Premières caracolades

Du 24 février au 15 mars

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Après avoir récupéré Caracol, nous avons commencé à rouler en direction du sud. Voici le récit de nos premières caracolades.

Buenos Aires : la ultima

Le 24 février, de retour à Buenos Aires, Nicolas passera les jours suivants à trouver une assurance pour Caracol, à l’équiper d’une belle bande rouge réfléchissante et d’un beau 110 que nous lui apposerons sur son arrière (pour être aux normes argentines) et à avancer les formalités administratives auprès de notre compagnie.

Pendant ce temps-là, les enfants réclament à rester jouer à l’hôtel au calme. J’obtempère.

Chose faite, nous revoilà partis à l’assaut de Buenos Aires. Nous revenons flâner dans le quartier de nos débuts (San Telmo), puis dans le très calme quartier de Puerto Madero. Une après-midi nous louons même des vélos pour parcourir la Réserve Ecologique. Les vélos sont plus que vétustes. Nous entendrons plus les couinements de leurs roues que le chant des oiseaux du parc ornithologique, mais bon, un petit air de vacances et tout le monde est content.

Nous faisons connaissance avec Olivier, Bayonnais, qui s’apprête à faire un périple en Amérique du sud avec sa famille et qui séjourne sur Buenos Aires quelques jours pour le boulot. La vie est bizarre quand même : faut qu’on soit à 13.000 km pour faire connaissance alors qu’on habite à 150km ! C’est pas fou ? Son voyage débutera en juillet prochain. Nous nous retrouverons donc sur la route.

La sortie du port

1er mars, Caracol est arrivé au port à bord du Repubblica Argentina à 5 heures du mat.

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C’est pour nous le grand jour ! Sans conviction et au vu des multiples expériences des précédents voyageurs, nous espérons le récupérer au mieux le lendemain soir.

Bien aidés de l’expérience de la Tribu Marcadier, nous déambulerons de bureaux en bureaux sereinement. Il nous manquera par-ci par-là un numéro, un tampon, mais dans l’ensemble, les choses se déroulent pour le mieux.

Dans la matinée, nous apprendrons par une famille en CC qui a voyagé sur le Repubblica Argentina, que Caracol n’a pas été « vandalisé ». Garé à côté de leur camping-car sur le bateau, ils ont eu la gentillesse de nous le surveiller. Ca, c’est certainement le résultat de tous les cierges que mamie a fait brûler pour nous !

Vers 16 heures, voyant que si on se débrouille bien, on pourrait peut-être le sortir du port avant la nuit, Nico « pleure » auprès des douaniers notre fausse (vous vous en doutez) absence d’hébergement pour la nuit. Nos deux enfants dans les bras, ils n’y coupent pas, ils sont attendris et hop, on l’a ce fameux numéro qui conditionne la sortie du véhicule !

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C’est les larmes aux yeux que les enfants et moi, nous assistons à la sortie de Caracol du fameux « Terminales Rio del Plata ».

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Dernière vérification, rien n’a bougé à l’intérieur. Tout y est. Enfin, les contreplaqués n’ont ni été forcé, ni été dévissé, parce qu’on ne peut rien voir en fait …

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Nous renterons tard à l’hôtel. Caracol gardé par un couple belge, nous dormirons sur une oreille, excité de le retrouver.

En avant la musique !

Le lendemain, sortez la visseuse, et en avant … Les enfants sont comme fous, nous pareils.

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On retrouve toutes nos précieuses affaires, eux leurs jouets et tous vos cadeaux.

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Chaque chose à sa place, un coup de ménage (5 min chrono) et hop, le tour est joué. A nous la liberté !

Notre premier bivouac se fera là, dans le très calme quartier de Puerto Madero à Buenos Aires. Les argentins étonnés de nous y voir garés nous posent beaucoup de questions. Ce sera visite de l’intérieur pour tout le monde... Olivier, le temps d’un café serré, nous rendra même visite avant de prendre son avion pour la France.

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Nous sortons de la tentaculaire Buenos Aires comme des chefs, et on roule vers le sud.

Premiers frissons : notre deuxième jour de route est interrompu par l’accident de la famille Maso (leur camion s’est renversé sur la route). Plus de peur que de mal. Nous nous trouvons là, par hasard, quelques minutes après leur accident, nous leur portons secours comme nous le pouvons. Leur malheureuse expérience nous fait froid dans le dos. Nous roulons plus doucement.

Pour nous remettre de ces émotions, rien de mieux que la plage. Nous faisons, pour y accéder, nos premiers kilomètres de pistes et de tôles ondulées. Effectivement, c’est pas triste. Tout fait bling bling bling à l’intérieur. Y’a deux possibilités : rouler à 90 km/h pour « survoler » la tôle ou à 20 km/h pour éviter de tout casser. Faut pas entre les deux… Encore craintifs, nous choisirons la deuxième solution. Pour le coup, nous roulons à la vitesse de l’escargot ! Nous attendent au bout de la route deux belles journées à la mer et deux beaux bivouacs en bord de plage, le bruit des vagues pour nous bercer.

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Puis, quelques 400 kms plus loin, c’est avec les perroquets d’El Condor que nous avons rendez-vous.

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C’est paraît-il la plus grande colonie au monde de perroquets (qui compte 35.000 nids dans les anfractuosités des falaises). Nous n’y verrons qu’un millier de couple au maximum. Qu’ils sont beaux ! Vert, jaune, orange, bleu sont les couleurs de leurs plumages.

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Les garçons, presque désabusés de voir tous ces animaux, s’éclateront à la plage. Il fait 35 °C à l’ombre ! Nous les comprenons.

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De nouveau, deux beaux bivouacs, face à l’océan.

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Seules les nuées de moustiques qui ravageront le visage et le corps d’Estéban (notre anti-moustique à nous !) nous feront fuir de l’endroit.

Titouan aura la chance de voir surgir de l’eau sous son nez un lion de mer venu se reposer sur la plage. Magique !

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Puis, visite de la Réserva Faunistica Berméja située à proximité, que nous trouvons décevante, peut-être parce que les lions de mer qui s’y trouvent sont trop éloignés des promontoires pour les apprécier et que notre prochaine étape est la Péninsule de Valdès (connue pour ses baleines, lions de mer, éléphants de mer, orques …).

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"Jeter papa aux orques" à Valdès

Nous roulons jusqu’à Valdès sous une chaleur de plomb (40°C à l’ombre). Nous avons beau laisser les vitres ouvertes, la chaleur est accablante et la route monotone. Bref, quand la journée se termine, tout le monde est content : le chauffeur harassé, le co-pilote desséché et la marmaille … excitée !

Notre récompense sera, une fois de plus, de passer la nuit dans un endroit magique, seuls au monde à la Playa Flecha à quelques kilomètres de pistes au nord de Puerto Madryn.

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Ce n’est pas la saison des baleines. Ceci dit, nous imaginons très bien la magie qui doit s’opérer quand elles viennent faire leurs ballets sur ces plages sous les yeux des voyageurs.  Nous, nous espérons voir des orques. C’est normalement la période où ils viennent aux abords des plages se délecter de quelques petits éléphants et lions de mer. Pour cela, il nous faut rentrer dans la péninsule.

Et puis, nous avons une mission à Valdès : « Je veux jeter papa aux orques ! » a dit Estéban. « Maman, je la garde pour moi ! ». Si ce n’est pas de l’Œdipe, ça ? J’adooore !!!

Avant de rentrer dans la péninsule, nous ferons une journée « école-skype-mails-linge-bricolage-course » à Puerto Madryn (journée ESMLBC, tiens je vais déposer le nom, ça sonne comme HSBC, c’est porteur …).

Dans la péninsule, premier arrêt à l’écomusée de la péninsule.

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Et de nouveau, nous trouvons un bivouac magique. Vous allez certainement dire que je me répète mais c’est bien vrai. Nous squattons à la playa Pardelas, avec comme seuls compagnons trois « pingouinos » (comme on dit chez nous maintenant) et pleins d’oiseaux.

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Après l’école, le lendemain nous faisons le tour de la péninsule.

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Ce sera pour nous un manège aux animaux (nous verrons tour à tour : guanacos, moutons, vaches, chevaux, tatou, renard, tarentule, éléphants de mer, lions de mer, manchots …tous en liberté) sans attraper le pompon (les orques !).

Ceci dit, on s’est instruit. Savez-vous la différence entre les lions et les éléphants de mer ? Les lions sont en fait des otaries : ils marchent sur leurs pattes avants. Les éléphants (appelés ainsi à cause de la grosse trompe qu’arbore le mâle adulte) sont des phoques : ils rampent sur le sable. Faut dire aussi que les mâles (que nous n’aurons pas vu car ils ont déjà migré vers les eaux chaudes du Brésil) ont des dimensions impressionnantes : 7 mètres de long et 3,5 tonnes. Ca ne vous rappelle rien ? Ce sont les mensurations de Caracol …

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Retour à notre QG : la playa Pardelas. Trop tentés, nous nous offrons le lendemain un deuxième tour de manège (ce qui nous fait faire un aller-retour de 150 km de piste !) toujours sans attraper le pompon. Nous rentrons sur « notre plage » comme dit Estéban, qui se révèle être un vrai terrain de BMX pour Titouan. Estéban, qui veut TOUT faire comme son frère recevra même sa « deuxième étoile de VTT » (voir CaracolNinos).

Nous rendons visite matin et soir aux trois pingouins qui squattent la plage.

Et rebelote le lendemain. Trop déçus de ne toujours pas avoir vu l’aileron d’un orque, nous nous rendons une dernière fois à la Punta Norte pour tenter de les apercevoir. En vain pour les trois hommes de la famille ; moi, j’aurai le plaisir de voir passer un aileron à quelques mètres du rivage !

De toutes façons, on les verra bien mieux sur les chaines DiscoveryChannel ou National Geographic ! Wink

Nous aurons passé en tout et pour tout 4 jours dans la péninsule. Quatre jours au pays des animaux. Quatre journées paisibles qui nous font le plus grand bien.

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La vie à bord

Depuis le début du voyage, il nous faut nous adapter à notre nouvelle vie. Nous vivons désormais tous les quatre 24 heures sur 24 et chacun doit prendre ses repères. Nicolas et moi réalisons que nos moments d’intimité ou de discussion entre adultes sont réduits à peau de chagrin … c’est-à-dire quand les enfants sont couchés ! Parfois, cette proximité nous pèse ; nous cumulons la fatigue et devenons quelques peu irritables. Nous saisissons bien également que l’ambiance à bord est directement liée à notre état d’esprit (qui, lui aussi, est souvent conditionné par les moments d’école avec Titouan).

Nous réfléchissons à des astuces pour que l’apprentissage de Titouan se passe au mieux. Nous tâtonnons lui et nous. Lui, en tant qu’ « écolier de ses parents », nous teste bien souvent. Nous, nous ne mesurons pas encore le degré de conciliation ou de sévérité que nous devons adopter. Ah l’école … Dure loi du voyageur !!

Estéban et Titouan s’acclimatent très bien à leur vie à bord de Caracol … Ils maîtrisent très bien l’espace (je devrais dire le peu d’espace), s’occupent (plus ou moins) quand on doit rouler et profitent à fond de leur immense jardin de jeux. Quand la situation dégénère entre eux, zou, chacun dans « sa chambre » ! Leur complicité semble renforcée, certainement parce qu’ils ont bien compris qu’ils devaient s’entraider, que les copains ne courraient pas les rues.

Nos montres deviennent superflues et nous commençons un peu à vivre au gré et au besoins et envies du quotidien. Nous prenons conscience que le voyage itinérant a ses règles, son rythme qu’il nous faut acquérir. Alertés par les autres voyageurs, nous avons pourtant échappé aux difficultés liées à l’excitation du départ, aux kilomètres qui défilent et au rythme soutenu. Dés les premiers kilomètres (et encore plus depuis l’accident des Maso), nous sommes vigilants à ne pas trop faire de kilomètres dans la même journée.

Nos rencontres avec les argentins sont encore peu nombreuses. Elles s’arrêtent aux formules de politesse, aux quelques phrases échangées lorsque notre autocollant sur le capot de Caracol suscite leur curiosité.

En revanche, nous croisons beaucoup de voyageurs français au long court comme nous. Nous engageons vite la discussion, trop contents que nous sommes de parler notre langue.

Bref, c’est toujours la vraie vie, quoi !

A bientôt pour de nouvelles aventures ! Et pour le CinéCaracol, c'est dessous.

CinéCaracol

Et pendant ce temps-là, du côté des enfants...

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi depuis Buenos Aires.

 

Le trajet

 

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Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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