En Baja, les nageoires commencent à nous pousser

Du 10 au 23 février 2012

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Nous touchons les côtes de Basse-Californie. Cette province du Mexique est le prolongement de la Californie. C’est une langue de terre bordée d’un côté par le Pacifique et par la mer de Cortes d’autre part. Autant dire que pas mal de plages nous attendent. Et cerise sur le gâteau, c’est la saison des baleines ! Alors, en route pour cette nouvelle découverte.

Notre nuit sur le Ferry s’est bien déroulée. Nous avons eu la possibilité de dormir dans le camion et en plus la mer fut calme. Dès l’aube, les enfants sont réveillés et excités d’avoir dormi sur le bateau.

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Le paysage est magnifique et nous sommes suivis par le ferry qu’ont pris Ivan et Fabienne, puisque le notre ne prenait que du fret.

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Nous sommes les seuls passagers « touristes », les autres étant des routiers. Le cuistot a préparé des petits pains sucrés pour le petit déjeuner. Alors que, le regard mal aimable, il me montre ostensiblement la boîte à propina (pourboire) lorsque je lui en demande un, son sourire s’agrandit lorsque passent les garçons et il leur tend à chacun la corbeille. Quel passeport ces gamins !

En débarquant du bateau, nous avons droit à une fouille approfondie du véhicule par l’armée.

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Nous passons notre première journée à découvrir la ville de La Paz et à faire l’intendance habituelle (gaz, courses, eau, internet etc).

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Vers 23H00, nous nous rendons à l’aéroport pour accueillir Stéphanie et Chantal qui viennent nous rendre visite pendant une quinzaine de jours. Je suis diablement impatient, non pas seulement parce que ma grande sœur préférée arrive nous voir, mais aussi parce qu’elle devrait avoir dans ses bagages mes 4 amortisseurs que nous lui avons demandés en urgence 2 jours avant son départ. Passera la douane, passera pas ? Est-ce que le modèle sera le bon ? Après 1H30 de retard, les voilà qui franchissent la porte des arrivées, l’air un peu décalquées. Et ouf, elles sont accompagnées de 4 amortisseurs estampillés Iveco et franchisés par la douane Mexicaine !

Dès le lendemain, nous courons les faire monter, toujours pas sûr pour le modèle. En fin de compte, ce sont bien les mêmes ; ouf ! On se rend en compte en repartant qu’il était temps de les changer ! On retrouve un confort que l’on avait oublié…

Après une courte nuit de repos (Stéph a réservé de France un hôtel donnant sur une boîte de nuit), nous récupérons une des deux voitures de location (Ivan et Fabienne sont toujours là) et partons faire trempette à la playa de Tecolote, non loin de La Paz.

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La plage est superbe, quelques camping-cars américains sont posés de-ci de-là, et la température de la mer est … toute bretonne. Après les Caraïbes, l’adaptation est délicate. Premier feu de camp à 8, après un beau coucher de soleil.

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Le lendemain, la deuxième voiture de location prise (et oui, on est compliqué dans la famille, entre ceux trop chargés, ceux voulant dormir à l’hôtel et ceux voulant camper, il nous faut bien un véhicule par couple), nous prenons la route du nord vers Puerto San Carlos. Ce petit village est un des ports à partir desquels on peut observer les baleines. Nous trouvons un bord de plage où nous garer et passons le reste de l’après-midi.

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Nous passons notre temps à observer les nombreux souffles de baleines au large.

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A chaque apparition, nos cris s’élèvent : une vraie bassecour. Nous restons à guetter jusqu’au coucher du soleil.

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Le lendemain, nous filons vers Puerto Lopez Mateos, qui se trouve au bord d’un chenal assez étroit dans lequel baleines et baleineaux se prélassent.

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Après une petite collation de tacos de crevettes et de poissons, nous partons dans un petit bateau pour observer ces grands mammifères. Nous sommes dans un bateau sponsorisé par une célèbre entreprise pontacquaise (cf : les gilets), il ne peut réien nous arriver ! ;-) Nous avons la barque pour nous tout seuls et les baleines sont toutes proches.

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Et là commence un festival ! Nous observons pas loin de 4 ou 5 baleines différentes avec chacune leur baleineau. Notre pilote est très respectueux des animaux. La mère et le petit nagent toujours en rythme, s’enfonçant tranquillement puis revenant respirer à la surface dans un grand jet d’eau qu’ils recrachent.

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Parfois ils se mettent à jouer, roulant sur le côté, se touchant, sortant la tête hors de l’eau.

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A d’autres moments, ils plongent et se dresse alors la queue.

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La curiosité les amène à se frotter au bateau, au sens littéral du terme, ou encore à passer sous nous et à ressortir de l’autre côté.

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Nous sommes tellement près que le souffle des baleines remontant à la surface nous douche allègrement. Je vous laisse imaginer la sensation quand un monstre de plusieurs tonnes et de 18 mètres de longs passe sous la quille de notre frêle esquif. Les filles hystériques manquent de se jeter à l’eau pour caresser les bêtes !

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Estéban et Nadège y arriveront !

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Un moment magique.

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Estéban se prend de mimétisme et commence à nous imiter la baleine.

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Nous passons la soirée au coin du feu à se remémorer le moment, le tout en dégustant des crevettes cuites au feu de bois et à mastiquer les gros escargots de mer dégottés par Ivan, et à la chair bien résistante ! Bon pour les mâchoires, un peu d’exercice !

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Bon, les baleines, ça c’est fait. Direction maintenant le sud de la Baja où de belles plages nous attendent. Nous arrivons à la nuit tombée à La Ventana, petit village où la population américaine a détrônée la population mexicaine. Après avoir évité un RV park style camping landais au 15 août (sans les pins), nous trouvons un bivouac au bord de l’eau, seuls au monde, pendant que nos co-voyageurs dégottent des cabanas de luxe pas trop loin.

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Nous sommes assez proches pour envisager sereinement le repas du soir !

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Le coin est réputé pour ses plages, ses fonds marins et son vent, aussi les écoles de kytesurf, plongée ou sports d’eaux variés foisonnent. Ivan, Fabienne, Steph et Chantal se font dans la matinée une petite virée en kayak de mer.

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Nous restons avec les enfants à la plage. L’après-midi, un très fort vent du nord se lève, rendant la baignade illusoire. C’est le moment qu’attendaient les kites pour sortir et la baie s’emplit d’une bonne centaine de voiles, croisant dangereusement les véliplanchistes qui déboulent lancés à fond les ballons et ce malgré les voiles tempêtes. Sacré spectacle ! Notre surprise est de taille quand nous observons les kitesurfeurs et les véliplanchistes. Une grande majorité sont américains, il fallait s’en douter, mais surtout approchent voire dépassent allègrement la soixantaine ! Et croyez-moi, sur l’eau ils ne sont pas là pour peler des figues ! Les vestiges de la génération hippie et des surfeurs californiens des années soixante ? Je ne sais pas trop mais en tout cas ils ont de beaux restes !

Le lendemain, Ivan et Steph nous dégottent un petit catamaran.

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Pendant que le reste de la troupe s’amuse en kayak, nous partons tous les 3 (j’entends, la fratrie) faire un tour mais malheureusement le vent n’est pas de la fête, n’arrête pas de tourner et nous avons du mal à rentrer. Nous prenons avec nous tour à tour Estéban et Titouan qui vivent ainsi leur baptême sur ce type d’engin, cela à leur grande fierté !

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Sur les conseils d’un serveur mexicain, nous dégotons une petite plage isolée, au sable blanc, aux eaux turquoises et même avec des palapas (ces parasols fixes en palme).

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Il n’en faut pas plus à Steph et Chantal pour se lancer et planter la tente. Et c’est partit pour leur première nuit en camping sauvage.

Nous quittons ce petit paradis pour le village de Los Barriles, un peu plus au sud. Cependant, arrivés sur place, nous découvrons un village encore plus américanisé, aux hôtels de luxe, aux quads et autres buggies dans les rues et aux prix très inflationnistes. De plus, il souffle un vent à décorner les bœufs (Felix, j’attends la traduction de cette expression). Ni une, ni deux, nous filons encore plus au sud vers le parc national de Cabo Pulmo, situé sur le tropique du Cancer. Après une vingtaine de kilomètres de piste en tôle ondulée, nous arrivons à Cabo Pulmo. Il faut nous rendre à l’évidence, tout le littoral est inaccessible, les bords de routes longés par des barrières de fils barbelés, portant des panneaux d’agence immobilière vendant des lots. On mesure le faible effort que fait le Mexique pour préserver son capital naturel, le sacrifiant sur l’autel du dieu Dollar! C’est d’ailleurs le premier pays que nous traversons où nous voyons les parcs nationaux si mal organisés et protégés. Corruption, quand tu nous tiens. Demandant où nous pouvons bivouaquer, les villageois nous orientent vers une plage à une dizaine de kilomètres plus loin : Los Frailes.

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A notre arrivée, nous découvrons un bon nombre de camping-cars, de caravanes (US, c’est à dire de 20 mètres de long), de tortues (pick-up avec cellule), mais le tout est assez espacé et tout à fait supportable. Il y a même un puits avec de l’eau douce. Le bivouac est en fait le lit d’une rivière. Nous cherchons à nous rapprocher de la mer et trouvons une place entre quatre buissons et trois cailloux qui me semble sympathique. Je lance Caracol et … me tanque en beauté, jusqu’à poser le châssis sur le sable. Oui, je sais Gladys et Martin, je dois me méfier du lit des rivières … j’ai déjà donné ! On a beau sortir les plaques et creuser, rien à faire !

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Au bout d’un moment, un américain prenant pitié (non sans s’être d’abord bien marré ;-)), va nous chercher son truck, comprenez un vieux pick-up ford 4x4 de 350 chevaux, aux roues bien dégonflées. On attèle Caracol, le 4x4 accélère et paf, mon câble de traction pète ! Bon, c’est pas grave, le gars nous sort une belle chaîne bien solide et recommence. L’arrière de notre camping-car sort de sa gangue de sable, mais comme il nous tire de biais à cause du terrain, c’est la roue avant gauche qui s’enfonce en beauté jusqu’à l’amortisseur. Deux autres américains viennent s’en mêler et rapidement m’évincent des manœuvres, l’un arrivant avec une deuxième chaine, l’autre prenant le volant de Caracol. Bon, apparemment ils maîtrisent mieux que moi. Oui, je sais, c’est la honte ! Ils arrivent tant bien que mal à nous sortir de là, nous remettent sur le chemin d’accès à la mer avec consigne de ne pas bouger de là. Pas de soucis. On trouve même la place de sortir la table, les chaises et de planter la tente des filles.

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Comme Murphy ne sévit jamais qu’une fois, le pare-brise qui a tenu avec une petite fissure depuis l’Argentine, s’est vêtu d’une seconde longue fissure suite à la tôle ondulée ; et comme ça ne suffit pas, nous nous rendons compte que nous venons de perdre la partie de la calendre qui protège le radiateur sur cette piste (Steph et Chantal ont beau repartir la chercher, elles ne la retrouveront pas). Enfin, notre appareil photo réflex ne fonctionne plus.

Ceci dit, nous ne nous laissons pas abattre : les bières au frais nous aident à garder le moral. La baie est idyllique, les eaux limpides, les montagnes au fond sont belles, ornées de cactus. Nous voyons tout à coup une baleine et son bébé s’agiter dans la baie.

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Nous partons faire une grande balade sur le sable, cherchant à suivre les baleines, ce qui est bien sûr peine perdue.

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Par contre, nous observons fugitivement quelques dauphins, des raies Mobula sauter au large et même une tortue de mer. Bon ben c’est décidé, nous restons là avec Steph et Chantal ; Ivan et Fabienne préférant continuer pour passer quelques jour dans la ville de San José del Cabo.

De notre côté, nous alternons plage, détente, observation des baleines et snorkeling. Des rochers bordent la plage et offrent refuge à une multitude de poissons. Un vrai aquarium. L’eau reste fraîche et même si les enfants n’arrivent pas à rester longtemps dans l’eau, les adultes s’en donnent à cœur joie… (Nous ne remercierons jamais assez Sylvain, le collègue de Stef, pour le prêt de son petit appareil numérique aquatique qui nous permettra de parfaire le CinéCaracol).

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Une fois sur le sable, toute la journée, nous serons interrompus dans nos activités par les souffles des baleines au large, les sauts des raies, la nage d’un lion de mer. Pas mal comme source de perturbation, quand même. Les enfants de leur côté s’amusent sur les rochers ou sur leur vélo.

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Le soir, nous faisons notre petit feu et les garçons se font une soirée Marshmallows grillés.

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Nous apprenons la présence derrière une des pointes bordant la plage d’une colonie de lions de mer, accessible que par la mer. Steph et Chantal partent en éclaireur, avec masques, tubas et palmes. Elles reviennent transies et fatiguées, mais ravies d’avoir pu nager avec ces animaux très joueurs. Je pars à mon tour rendre visite à ces charmantes bêtes.

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Il faut pas loin de 45 minutes de nage pour y arriver. Mais la « route » est belle car les fonds y sont remplis de poissons de toutes sortes. Je nage et joue avec les lions de mer pendant une demi-heure mais décide de rentrer car je n’ai qu’un lycra et un tee-shirt sur le dos et l’eau est bien fraîche. Au retour, j’aperçois une raie passer sur ma gauche, instant fugace où j’observe le mouvement tout en grâce et en beauté de la raie agitant ses « ailes ». Topissime !

Le lendemain nous réserve encore une belle surprise. Le lever de soleil est sublime.

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Alors que nous finissons notre petit déjeuner, une baleine et son petit s’avance dans la baie et passent au ras de la côte. Nous les observons émus évoluer doucement dans leur « piscine ». Après un aller/retour, ils repartent au large.

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C’est alors qu’un lion de mer passe langoureusement devant nous.

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Juste après, c’est un banc de dauphins qui viennent déjeuner.

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Ils restent une bonne heure et à la vue des bons qu’ils font et de l’agitation qui s’en suit dans l’eau, il ne fait pas bon être un poisson dans ce coin ! Enfin, les raies jouent à faire des sauts hors de l’eau un peu plus loin. Topissime ! Ah oui, je l’ai déjà dit !

Plus tard, les filles nous gardent les monstres et nous en profitons pour aller plonger en amoureux. Nad est définitivement conquise. Les poissons sont abondants et ne semble pas effrayés de nous voir. Merci pour ce bon moment à deux !

Nous repartons vers Tecolote car Ivan doit nous y rejoindre. Nous avons beau rechercher la calendre de Caracol sur le bord de la route, nous ne la voyons pas.

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Nous arrivons à Tecolote à la tombée de la nuit, mais suffisamment tôt pour trouver une emplacement sur un sol dur où bivouaquer (vous voyez, j’apprends), au bord de la mer, et où les filles peuvent planter la tente tranquillement.

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Le lendemain, Ivan, Fabienne, Steph et Chantal partent avec un guide faire le tour de l’île Espiritu Santo. Nous restons de notre côté sur la plage, non pas que la balade ne nous tente pas, mais d’une part elle vaut un peu trop cher pour notre budget et d’autre part, nous avons besoin de souffler un peu et de nous retrouver. Sur un voyage au long court comme le nôtre, nous nous sommes découverts moins « consommateurs d’activités » et apprécions tout autant de nous poser à un endroit pour profiter du lieu lui-même plutôt que de ses activités.

Nous passons donc la journée à disfruter, à faire des châteaux de sable, à regarder les enfants partir à l’aventure autour du campement sur leur vélo. Le paysage autour de la plage est superbe !

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La troupe revient le soir totalement béate et enjouée par leur sortie.

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S’en suit un dernier feu de camp puisque nous retournons sur La Paz le lendemain afin de préparer le départ de tout ce petit monde.

C’est donc après cinq semaines avec nous pour Ivan et Fabienne et deux pour Steph et Chantal que nous nous retrouvons entre nous. Durant tout ce temps, Caracol fut la base arrière de toute la petite troupe, servant tour à tour de cuisine, de stockage divers et varié, de salle à manger quand il faisait trop froid, bref de point central de notre équipée etc. Autant vous dire que cela a un peu chamboulé notre petite vie et notre rythme habituel ! Bienheureusement, les belles plages de Baja vont nous permettre de nous reposer un peu. Merci encore d’être venus et bon retour en France, vous tous, et nous espérons que vous repartez avec des souvenirs plein les yeux et plein la tête !

Et pendant ce temps là du côté des enfants ...

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