Ciao Bella !

Du 1er au 16 juillet 2011

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C’est le dernier article argentin. C’est le vague à l’âme que nous quittons ce beau pays qu’est l’Argentine mais heureusement la route vers la frontière brésilienne nous a réservé de nombreuses surprises et c’est en apothéose que nous lui dirons : « Ciao Bella » !

Après avoir traversé le Paso de Jama, Caracol avale les kilomètres et en deux jours nous sommes à Corrientes, déjà à l’autre bout du pays. Les paysages que nous croisons sont déconcertants après nos trois semaines dans le désert. Ici, il y a des arbres ! Cochons, poules, chèvres broutent le long de la nationale. De grandes estancias cultivent le coton. De grands fours en terre servent à fabriquer le charbon de bois. Mais surtout, nous avons trouvé la réserve de vaches de l’Argentine !  Partout, partout de la vaca.

A Corrientes, nous retrouvons nos réflexes consommateurs en nous rendant dans un mall et nous faisons le plein en prévision de la Bolivie. Le parking du supermarché sera d’ailleurs notre QG pendant les trois jours passés dans la ville. On profite de ce complexe pour nous rendre au cinéma voir Kunfu Panda 2, à la grande joie des enfants qui malgré la langue n’ont eu aucun mal à comprendre. Le dimanche, comme il se doit, nous flânons après une bonne parilla,

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sur la Costanera, bord côtier aménagé du fleuve Parana.

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A l’hôpital, nous faisons soigner la dernière carie d’Estéban et l’abcès de Titouan. Nous avons droit encore une fois, à une démonstration de le gentillesse argentine : un jeune papa nous voyant un peu perdus, nous propose de nous déposer avec sa voiture à l’hôpital pédiatrique situé à quelques kilomètres de là. Et quelques heures plus tard, c’est la jeune dentiste qui a soigné nos enfants qui en les voyant au supermarché, les accoste gaiement pour voir si tout va bien. Pour la peine, Titouan lui saute au cou en lui faisant un gros câlin. Estéban est, comment dire, plus réservé … Je crois qu’il n’aime définitivement pas les dentistes !

Les dents de nos loustics réparées, nous filons droit vers los Esteros del Iberia, une réserve constituée de lacs et estuaires marécageux. Nous ne serons pas déçus !  Après 120 km de ripio, c’est dans un petit paradis préservé que nous arrivons.

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Nous choisissons de le découvrir en lancha (barque à moteur).

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Le lac Iberia est peu profond (3-4 mètres) recouvert d’une épaisse végétation (roseaux, plantes aquatiques …) si bien qu’il abrite une faune d’une richesse impressionnante : 350 espèces d’oiseaux (nous aurons surtout vu des martins-pêcheurs, des hérons, des canards, des cigognes, des kamichi, vautours et colibris), des caïmans noirs (les yacarés),

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des capibaras (le plus gros rongeur du monde),

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des piranhas (qui servent d’alimentation aux crocodiles) et le cerf du Duvaucel

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(que nous avons eu tout le loisir d’observer puisque notre barque est tombée en panne juste devant une famille). Rassurante la panne au milieu de ce beau monde et des crocos, non ?

Au bout de deux heures de navigation, les garçons, blasés, préfèreront jouer aux petites voitures, tandis que nous deux, restons subjugués de voir toute cette vie animale d’aussi près, bercés par le clapotis de l’eau. Ah ! les gosses !!

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La pluie est prévue pour le week-end et on nous recommande vivement de quitter les lieux avant qu’elle ne tombe compte tenu de l’état de la route (devenant vite boueuse et donc impraticable. Il se dit que certains voyageurs y ont presque pété les plombs, n’est ce pas Christian ?).  Alors, nous repartons, un peu à contre cœur.

Notre prochaine destination, les missions jésuites argentines. Le sol rouge de ce secteur donne au vert des prairies et à la végétation une couleur plus vive. Sur la route, nous longeons des champs de thé et de maté (cette boisson que les argentins boivent tout au long de la journée). Nous longeons le Brésil et nous sommes près de la frontière brésilienne.

Arrivés à Posadas, il pleut. Bof ! Et bien, allons voir si sous d’autres contrées le ciel est plus clément. D’autant plus que notre moral est un peu à la nostalgie : Sandrine et Philippe se marient aujourd’hui. Nos copains luchonnais font la fête et toute la journée, nous aurons de grosses pensées pour eux. Les missions jésuites paraguayennes sont paraît-il mieux conservées que les argentines. Et bien, allons voir cela de plus près. Après avoir fait les formalités douanières, nous entrons au Paraguay.

Cliquez ici pour lire la suite du récit au Paraguay.


Nous revoilà en Argentine, sous le ciel chaud et humide de Posadas, où nous ne restons le temps d’une vidange. Nous passons également chez Iveco pour faire vérifier le châssis. RAS. Nous en profitons pour faire changer également le filtre et le pré-filtre à gasoil. Le filtre ne pose aucun problème mais quand vient le tour du pré-filtre, tout l’atelier se couche sous le camion (sa place) pour l’observer. Le filtre en question, d’après le chef d’atelier est trop petit. Ils n’en connaissent que des plus grands. Heureusement, en fouillant dans la réserve, et grâce au numéro de série de la pièce originale, il revient avec un pré-filtre neuf, nous expliquant qu’il est systématiquement livrée avec les camions neufs, mais qu’il ne savait pas à quoi il servait… Nous sommes fiers d’avoir aider les mécanos à approfondir leurs connaissances : qui a dit que Nico n’était pas bricoleur ?

Direction la mission jésuite argentine de Santa Ana, que Nicolas explorera seul le temps de la sieste.  Moins bien conservée que les autres, elle requiert pourtant une ambiance particulière me dira-t-il, due à sa présence au milieu de la selva (forêt). Il en profitera pour visiter le cimetière ( ;-) qui a servi aux villageois jusqu’à une quarantaine d’année de cela.

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C’était en effet la seule terre consacrée du coin. Les tombes reflètent de par le nom qu’elles portent les traces de l’immigration forte et variée qu’a connue l’Argentine en ces temps là.

On est dans le secteur, alors une de plus au compteur, ne nous effraie pas : c’est à la mission San Ignacio Mini que nous comptons nous rendre après cela. Pourtant, nous ne la visiterons pas. Happés par les jeunes enfants guaranis qui font la manche devant son entrée, nous rebroussons chemin, mal à l’aise. De tous les sites touristiques que nous avons visités en Argentine et au Chili, c’est la première fois que ce sentiment nous occupe. Première fois que nous voyons des enfants faire la manche, méchamment poussés par leur mère et sévèrement grondés s’ils ne ramènent rien !

Alors que nous sommes à l’avant du camion en train de nous demander où nous bivouaquerons le soir, une tortue (nom que l’on donne à ces 4x4 surmontés d’une cellule) française passe devant nous avec à son bord Nicole, Alain et Théo (leur petit fils). Nous faisons vite connaissance et décidons de passer la soirée ensemble. Nous les embarquons au Parque Provincial Téyu Cuaré que deux français nous ont recommandés une heure avant. La piste qui nous y mène est, comment dire, scabreuse ? Non seulement elle est en terre et mal pavée, mais en plus la végétation est tellement dense que nous frottons sans arrêt, aussi bien sur les côtés que sur le toit. Nous n’en voyons pas la fin. Il fait nuit. C’est donc impressionnant. Pourtant, impossible de faire demi-tour. Et puis, notre honneur est en jeu. Notre Caracol se doit d’amener à bon port un 4x4 ;-). Entre nous, on se dit que de toutes façons, si on s’enlise, c’est le 4x4 qui nous sortira de là, mais Titouan nous fait remarquer à juste titre que, pour nous sortir de là, faudrait qu’il soit DEVANT nous ! Pas folle la guêpe ! Derrière nous, Alain et Nicole serrent les fesses aussi et se demandent quelle bande de tarés ils viennent de rencontrer, mais cela nous le serons qu’après ...

Au final, le site pour bivouaquer est très agréable : petit carré d’herbe bien taillée au milieu de la jungle et pas un bruit si ce n’est le chant des oiseaux. A l’apéro, Nicole et Alain nous ouvrent gentillement leur unique bouteille de champagne offerte par les anciens propriétaires de leur véhicule. Quel honneur ! Nous mettons en commun nos restes de frigo et mangeons dehors.

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Théo, 15 ans, improvise un foot avec nos enfants. Nicole nous fait beaucoup penser physiquement à toi maman. Que du bonheur, quoi ! Il fait très chaud et humide, jusque tard dans la nuit. Au petit matin, c’est la pluie tropicale qui nous réveille mais ne nous empêche pas de faire une jolie balade, en bottes et cirés, sur les bords du fleuve Parana.

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Nos chemins se séparent pour mieux se retrouver à Iguazu. C’est aussi leur prochaine destination.

A Iguazu, d’autres belles surprises nous attendent. D’une part, au camping, nous tombons sur les Maso (Gladys, Martin, Léane et Junon) qui nous ont attendu, sans qu’on le sache, pour une dernière bonne soirée ensemble, avant leur retour en France. Leur voyage s’achève et une autre aventure les attend  ;-). Les enfants sont enchantés de se retrouver. Même Estéban est heureux de jouer avec Juju, c’est pour dire ;-).

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Nous ne les verrons pas de la soirée, ils joueront cachés dans la forêt du camping jusque tard. Gladys nous gâte pour le repas : tarte aux pommes et rosbif, un régal. Car c’est là, la seconde bonne surprise. Un vrai petit paradis ce camping, équipée d’une cuisine extérieure, loin du vacarme touristique de Puerto Iguazu, il ressemble plus à un petit parc qu’à un camping. Son gérant, Oscar, la soixantaine, les cheveux longs, bohème, qui croit encore à l’Homme et à la Paix, c’est tout dire, est aux petits soins pour nous. Il nous dira, plus tard, que c’était notre destinée de venir ici dans son camping !

Le lendemain, les Maso repartent dans la matinée.

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Pour nous, c’est disfrutage toute la journée, seuls au camping : sieste, lecture sous le quincho, vélo et jeux dans les bois. Nous en profitons également pour terminer l’année scolaire. C’est officiel, Titouan et moi sommes en vacances ! Youpi !!! Il faut bien cela avant d’attaquer les gigantesques chutes d’Iguazu le lendemain. Ce sera notre récompense.

Levés tôt, c’est conquérant que l’on va se les attaquer, ces fameuses chutes, ce graal de l’Argentine (comme dirait Sandrine), qui nous ont fait faire 2000 kilomètres pour les visiter et bien râler Nicolas devant mon insistance pour s’y rendre Laughing. Il fait un temps superbe : beau et chaud.

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Alors, pour la peine, je vais le laisser les décrire : « C’est mouillé ! ». Allons un peu plus de détails, mon chéri : « Comme dirait le capitaine Haddock, toute cette eau, ça donne envie de boire un whisky ». Mais encore ? avec plus de sérieux : « Époustouflant ! Des milliers de litres d’eau qui se ruent dans le vide dans un bruit de tous les diables ! La force de la nature à l’état pur ! Qui plus est, la balade dans la forêt qui entoure les chutes est superbe » !

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Donc pas de regrets, mais au contraire de l’émerveillement. Cette fois-ci, les Luchonnais, la cascade de la vallée du Lys est vraiment supplantée ! Des papillons, des toucans et des coatis (fourmiliers) pullulent de partout au grand bonheur des enfants qui se lancent dans une chasse mémorable.

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Il y a tellement de bruine dans l’air que les arcs-en-ciel poussent sous chaque cascade.

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Lors de la balade, nous faisons la connaissance d’une famille belge exilée en Argentine depuis 11 ans : Gaëtane & Stéphane et leurs enfants : Joyce, Célina, Silouan et Edmond. Stéphane détient une ferme de 4.000 hectares et 800 vaches à Santiago del Estero. Les rencontrer nous a permis de mesurer les difficultés d’intégration dans un pays comme l’Argentine et le courage qu’il fallait pour mener à bien cette aventure. Chapeau bas ! Valérie, François et Julian sont aussi de la rencontre. Voilà 15 mois qu’ils sont partis du Canada pour rejoindre l’Argentine en camping-car.

Nous passons la journée finalement tous ensemble et enchaînons les miradors sur le site, les jambes en compote. Nous y retrouvons Nicole, Alain et Théo. Et comme, le courant passe entre petits et grands, nous invitons tout ce beau monde (nous sommes 8 adultes et 8 enfants), chez nous, au camping pour une parilla. Et Stéphane nous gâte. Il sera désigné, contre son gré, l’asador de la soirée !

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Au menu : foie, boudin, intestin grêle, ris de veau, tapas de asado, vacio. Et puis gâteaux aux pommes, parce c’est aussi l’anniversaire de Théo : faire 15 ans aux chutes d’Iguazu, c’est pas banal ! Les discussions sont animées et vont vite à l’essentiel, à l’intime, trop conscients que nous sommes de la furtivité de ces rencontres entre voyageurs. C’est un grand plaisir de rencontrer tout ce monde que l’on n’aurait certainement pas connu en France mais avec qui, parce que le voyage est notre centre d’intérêt à tous, nous partageons de grands moments et prenons plaisir à parler notre langue. Bref, une bonne soirée bien sympathique qui clôture en apothéose notre séjour en Argentine par un merveilleux asado (barbecue). Il fallait bien ça pour nous rendre notre départ de ce merveilleux pays moins douloureux.

Vous l’aurez compris, c’est le vague à l’âme que nous quittons ce beau pays, après presque 6 mois de vadrouille. Nous nous y sommes toujours sentis biens et accueillis. Nous y avons adoré les paysages qu’ils soient maritimes, du bout du monde, de la cordillère ou tropicaux. Nous avons vraiment apprécié la gentillesse des argentins, toujours prompts à rendre service ou à engager la conversation.

Alors, Ciao Bella !

CinéCaracol

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