertes, je ressors du lieu en flottant.

Levés à 6h, nous prenons le bus (obligatoire là aussi pour se rendre sur le site). Après une belle grimpette, il est là, sous nos yeux, encore dissimulé par la brume matinale. Le fameux, le grand, le Machu Picchu.

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Il se découvre peu à peu. Un coup, la citadelle. Un coup, les terrasses qui l’entourent. Le Machu Picchu est prude. Il laisse planer le mystère. Il ne se dévoile pas d’un seul coup.

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Nous, nous sommes là, au bord du vide, la bouche ouverte devant cette merveille du monde.

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Nous l’avons vu des milliers de fois en photo, pourtant la magie opère. Nous nous donnons nos premières impressions : Titouan est surpris par sa taille, qu’il imaginait plus grande.  Nico croie rêver. Estéban cherche Zia et Tao du regard. Quand à moi, la foule me gâche un peu l’instant.

Lisbeth, notre guide passera 3 heures de temps avec nous pour nous expliquer en français tous les mystères qui entourent cette belle cité perdue. Quelle était sa fonction ? Pourquoi a-t-elle été construite en cet endroit ? Combien de temps les incas ont-ils mis de temps pour la bâtir? Quelle explication semble la plus probable sur le fait de son abandon ? Pourquoi Pizarro ne l’a jamais trouvé ?

Nous passons donc la matinée avec Lysbeth à arpenter ses escaliers,

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à contempler le fabuleux travail de maçonnerie des incas (trapézoïdal pour résister aux tremblements de terre),

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à comprendre la hiérarchie sociale à l’intérieur de la cité, à observer le soleil et la lune à travers leurs miroirs en pierre …

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Mais pour nous, la plus belle vue sera de là-haut, des terrasses agricoles.

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Nous y restons toute l’après-midi à le contempler, assis dans l’herbe ; les lumières changeantes du soleil lui donnant à chaque fois des teintes différentes.

La fin d’après-midi, quand les touristes désertent le site, que les oiseaux piaillent à nouveau et que les viscachas (lapins sauvages) sortent de leurs cachettes, sera pour nous, le meilleur moment de la journée.

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Mes trois hommes partent, par un chemin abrupt, à l’assaut du pont levis, qui s’avèrera décevant car il est différent de celui qu’empruntent Zia, Estéban et Tao dans les Citées d’Or. Tandis que moi, je contemple encore et encore la citée, allongée sur une pierre. Un français me demande : « Mais vous allez rester encore longtemps ? ».

En partant (nous sommes restés plus de 8h sur le site), nous nous retournons une dernière fois. Les larmes me viennent aux yeux. Le Machu Picchu est sans nul doute une des merveilles du monde !

Nous réempruntons tous ces transports en commun pour revenir à Ollantaytambo où nous avons laissé notre Caracol qui, dans ces moments-là, nous est plus qu’adoré.

Nous quittons la vallée sacrée par le beau marché dominical de Chinchero. Une belle fin.

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La suite de nos péripéties se passera côté pacifique. D’autres beaux paysages, un autre climat nous attendent … et croisons les doigts, une réparation réussie, aussi !

CinéCaracol

Le tout en images avec le CinéCaracol.

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi depuis la frontière.  

Le trajet

 

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Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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