Au bout du monde!

Du 18 au 23 février 2011

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Ushuaia. Son nom seul pourrait résonner comme un synonyme d’aventure, surtout pour nous français qui, grâce à notre Nicolas Hulot national, l’avons inscrit dans notre inconscient collectif. OK, j’exagère un tout petit peu. N’empêche que, rien que pour y aller, et de pas loin encore (Punta Arenas), c’est déjà un peu l’aventure…

Nous voici donc de bon matin, avec nos deux monstres et nos sacs, à attendre notre bus pour Ushuaia. Au moment d’acheter les billets, la vendeuse m’avait dit qu’il y en avait pour 10 heures de bus, « mas o menos »… c’est tout dire. Nous partons donc dans un bus bondé, dans lequel nous côtoyons un groupe de hollandais d’un certain âge qui au moment du départ se met à chanter (ils étaient une vingtaine) et à lancer des ballons. Moment de solitude. Vont-ils continuer tout le voyage ? Ouf, non. Gentiment, ils donnent leurs ballons aux garçons sous le regard des parents ravis qui doivent alors rattraper lesdits ballons qui s’échappent évidemment à chaque virage…  La route se déroule jusqu’au bac sur lequel nous traversons le détroit de Magellan pour quitter la Patagonie et pénétrer en Terre de Feu. Quelques dauphins de Commerson viennent d’ailleurs jouer le long du bateau sous les cris ravis des enfants.

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S’en suivent deux bonnes heures de pistes : oui, si vous regardez une carte, vous verrez que la moitié ouest de la Terre de Feu est Chilienne et la partie Est est Argentine. Or, la seule route pour aller à Ushuaia n’apporte pas grand chose aux chiliens. Elle est donc complètement en ripio, dans un paysage sauvage, vallonné où nous observons pas mal de chevaux, moutons et guanacos. Bon, il faut imaginer tout ça sur une piste en cailloux où votre bus roule à prêt de 100 km/h et prend les virages complètement à gauche sans visibilité. Les pierres font un bruit effroyable en tapant sous le châssis. On comprend, à ce moment-là, les conseils des voyageurs pour mettre une protection en alu sous le carter moteur et le réservoir essence de notre camping-car. Vient ensuite le passage de la frontière où un (et un seul) douanier argentin vérifie, entre les données sur un ordinateur cacochyme d’un seul doigt et tamponne les 42 passeports du bus… Tous les grands voyages apprennent la patience, il paraît.

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Nous repartons donc sur une bonne route (on est coté argentin) et arrivons après 12 heures de bus à Ushuaia. Heureusement les loulous ont été formidables et, avec l’aide conjuguée de deux dessins animés, d’une page de maths et d’une page de français, et de quelques chansons sur le lecteur mp3 (merci encore Poupoune !), ont supporté sans ronchonner le voyage. L’aventure on vous disait !

Nous avons trouvé une cabanas pour nous loger et, sans le canal de Beagle au pied de la ville, nous nous croirions presque dans les Pyrénées devant ce petit chalet en bois bordé par les montagnes.

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Nous visitons un peu Ushuaia. La rue touristique est remplie de magasins high-techs, de sports ou de souvenirs.

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Dans le port, sont arrêtés tours à tours quelques « traines-couillons », des cargos, des remorqueurs, des gros paquebots de croisière, des petits navires de croisière partant pour l’Antarctique (à seulement 1000 km de là), et le yacht du numéro 2 de Microsoft (merci Wikipédia) plus gros que les précédents…

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Je passe la journée sur un petit nuage à répéter à Nad : « Tu te rends compte, on est sur le canal de Beagle !». Devant mon insistance, on arrive à trouver un « traine-couillon » plutôt sympa, où nous sommes 20 à bord à tout casser.

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Nous partons donc en fin d’après-midi pour aller voir l’emblème d’Ushuaia, un petit phare sur une île.

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Nous voyons également une petite colonie de lions de mer se dorer au soleil et une île où nichent des cormorans.

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Le petit bateau est un sacré atout car nous nous approchons à un mètre de la côte. Le temps est super beau, le soleil à peine voilé, sans vent et sans vague. Tandis qu’Estéban se tape une petite sieste à l’intérieur,  Nad et Titouan se posent à l’avant du bateau à rôtir au soleil, avant d’aller faire un petit tour à pied sur une île.

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Heureusement qu’ils ne sont pas en maillot (faut pas pousser non plus), la luminosité est vraiment terrible. On a du mal à rester sans lunettes de soleil et les photos sont toutes sombres car l’appareil compense comme au ski. Le trou dans la couche d’ozone vous disiez…

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Le canal de Beagle, le détroit de Magellan, le cap Horp… Combien de fois ai-je imaginé ces lieux à travers des livres ? Bon, dans ces livres, il était souvent question de tempêtes, de vents à décorner les bœufs etc. Ushuaia ne nous montrera que soleil et mer calme. Le chauffeur de taxi nous dira que nous avons eu les cinq plus beaux jours de l’année. Je ne sais pas si c’était vrai, mais en tout cas, nous nous sommes régalés. N’empêche, on a quand même frôlé le 55ième parallèle !

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Nous profitons des conditions pour aller faire une rando dans le parc de la Terre de Feu. Le temps de trouver un collectivo (taxi-bus de 10 places) pour nous amener, nous partons avec le casse-croûte pour la journée. Nous faisons une grande rando (6 heures) sur les bords du canal de Beagle, sans croiser grand monde. Superbe.

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Nous alternons des passages en bord de mer avec des passages dans des forêts de lengas.

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De nombreux oiseaux de mer se laissent facilement approchés, au grand bonheur des loulous qui s’avèrent être des « chasseurs » redoutables…

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Les enfants sont ravis, même s’il me faut de temps en temps porter Estéban ! Les montagnes tombent directement dans la mer.

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Cela nous fait un peu penser à la Corse, cette alternance de montagnes, d’arbres, et de mer. Bon, Ok, le climat n’est pas tout à fait le même comme nous le montrent les arbres plutôt penchés vers l’ouest…

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Dans le collectivo du retour, nous nous rendrons compte de notre chance. Je pense que tout Ushuaia est là, nous sommes dimanche…

Nous profiterons également d’Ushuaia pour nous reposer un peu ; les loulous étant un peu fatigués par les changements d’hôtels et demandant à ne pas bouger. Ce sera une période de devoirs (si,si), de grillades, et de sieste. J’ai un peu de mal encore à accepter de baisser le rythme, pour laisser souffler les enfants, et à ne pas TOUT faire. Le Cerro Marcial me fait de l’œil et je trépigne.

Nous profitons d’une de ces journées calmes pour visiter également l’ancien bagne d’Ushuaia.

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Le bâtiment en lui même est intéressant, les documents un peu répétitifs et l’entrée très chère ! Le plus saisissant est sans doute l’aile du bâtiment qui a été gardée en l’état. On imagine sans peine le froid, la solitude et la dureté de la vie de ces bagnards qui ont servis de main d’œuvre pour la construction de la ville.

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Vient le moment de rentrer. Dernière aventure au grand sud. Nous arrivons à l’aéroport de bonne heure (on ne sait jamais). Notre avion doit arriver à Buenos Aires vers minuit et demi (mais bon, on commence à avoir des doutes sur les horaires annoncés). Au moment d’enregistrer nos bagages, l’hôtesse nous dit que nos billets ne sont pas bons. Le départ n’est pas d’Ushuaia mais de Calafate… Pardon ? Mais, heu, ce n’est pas ce qu’on a demandé… Et on se rend compte qu’au lieu de nous avoir vendu un billet Buenos Aires –Calafate pour l’aller et un Ushuaia – Buenos Aires pour le retour, nous avons un aller-retour Buenos Aires – Calafate, qui se trouve à 18 heures de bus d’ici… Décomposés. Retour au comptoir d’Aerolinas Argentinas, où on essaie d’expliquer ce qui nous est arrivé, qu’on est de bonne foi, et tout le tralala… La vendeuse nous dit qu’elle veut bien changer nos billets, mais qu’il faut payer un complément de 1200 pesos, soit prêt de 250 Euros. Là, on fait carrément la gueule… Je demande une petite remise. Je dis à Estéban, dans mes bras, de pleurer (ce qu’il réussit à faire sur commande !). La vendeuse appelle alors sa responsable, qui fait un peu la gueule. Au bout d’un moment, elle accepte de nous faire un tarif exceptionnel, nous ne payons que 30 Euros. Merci Estéban… D’ailleurs, au bout de quelques instants, elle revient nous voir en nous disant qu’il y a un vol qui part immédiatement pour Buenos Aires, et qui arrive plus tôt. Elle nous propose de le prendre. Aussitôt dit, aussitôt fait. La chance est de retour. Nous faisons d’ailleurs un vol agréable, en papotant avec Jean et Véronique, deux rennais qui rentrent d’un mois de voyage dans le sud et s’apprêtent à prendre le chemin du retour sur la France. Bonne route ! Titouan aura même le privilège d’aller voir les pilotes dans le cockpit au-dessus de la Patagonie et de papoter un peu avec eux : « Adonde esta le piloto automatico ? ». Au final, un retour pas si mauvais qu’il n’y paraissait au premier abord…

Nous voici donc revenus à Buenos Aires. En attendant la suite de nos aventures, voici un petit CinéCaracol, suivi de la carte de notre périple dans le Grand Sud.

CinéCaracol

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi durant ces 15 jours dans le sud.

 

Le trajet

 

googlemapsExemple

Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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