La région des lacs : entre chaleur et partage

Créé le mardi 19 avril 2011 21:35
Écrit par Nadège

Du 5 au 14 avril 2011

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C’est toujours en compagnie de nos autostoppeurs préférés (Magalie et Aurélien, alsaciens et en vadrouille en sac à dos dans le sud pour 10 mois) que nous franchissons la frontière pour nous retrouver sous le soleil argentin.

Nous décidons de faire encore ensemble un bout de route. Nous apprécions particulièrement de les avoir avec nous. Présents sans être envahissants, ils nous amènent une parenthèse agréable. Aurélien distrait les enfants de ses talents d’éducateur alors que Magalie, douce et discrète, saura les écouter.

Direction le Parc de Los Alerces. Les alerces, ce sont les mélèzes ou cyprès de Patagonie, l’une des espèces les plus résistantes au monde (certains auraient plus de 4000 ans ; ils ne grandissent que d’environ 1cm tous les 20 ans).

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Quatre grands lacs jalonnent le parc.

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Leurs eaux sont cristallines.

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Au somment des montagnes environnantes, l’automne pointe le bout de son nez, en colorant les arbres d’un rouge flamboyant.

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Notre séjour dans le parc sera facile, des aires de campings gratuites sont proposées un peu partout. Reste plus qu’à aller chercher le bois pour le barbecue, à cueillir des mûres, préparer des crêpes… Trois jours passés à vivre au rythme caracolesque : une balade pour aller admirer une cascade (une belle montée pour une minuscule cascade, entre nous …), admiration des étoiles le soir au coin du feu  et « flânage » au bord de l’eau (les hommes, courageux, se baigneront même dans les eaux à 13°C du lac Rivadavia). Manu, c’est ici, se sentant tellement bien, que nous débouchonnerons un soir ta bouteille d’Armagnac. Un bon moment.

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Sur la piste nous menant plus au nord dans la vallée de Cholila, en bordure du rio Blanco, nous chercherons, la cabane de Butch Cassidy et du Kid, seul vestige de leur aventure sud-américaine.

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Un gaucho nous attend devant la pancarte. Pas très causant, le gars mais il nous dit quand même d’entrer. Bon, allons-y. Du foin est dans la grange, des peaux de veaux sèchent au soleil. La cabane sert encore.

C’est à El Bolson, que nous laisserons Magalie et Aurélien continuer leur route.

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On devait faire quelques heures de route ensemble, finalement ils sont restés 5 jours avec nous, plantant leur tente à proximité de Caracol, partageant nos repas en mettant la main à la patte (ils nous prépareront un délicieux poulet au citron), survivant à la lenteur et aux soubresauts caracolesques. C’est ça la magie du voyage. Des rencontres imprévues, des moments partagés avec de parfaits inconnus quelques heures auparavant, et finalement avec qui nous avons plein de choses à nous raconter… Nous espérons les recroiser sur les routes (ils suivent plus ou moins le même trajet que nous). Pour l’instant, ils ont rendez-vous dans le parc Lago Puelo.

Quant à nous, nous apprenons par mail que deux familles françaises nous attendent à San Carlos de Bariloche : les TROPETO que nous avions rencontré en février à Punta Arenas, et les GOOSSE. La route qui nous amène à Bariloche est magnifique. Les couleurs d’automne colorent les arbres. Les peupliers sont jaune d’or.

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Pressés par le temps et l’envie de retrouver nos potes, nous ne prendrons des photos que depuis la cabine du camion, vitres ouvertes, sans s’arrêter.

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Nous avons rendez-vous au camping Petunia, Bariloche ayant très mauvaise réputation (vols, cambriolages sont ici monnaie courante, apparemment). Sur les rives du Lago Nahuel Huapi, au milieu du parc national du même nom et entourée de sapins, la ville de Bariloche est considérée comme la Suisse de la Patagonie. En effet, c’est une vision d’un paysage de cartes postales dans toutes les directions.

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De gigantesques et magnifiques villas longent le lac (il semble que ce soit le Megève Patagon). Nous ferons une rapide excursion en ville, histoire de refaire le plein de victuailles et de gaz.

Le camping est quasi vide. Nous n’aurons aucun mal à repérer les deux camping-cars français garés face au lac. Sandrine et Manu nous accueillent grand sourire, suivis de Perrine et Thomas (tous les 4 en Argentine/Chili pour 6 mois). Eux, ils sont là depuis une semaine et, de réparations en apéros, ils ont eu la gentillesse de nous proposer de nous attendre quelques jours de plus, histoire de se retrouver. Les garçons font vite connaissance : Corentin & Mathis (8 et 5 ans) accaparent Titouan tandis qu’Estéban s’amuse avec Tristan & Robin (3 ans et 18 mois). Au total, six garçons. Y’a de la testostérone dans l’air …

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Dés notre arrivée, le barbecue est allumé, les cervezas au frais, les vélos enjambés et … c’est la panacée. Les petits disparaissent derrière les fourrés et les grands discutent voyage et plus si affinités  Wink (n’est-ce pas les filles ?).

Nous sommes comme des coqs en pâtes. Les lever et coucher de soleil sur le lac sont magnifiques.

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Au fil des discussions, Sandrine m’enseignera plus de régularité dans la façon de faire l’école à Titouan et jusqu’à aujourd’hui on peut dire que ses conseils sont de bonne augure.

Samedi soir, les enfants couchés, nous décidons de goûter la truite du lac chez Juan, le patron du resto situé en bordure du lac.  Nous passerons une excellente soirée, clôturée par l’arrivée, en fin de service, de l’équipe du resto, nous inondant de questions sur nos voyages respectifs. Un bon moment. Petite anecdote : le cuisto a bossé à Ax-les-Thermes y’a quelques années ! Le monde est tout petit.

Sur leurs conseils nous parcourons la route du Llao Llao, offrant des vues magnifiques sur le lac Nahuel Huapi et se clôturant par une montée en télésiège pour admirer le point de vue panoramique.

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Alors, l’heure est aux séparations ? Et bien non. Les deux familles décident de nous accompagner vers le nord pour faire la très jolie route des sept lacs, route qu’ils ont déjà faite deux fois pour l’une et une fois pour l’autre.

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Une dernière fois, les enfants s’en donnent à cœur joie pour donner quelques tours de roues.

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Nous passerons la soirée au coin du feu, à papoter, rire aux éclats. L’asado est parfait. Nous bivouaquons dans un endroit paradisiaque … et au milieu coule une rivière.

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Thomas est meilleur que moi à la guitare. Perrine n’a pas son pareil pour actionner le feu. Manu débouche le vin chilien comme personne. Et Sandrine nous montera ses talents théâtraux en contant aux enfants une histoire dont ils se souviendront longtemps. Il ne nous manque que les Marshmallows à faire griller.

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Le lendemain, après l’école, l’heure est cette fois aux séparations. Les Goosse, ayant parcourus antérieurement la région, filent rapido au nord. Les Tropeto, cherchant la chaleur, s’aventure vers le parc Copahue-Caviahue.

Nous, nous faisons une halte à la petite ville de San Martin de los Andes, nichée au cœur d’un superbe paysage de montagne au bord du lago Lacar. Encore un lac ? Vous l’aurez compris, cette région est truffée de lacs, tous plus beaux les uns que les autres.

Nous y dénicherons de succulents chocolats. La région est aussi connue pour cela.

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La météo nous annonce de la neige dans deux jours (suivie du beau temps). Tant pis, nous tentons quand même de rejoindre le Chili et ses parcs volcaniques par la petite ville de Villa Pehuenia. Pour cela, du ripio nous attend, mais nous sommes conquérants.

La route est belle. Le ciel malheureusement souvent bouché.

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Nichée au cœur du lago Aluminé et située à seulement 10 km du Chili, Villa Pehuenia est un petit paradis.

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Des petites îles deci delà donnent du relief au lac.

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Les majestueux araucarias, de leurs belles branches jonchées d’épines, sont partout présents.

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Nous patienterons une journée pour en apprécier la juste valeur. La neige et la pluie sont bien là (nous sommes à 1300 mètres d’altitude ; ça se ressent). Mais « vale la pena » comme disent les argentins.

La région est également volcanique. Une balade facile permet d’accéder au volcan de la ville (le Batea Mahuida) et d’avoir un panorama sur les huit volcans qui nous entourent, certains chiliens d’autres argentins. Le temps est au beau. La neige est tombée hier, mais nous tentons d’y accéder, connaissant les prouesses de notre Caracol sur le manteau blanc … Nous demandons aux douaniers si ça passe … « Mas o menos » nous répondent-ils.

La montée se fait facilement. La neige devenant plus qu’abondante sur la route au bout d’un moment, Nicolas décide de rebrousser chemin. Bien sûr, pas d’aire pour faire demi-tour. Arriva ce qui arriva. Nous nous sommes tanqués ! Il sait pourtant qu’il faut rester sur la piste et ne pas s’aventurer sur les bas-côtés …

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C’est toujours dans ces moments-là que l’on s’aperçoit qu’on n’a JAMAIS essayé les chaînes qui se trouvent dans le coffre et qu’on ne sait pas comment les mettre. Dans le froid, nous voilà, lui à essayer de comprendre le mécanisme de ces fameuses chaînes, moi à pelleter le peu de neige que je peux enlever. Pestant contre le pauvre ingénieur qui en a conçu le système de fermeture, grelotant de froid, nous mettrons une bonne heure à nous sortir de là. Trempé jusqu’aux os, Nicolas passera la douane dans une nouvelle tenue. « Plutôt menos que mas », ça passe, messieurs.

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Aux frontières, des deux côtés, argentin et chilien, nous aurons droit à un tour complet du véhicule avec inspection par un chien. Cette fois-ci, nous avions anticipé et consommé l’intégralité de notre frigo (sauf un citron et une tablette de beurre … mais ils étaient bien caché puisque les douaniers ne les ont pas trouvés ;-) !).

Nous revoilà au Chili sous un ciel plus clément que précédemment.

A bientôt pour de nouvelles aventures ! Et pour le CinéCaracol, c'est dessous.

CinéCaracol

Petit changement ce mois-ci : Youtube nous ayant censuré la musique, nous avons mis la vidéo directement en ligne sur le site.

Le temps de chargement sera peut-être un peu moins bon.

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi depuis Futaleufu.