Traversée Patagone

Du 15 au 27 mars 2011

DSC_9538

Après une journée bricolage sans trouver de solution (on a des bavettes mais personne pour nous les poser ; notre affichage batterie moteur reste à 0 mais l’électricien nous dit que tout va bien ; la goupille du marche pied est encore pétée mais Nicolas ne va pas dégoupiller !), nous nous offrons notre premier repas en Amoureux, les enfants endormis dans Caracol, garé devant notre resto. Le lendemain, sur les conseils de plusieurs voyageurs, nous voilà partis à la Punta Ninfas, à quelques kilomètres au sud-est de Puetro Madryn.

 

Quelques kilomètres, voyons, une paille ! 70 km exactement. Vous pensez, depuis votre fauteuil, bien installé dans votre salon, 70 km, en 1 heure grand maximum, c’est plié ! Et bien, que nenni, nous mettrons 3 heures !!! 3 longues heures de « bling bling bling » sur une piste défoncée (pour les novices, bruits que font à l’intérieur de l’habitacle, toutes ces choses que nous pensions ne pas avoir emporté, mais si, elles sont bien là !). C’est dans ces moments-là que Nicolas regrette le 4x4 et que j’essaie désespérément de le convaincre du contraire (« Mais, non, mon chéri, tu vois, y’a quand même plus d’espace dans notre Caracol … » - Ma remarque reste sans réponse, je ne sais pas pourquoi ?!?)

Bref, nous arrivons enfin au bout de cette pointe (la punta, pour les brêles en espagnol comme moi, j’explique …), les enfants affamés (il est 13h30), les parents excédés, Caracol empoussiéré (partout, partout, partout, cette satanée poussière de m….). Dans ces cas-là, « pasta para todo la familla » (j’explique encore : « Panzani pour tout le monde ! » - vous pensez, Panzani, mon c.., mais si si, il nous reste encore quelques provisions françaises dont 2 sachets de Torti).  Et là, RIEN, NADA, pas d’éléphants comme promis !

P1030244

Heureusement, la vue sur l’océan est splendide. Mais, bon, ça nous suffit plus maintenant. C’est qu’on devient exigeant ! Deux Boschs nous sortirons gentillement de là.  « C’est plus bas, me dit le gars, en anglais. Mais attention, la route est mauvaise. » Oui, mais t’as pas vu les prouesses de notre Caracol, toi !?! C’est « Caracol Loeb », comme dit Titouan. Mais comme dit aussi un dicton bien connu : « Qui fait le malin, tombe dans le ravin !» Wink. Bon, pas de ravin pour cette fois, mais on peut dire qu’on a testé le propulsion de l’IVECO et c’est efficace. Je t’enjambe des ornières par-ci, je te grimpe des talus par-là. Le Caracol n’a même pas peur !

La falaise sur laquelle on se pose est grande, 70 mètres de haut … qu’il nous faut descendre pour aller voir ces fameux éléphants de mer. Les premiers mètres se descendent avec une corde fixe et tout le reste en dérapage tellement la roche est friable.

P1030272

Puta Madre, ils ont intérêt d’y être ces fameux phoques !  Et là, même pas assez de temps pour pester, on se retrouve nez à nez (mais ce n’est pas qu’une expression …) avec une colonie d’une cinquantaine d’éléphants dont 2 mâles dominants, énormes ! (effectivement : 7 m de long, 3,5 tonnes … de belles bêtes, quoi !).

DSC_9482

Magie, magie. Elle était méritée cette p….. de piste. Nous passons trois bonnes heures à les observer. Eux autant que nous, en fait. Seuls au monde. A 3 mètres les uns des autres. Ils ont des yeux tellement expressifs qu’on les croie humains.

DSC_9409

Et puis, génialissime, que voit-on au large ? Un aileron d’orque ! Et dire qu’on a attendu 3 jours à la Punta Norte (sur la péninsule de Valdès). Trois jours pour lesquels j’ai insisté auprès de ma petite famille pour faire 150 km de piste aller-retour chaque jour pour les observer ces fameux orques. Et là, cerise sur le gâteau !

CSC_9502

De retour sur la terre ferme, c’est-à-dire en haut de la falaise, Nicolas s’affère pour nous préparer un bon barbecue (fallait bien ça !).

P1030255

On déguste, puis tout le monde couché papattes en rond, et là … le vent se lève. Quand je dis, le vent se lève, c’est vraiment ! Le  type de rafales à faire sauter des bouchons de Champagne tous seuls (heureusement, on en a pas emporté !). Titouan et moi, nauséeux, finirons la nuit dans la dinette centrale.

P1030267

Après une courte nuit donc, nous nous retapons les fameux 70 km de piste,

P1030279

puis 200 km de route avec un vent de travers à décorner les bœufs.

P1030280

Direction Camarones, petit port de pêche préservé, battu par les vents (impossible d’y échapper en Patagonie) et porte d’entrée pour la Réserve Cabo dos Bahias.

P1030284

Aux abords de la réserve, le paysage change. Finies les étendues plates et monotones, c’est du rouge vallonné qui nous accueille à Cabo dos Bahias. Des guanacos, des nandous, des pingouinos, bref, de quoi amuser une fois de plus l’équipage caracolesque.

P1030317

DSC_9592

DSC_9615

Le garde nous donnera même l’autorisation de dormir le soir dans le parc. Si bien qu’au petit matin, pour notre petit dèj, à quelques mètres de nous, ce seront des guanacos qui nous tiendront compagnie. Enfin, on voit bien, qu’on est garé, nous, sur LEUR petit dèj (quelques mètres carrés d’herbes grasses …) et qu’on les gène !

P1030357

Retour à Camarones, courses et récupération du linge fraichement lavé et direction, Sarmiento. Ayant déjà parcouru le sud de la Patagonie et la Terre de Feu (précédemment en février lors de notre escapade en avion), nous décidons de couper à droite toute pour rejoindre les Andes et le Chili.

La route est bonne jusqu’à quelques km avant Comodora Rivadavia, où par un moment d’absence, nous décidons de couper la bonne et belle route nationale par du ripio, histoire de faire 2 fois moins de route. Voici le moment où, nous devons prendre quelques minutes pour vous expliquer ce qu’on entend par « route ». Les « routes » en Argentine sont, comment dirai-je, quelque peu différentes des routes françaises.  Disons que leurs routes nationales, asphaltées, ressemblent à nos routes départementales gersoises ou ariègeoises (et encore entre Foix et St Girons, c’est du bonheur à côté!). Que leurs routes secondaires, ben, … y’en a pas ! Y’en a pas, au sens où vous l’entendez, vous, les gens, assis dans votre fauteuil. C’est du gravier, pourvu de nids de poule, de creux, de bosses, de tôle ondulée …  le tout cumulé pour les voies les plus m…diques, ce qui force l’automobiliste à rouler à une moyenne de 20 km/h le vent dans le dos ! Et dans ces cas-là, arrive, ce qui nous arrive ce jour-là, à savoir, un impact sur le pare-brise (forcément, j’étais au volant !). Mais en Argentine, y’a pas Carglass ! « Celui qui répare, qui remplace ». « Et avec les vibrations, et bien, l’impact se fissure ma bonne dame », explique le gars de chez Carglass (Loli ,Wink pour toi). Ben, je vois ça ! Maudit raccourci.

P1030413

Nous arrivons tant bien que mal à Sarmiento. Nous nous posons à l’écart de la ville, au bord du lago Musters. Demain, tout est fermé. C’est un dimanche d’élection. (Pour vous aussi, en France, non ?) Qu’à cela ne tienne, nous aussi, nous comaterons.

Y’aura de quoi : Nicolas a mal dormi. Il s’est levé toute la nuit parce qu’il a entendu un « bruit  » dans le camping-car. Parce qu’il croit que c’est une souris, je le surprends à 4 heures du mat, à préparer un piège avec un morceau de fromage et un système astucieux de casserole en équilibre sur des allumettes Laughing. Il faut dire qu’il a de la suite dans les idées, mon homme, à 4 heures du mat !! Il découvrira, penaud, le lendemain que la soi-disant souris est en fait un morceau de plastique qui, avec le vent, frottait le toit. Je peux vous dire qu’il en a pris pour son grade ! On s’est bien moqué.  Charly, Laurent, si ça vaut pas mon coup des rats au Maupas, ça !?! Vous aurez de quoi changer de registre dorénavant, tiens.

P1030383

Donc, dimanche bricolage (pause des bavettes, resserrage de quelques vis brinquebalantes des meubles), école, gâteau, sieste et balade au bord du lac. Après ces intermèdes, nous voici le lendemain, prêt à visiter le parc paléontologique de la ville au grand plaisir des loustics. Nous y découvrons une quinzaine de reconstitution grandeur nature de dinosaures retrouvés dans la région.

P1030392

Alors que le 1er jour du printemps fait son apparition en France, nous, nous entrons dans l’automne. Les températures se rafraichissent. Nous ressortons polaires et couettes pour la nuit.

Puis, direction la réserve naturelle géologique de Bosquets Pétrifiés. Dans un paysage de western, lunaire, nous avons droit à un cours de géologie et de l’histoire de la Terre en plein air. A l’époque des grands bouleversements géologiques sur la Terre, ces troncs ont été fossilisés en pierre.

DSC_9681

Nous visitons le parc, une fois de plus, avec l’impression d’être seuls au monde. Ca a du bon de visiter l’Argentine en fin de saison touristique !

DSC_9690

Quelques heures plus tard, en direction des contreforts andins, nous posons nos roues sur la mythique route 40.

P1030461

Cette route, qui traverse l’Argentine du Nord au Sud, parcourt 5200 km d’un trait. Elle est l’une des plus longues et des plus hautes du monde. Elle représente pour les argentins à la fois le voyage et l’aventure car elle est un chemin d’initiation obligé des jeunes en fin d’études, qui doivent la parcourir de bout en bout sans argent ou presque, avant d’intégrer leur vie d’adultes. Vous me direz, jusque-là, tout va bien. Oui, mais elle est asphaltée à 30% à peine !  Nous avons le temps d’admirer le paysage encore et encore (cf Espacla). Moyenne de l’étape : 25 km/h. Trêve de plaisanterie, cette route est aussi source de conflit entre les inconditionnels du voyage lent et les partisans du progrès, que nous ne départagerons pas, mais nous pouvons dire que tant que c’est encore possible, nous sommes très heureux de parcourir quelques tronçons chaotiques et poussiéreux de cette âme de l’Argentine.

P1030522

Après une nuit au camping du village de Perito Moreno (et après de bonnes douches chaudes qui coulent à flot !), nous nous laissons encore cahoter lentement le long de la route 40. Nous nous approchons des Andes, le relief revient à notre grand bonheur. Pyrénéens que nous sommes, nous apprécions d’apercevoir les premières cimes enneigées.

P1030474

4 heures plus tard, nous sommes à la Cueva de los Manos (« la grotte des mains », inscrite au Patrimoine de l’UNESCO). Une merveille ! Elle n’a rien d’une grotte en fait. Y’a bien une grotte mais on ne peut la visiter. Les peintures rupestres sont sur les parois de la montagne autour de la grotte, à hauteur d’homme. Réalisées il y a plus de 9000 ans, ces inscriptions « négatives » de mains sont celles des ancêtres des indiens Tehuelches. Nous sommes subjugués par toutes ces mains dont 95% sont des mains gauches … Pourquoi ? Tout simplement parce c’est celle qu’ils appliquaient sur la paroi ; la droite servait à tenir l’os (en guise de paille) dans lequel ils soufflaient pour appliquer les pigments.

DSC_9741

Nous nous perdons dans la contemplation du site. Un canyon, une rivière, des cyprès, quelques guanacos. Quoi de plus ?

P1030484

Le lendemain, arrêt ravitaillement au village-station-service-bar-superette de Bajo Caracoles, au milieu de nulle part. Un petit air de Badgad Café… Géant ! Nous nous y attarderons une bonne heure,  hors du temps.

P1030553

Les Etoiles nous ayant montré la voie, notre objectif est de passer au Chili par le Paso Roballos (col situé à 647 mètres d’altitude). Le propriétaire de l’estancia Rio Blanca, rencontré à la Cueva, nous confirme que le chemin est bon et que nous passerons sans problème avec notre « casilla ». Alors, si le gaucho le dit …

P1030567

Sur la route, nous faisons une halte de deux jours au pied des lacs Posadas et Pueyrredon, séparés par une étroite bande de sable.

P1030591

Le premier aux eaux turquoises, le second couleur marine, sont entourés d’une vallée glacière aux couleurs chatoyantes, mais ventée ! Au loin se découpent les pics frontaliers et nuageux du Chili.

P1030588

DSC_9764

La première nuit, nous nous faisons réveiller par des policiers. « Vous n’avez pas vu une voiture verte ? » - « Euh, non ?!? » répond Nico encore embrumé - Que veulent-ils ? Ce n’est certainement pas la grande activité qu’il doit y avoir dans le coin, alors ils veulent peut-être jouer à « pince-moi sans retouche ? ».  Le mystère restera entier.

Nous repartons vers le Chili en prenant la fameuse route qui se révèle splendide et, bien qu’un tantinet difficile (le GPS nous indiquera un bon 20 km/h de moyenne à l’étape…), nous en met plein les mirettes.

P1030631

Nous aurons même la chance de voir le sommet du San Lorenzo, plus haut sommet de Patagonie, qui était dans les nuages jusque là.

DSC_9788

Pas moins de 10 heures de route plus tard, nous voici au Chili, où nous effectuons notre premier bivouac dans la vallée Chacabuco, sorte de grande vallée plate couverte d’herbe où paissent tranquillement des milliers de guanacos sous les sommets enneigés!

P1030660

 

A bientôt pour de nouvelles aventures ! Et pour le CinéCaracol, c'est dessous.

CinéCaracol

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi depuis Puerto Madryn.

 

Le trajet

 

googlemapsExemple

Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


Powered by Joomla!. Design by: free joomla theme technology  Valid XHTML and CSS.