Chiapas, Oaxaca, Taxco : des jupes indiennes aux froufrous de Marylin

Du 14 au 28 janvier 2012

DSC_0615

Après presque un mois passé dans le Yucatan, il nous tarde de partir à la découverte d’un Mexique plus authentique. D’autant que le programme est alléchant pour les jours à venir avec sites mayas célèbres, petit tour dans la partie indienne du Mexique, le Chiapas et découverte de la région de Oaxaca qu’on nous a maintes fois vantée. Et puis mon frère et sa compagne nous rejoignent à Oaxaca dans une quinzaine de jours. Alors, roule, Caracol !

Une longue journée de route pour Palenque nous attend mais notre fidèle destrier l’avale sans broncher tout content de se dégourdir les pistons ! Quant à l’équipage, nous sommes désormais rodés à ce type d’étape et tout le monde s’affère tranquillement dans le camion : le chauffeur conduit, le copilote copile ou vide la réserve de snickers en se cachant des enfants pour ne pas avoir à la partager (devinez qui est qui ?) et les enfants jouent, tantôt tranquillement aux legos, tantôt à des parties endiablées de « pirate attaque ! », de bataille ou lisent tranquillement dans leurs bannettes. Les enfants dans ces cas-là sont adorables et nous mesurons la chance d’avoir deux loulous désormais totalement adaptables aux conditions du voyage. 

Alors que nous dormons à deux pas du site, une bonne pluie tropicale s’abat sur nous, comme nous n’en avions pas eu depuis le Panama, arrosant notre monture copieusement ! Heureusement, à l’intérieur, tout est sec et calme. A notre habitude, nous partons tôt pour visiter le site de Palenque. Ainsi, nous évitons généralement les hordes en bus touristiques et profitons d’un site pour nous seuls ou presque. Le ciel est toujours couvert mais la chaleur est là. Confiants, nous partons légers, vêtus de nos seuls tee-shirts et appareils photos. Grave erreur. Mais n’anticipons pas.

Le site de Palenque est construit au cœur de la forêt tropicale.

DSC_0175

Certains bâtiments surgissent littéralement de la jungle. Il y règne une atmosphère lourde et nous transpirons rapidement. Ici, il n’y a pas de pyramide exceptionnelle comme à Chichen Itza, ou de bâtiment sortant réellement du lot. Par contre, l’ensemble est harmonieux, bien réparti et offre en ensemble architectural équilibré et émouvant.

P1150079

Le palais est très étendu, offrant une belle vue sur le site. Il surprend avec sa tour-clocher.

DSC_0152

Les enfants nous échappent, jouent à cache-cache ou aux aventuriers, explorent les tunnels avec de grands cris.

DSC_0212

Contrairement à d’autres sites vus précédemment, il est encore permis de grimper sur la majeure partie des ruines. Il convient de faire attention aux escaliers plus ou moins restaurés, souvent glissants, mais offrant l’accès à un point de vue toujours fabuleux. L’esprit, vagabondant, imagine alors ce que fut cette ville 1500 ans avant.

DSC_0194

Alors que nous descendons d’une des pyramides, les nuages se rappellent à nous en nous déversant sur les épaules une belle averse tropicale. Nous cherchons refuge sous un arbre en attendant que cela passe. Malheureusement, il faut bien se rendre à l’évidence, cela ne passe pas et le feuillage de l’arbre sous lequel nous battons du pied commence à devenir poreux. Bien sur, nous n’avons pas nos goretex. Je ne trouve au fond du sac qu’une couverture de survie. Qu’à cela ne tienne, nous la déchirons en deux et protégeons les enfants. Puis nous décidons de retourner nous abriter au camping-car. Nous y arriverons trempés de la tête aux pieds !

DSC_0216

Une fois changés et réchauffés par un bon chocolat chaud, nous visitons le musée, présentant de magnifiques sculptures.

P1150086

L’après-midi, le soleil revient. Nous en profitons pour retourner visiter le site, par un autre chemin offrant une jolie petite randonnée, le long d’une rivière et d’une cascade.

P1150099

Cette fois-ci le soleil est de notre côté, non mais !

P1150120

Nous continuons notre route et entrons dans le Chiapas. Cette région à forte population indienne fut aussi un des bastions du mouvement zapatiste. Il semble actuellement en perte de vitesse. Nous arrivons à Aguas Azul, un site connu pour ses cascades au bleu limpide. Après la pluie de la veille et celle de la nuit, l’eau n’est pas franchement bleue et le site ne nous enchante pas. Ceci dit la nuit y est calme, alors ...

DSC_0217

Nous reprenons donc la route pour San Cristobal de las Casas. La route est bien pourrie et nous ne comptons plus les topés que nous devons franchir à chaque village, virage ou autre curiosité.

P1150137

Alors que nous arrivons à proximité de San Cristobal, nous croisons Eric et Gaëlle, voyageant à vélo avec leurs deux enfants. 18 mois qu’ils sont partis. Respect ! Nous nous arrêtons quelque temps pour discuter avec eux. Estéban sort ses jouets et joue avec Tiago pendant que Lilou continue sa sieste dans sa carriole. Nous remontons dans Caracol admiratifs et nous mesurons notre confort et la facilité d’un voyage tel que le notre. Chapeau bas et bonne route à vous 4! Charly et Marie, ça vous tente ?

P1150142

San Cristobal est une ville coloniale aux rues étroites. Nous filons au camping du coin histoire de ne pas nous casser la tête à chercher un bivouac dans ces rues. A peine entrés, nous tombons sur un fourgon 4x4 immatriculé dans le 65 ! Punaise, des tarbais ! Et non, il s’agît en fait d’une famille bordelaise partie pour 3 ans : Nelly, Stéphane et Quentin. Bon, Nelly, malgré ce que tu dis, moi je pense que la plaque 65, c’est parce que tu n’assumes pas totalement le coté bordelais. Bref, de fil en aiguille, nous apprenons que Nelly est une amie de la maman d’Emma, une petite qui était avec Estéban chez la nourrice … Qui a dit que le monde était vaste ? Nous sympathisons, le courant passant bien et passons un très bon moment avec eux.

P1150191

Le lendemain, nous partons visiter San Cristobal. La ville nous enchante immédiatement.

DSC_0258

Le climat n’est ni trop chaud, ni trop froid. L’architecture est magnifique.

DSC_0314

Nous croisons de nombreux indiens en habits traditionnels magnifiques.

SanCristobaldelasCasas

SanCristobaldelas Casas2

Touristique juste comme il le faut, il règle une atmosphère particulière que nous confirme un boulanger breton qui a monté sa boulangerie française pas loin du Zocalo. Notre meilleur pain depuis un an ! On se ruine en pains de campagne, pains aux noix, chocolatines et croissants. Mais cela en vaut la peine ! Essayer de vivre un an avec du pain mou sucré presque tous les jours et vous verrez ! La visite du marché est un vrai régal. Nous retrouvons les sensations et l’atmosphère des marchés andins. Ca se bouscule, ça négocie, ça appelle le client ! On adore !

P1150188

Un peu plus loin, au pied d’une des églises de San Cristobal, un marché artisanal nous régale également de ses couleurs. A défaut de faire chauffer la carte bleue, nous nous soulageons de quelques billets ! Bref, nous sommes sous le charme.

DSC_0268

De retour au camping, nous voyons arriver deux autres équipages dans des véhicules français : il ne nous reste qu’à monter un consulat dans le camping ! Nous faisons la connaissance de Hervé et de Christine en voyage avec Luana, leur fille, et des Stan, Arnaud, Séverine, Noé et Tom.

P1150189

Les enfants disparaissent dans la nature, tantôt pour des descentes musclées en vélos, tantôt pour la construction d’une cabane dans les bois derrière le camping, pendant que les parents s’affairent aux diverses occupations inhérentes au voyage : bricolage du coffre de gaz arraché en arrivant au camping pour les Stan, préparation de l’apéro, du feu, du repas etc. Bref, de bons moments. Tout ce petit monde va vers le sud, à l’inverse de nous. Que le vayan bien todos! Steph et Nelly, rendez-vous à Pontacq !

Nous nous sentons bien à San Cristobal et nous nous attardons volontiers, flânant dans les rues, marchandant de l’artisanat, nous régalant de pains français et de petits restos. Nad nous fait quand même un coup de Trafalgar suite à un repas dans le marché. Elle reste toute une journée au lit…

Nous décidons d’aller voir le village San Juan de Chamulas, à quelques kilomètres de San Cristobal. Nous louons pour l’occasion des chevaux. Je prends Estéban entre mes jambes (bonjour le confort sur une selle en bois !) et Nad et Titouan ont leur propre monture.

P1150265

Après 1h30 de montée, nous arrivons dans le village et c’est jour de fête !

P1150221

Les pétards fusent, le marché est passionnant, tous les habitants de la ville et des alentours sont en habits traditionnels (même les policiers arborent un gilet en laine de mouton et portent un grand bâton à l’épaule.) Seul un talkie-walkie à la ceinture ou au col trahit l’époque.

SanJuandeChamula

Sur la place quatre ou cinq toros de fuego s’agitent tandis que hommes encagoulés courent après, les provoquent et les évitent.

P1150236

Tout ce petit monde est admiré par les villageois, certains dans un état éthylique avancé.

Le vrai centre d’intérêt de San Juan réside en son église.

P1150249

D’un aspect extérieur, il s’agît d’une église traditionnelle mexicaine. A l’intérieur, tout change. Il reste quelques icônes catholiques mais on sent que la religion catholique n’a pas pu imposer ses rites. Le sol de l’église est couvert littéralement d’épines de pins. Point de bancs ou de sièges. Des dizaines de bougies alignées sont posées à même le sol, devant lesquelles des gens assis en tailleur psalmodient des paroles obscures pour nous, transcendés. De nombreuses familles attendent qu’un homme, moitié prêtre, moitié sorcier baptise leur bébé. L’encens brûle de partout, rendant l’atmosphère parfois irrespirable. Un ou deux poulets sont sacrifiés à même le sol. Il règne ici une ferveur intense, dense, lourde, totale. Nad en frissonne et essuie une larme, touchée par la ferveur et l’atmosphère particulière du lieu. Malgré tout, nous nous sentons un peu déplacés, voyeurs. Après s’être imprégnés de cette ambiance qu’il ne nous sera certainement pas redonnée de voir ailleurs, nous ressortons sur la place et voyons les gens sortir de l’église tout sourire et poser fièrement avec les bébés baptisés devant les photographes, puis repartir dans la cohue de la fête.

Après une semaine, nous quittons San Cristobal de las Casas, vraiment envoutés par cette ville. Nous prenons la route de Oaxaca. En chemin, alors que nous cherchons un bivouac, nous tombons sur un petit village dans lequel se déroule la fête annuelle. Quelques manèges qui ne passeraient pas le contrôle de sécurité français, des stands de tacos, des sonos hurlantes devant lesquelles des hommes et des femmes en tenues traditionnelles dansent… Encore une bonne surprise !

P1150300

Notre étape suivante est pour Hierve del Agua, un endroit en pleine montagne où se trouvent des piscines naturelles calcaires au bord d’une falaise offrant un magnifique panorama.

P1150336

Depuis San Cristobal, la route qui nous y mène est splendide : montagne et champs d’agave, nécessaire à la fabrication du mesqual. Nous en prenons plein des mirettes.

P1150318

P1150330

La piste est en terre mais a été refaite récemment. Par contre, la montée est en épingle sur des pentes vraiment très raides. Caracol passe haut la main, tout content de tâter de la piste de nouveau. Le site est relativement modeste mais particulièrement photogénique.

P1150388

Les enfants et moi-même nous baignons!

DSC_0355

Nous trouvons à nous garer pour la nuit au dessus de la falaise surplombant les piscines. Faut pas avoir le vertige mais la vue est magnifique !

P1150372

Toujours en nous approchant de Oaxaca, nous faisons un arrêt au petit village de Tule où nous admirons la star du village, un arbre de plus de 40 mètres de haut, de 58 mètres de circonférence, estimé vieux de 2000 ans et considéré comme l’arbre le plus ancien au monde. On reste sans voix.

Pano38-ArbreTule

A Oaxaca, nous trouvons un parking près du Zocalo et du marché, parfaitement situé pour attendre Ivan et Fabienne. Nous découvrons la vieille ville de Oaxaca et allons au Zocalo le dimanche soir. C’est l’effervescence : concerts en plein air, familles grignotant des elotes (épis de mais cuits) ou des friandises au frais, marmots lançant des ballons telles des fusées sur le parvis de l’église. L’atmosphère est joyeuse et familiale, un régal.

P1150438

P1150442

Le lendemain, nous profitons d’un garage Bosch pour faire nettoyer notre capteur de pression qui semble être la cause de l’allumage intempestif de notre voyant d’injection. Le démontage, nettoyage et remontage nous prend une petite heure. Le résultat est positif et nous repartons rassurés sur la forme de Caracol.

Nous continuons également notre visite de Oaxaca. La ville a une très belle architecture coloniale.

P1150491

Elle est également très active sur le plan culturel ce qui nous donne l’occasion de tomber sur des expos diverses et variées.

P1150498

Nous en profitons également pour déambuler dans un marché. On ne peut pas y résister !

P1150471

Ce sera l’occasion de gouter une des spécialités du coin, les chapulines, c’est-à-dire dire des sauterelles grillées et aromatisées de toutes sortes de manières. Bien sûr, nous goutons !

P1150483

Le moment attendu par grands et petits arrive. Ivan et Fabienne sont là. Un an que nous ne les avions pas vu ! Tout le monde est content de se voir et les embrassades vont bon train. Après une soirée passée à déguster le fromage et le saucisson ramenés, nous partons visiter Monte Alban, un site Maya perché en haut d’une colline.

DSC_0503

Malgré sa situation exceptionnelle, le site ne nous enchante pas, sans doute arrivons nous un peu à saturation des sites archéologiques. Nous poursuivons notre balade par un marché couvert sympa ainsi que par la visite du centro cultural Santo Domingo de Oaxaca, installé dans un ancien couvent splendide.

P1150526

Rien que le bâtiment vaut la visite.

P1150545

Les collections du musée sont riches et intéressantes. A la fin, nous sommes lessivés.

P1150550

Alors que nous nous reposons sur la place, un groupe folklorique s’installe, danse pendant 10 minutes, et puis s’en va. C’est aussi ça le Mexique !

Nous reprenons la route en direction de Taxco. Il nous faudra 2 jours de route pour arriver à cette magnifique ville. L’aventure est bien là pour Ivan et Fabienne : entre routes défoncées ou effondrées suite à un tir de mine (qu’il nous faudra contourner par une petite route de montagne) et repas dans des boui-bouis du bord de route à l’hygiène parfois rudimentaire.

P1150595

P1150599

Mais c’est toujours très bon !

P1150601

Arrivés à Taxco, la recherche de l’hôtel avec parking acceptant un camping-car s’avère difficile. Cette ville coloniale est en effet agrippée à flanc de montagne ce qui signifie que nous ne devons absolument pas y entrer avec le camion sous peine de galère absolue !

DSC_0550

Ivan nous dégote un hôtel un peu décrépi mais situé face à la ville et où nous pouvons rester avec le camion. La vue y est splendide tant de jour que de nuit et en plus nous sommes au calme. Parfait.

P1150663

L’hôtel est un ancien hôtel de luxe. Nous découvrons que la chambre où logent Ivan et Fabienne a hébergé également Marylin Monroe ! Les filles ne se sentent plus ! Nadège se fera un plaisir de prendre un bain dans la baignoire de Marilyyyyyyyn ! Il n’y a pas de petit plaisir. Pendant ce temps, les garçons feront trempette dans la piscine, un peu fraiche d’ailleurs : on est à 2500 m et en plein hiver.

P1150654

Nous découvrons Taxco en nous laissant guider par nos pas au gré des ruelles rencontrées. L’homogénéité architecturale et la vue sur les montagnes alentour en font un régal de promenade.

DSC_0577

La ville a bâti sa renommée et sa richesse grâce à des mines d’argent. Elles sont maintenant presque vides mais la ville s’est largement ouverte au tourisme et il y a maintes boutiques vendant des bijoux en argent pour trois fois rien. Les filles se lâchent. C’est également le Paradis des cox’ et je passe mon temps à les reluquer d’un air envieux : un vieux rêve remonte à la surface !

DSC_0601

Nous découvrons le marché communal en pleine rue, couvert par des bâches et des toiles cirées tendues au-dessus des ruelles. Vu la topographie de la ville, le marché est bien évidemment sur un plan vertical et non sur un plan horizontal. Du coin des légumes, il nous faut monter une dizaine de marches pour passer dans la ruelle des bouchers, puis redescendre un peu plus loin pour passer devant les stands de nourriture où nous nous offrons de délicieux tacos en guise de repas.

DSC_0599

Nous sommes heureux d’être dans cette ville, et dans ce pays, pour fêter notre première année de voyage. Et oui, le 28 janvier 2011, nous foulions de nos pieds le tarmac de l’aéroport de Buenos Aires. Que de chemin parcouru depuis. Un zeste de nostalgie mais pour l’occasion, nous ouvrons une bonne bouteille et nous nous offrons un gâteau mexicain afin de souffler les bougies ! Avec Ivan, nous avons choisi le gâteau le plus « normal », c’est à dire un gâteau à simple étage, paraissant comestible pour les français que nous sommes. Les filles auraient préféré un gâteau plein de crème à trois étages. Ca ne va pas la tête ? Et le surplus de poids pour Caracol ?

P1150676

Cette bonne soirée accompagne le basculement dans le dernier tiers du voyage. Mais devant les richesses que nous offre le Mexique et devant celles qui nous attendent aux US, le temps est à l’enthousiasme ! Il nous reste encore tant de choses à voir et tant de lieux magiques où disfruter ? Ah propos, comment on dit « disfruter » en anglais ?

Et pendant ce temps-là, du côté des enfants ...

CinéCaracol

Le tout en images avec le CinéCaracol.

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi depuis le Yucatan.

 

Le trajet

 

googlemapsExemple

Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


Powered by Joomla!. Design by: free joomla theme technology  Valid XHTML and CSS.