Des portes de l’Amazonie aux neiges du Cotopaxi

Du 28 octobre au 6 novembre 2011

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Le 17 octobre, nous débutons notre visite de l’Equateur par la ville de Cuenca et ses beaux chapeaux et le Parc National Cajas et ses paysages pyrénéens. Puis papi Guy et Stéphanie, la sœur de Nicolas, nous rejoignent à Guayaquil, pour un petit tour aux Galapagos. Mais, c’est une autre histoire, qui ne vous sera pas racontée ici. Le disque dur de l’ordinateur sur lequel nous avions sauvegardé les photos nous a lâché (le vilain !). Nous espérons tout de même récupérer les photos et par là même publier un nouvel article prochainement. Alors, patience …

 

Revenons donc à nos moutons. Notre histoire commence donc le 28 octobre à Guayaquil, journée que nous passons dans le Caracol pour une montée en haute altitude (soit 4000 mètres) qui laisse tout l’équipage un peu groggy. En effet, passer du niveau de la mer à 4000 mètres en quelques heures en revenant d’une croisière en bateau, nous fait tanguer de tous les côtés. Le summum sera à table à midi. La tête du cochon qu’on nous sert à table, nous semble surréelle.

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Sur la route, la végétation se densifie. Banos, notre destination est réputée pour ses eaux chaudes (42°C pour les plus chaudes). Pendant que j’occupe les enfants sur l’aire de jeux municipale, le reste de la famille (frère, sœur et père) partent à la recherche d’un hôtel. L’hôtel qui semble parfait sur le guide se situe dans une petite ruelle étroite de la ville. Le Caracol s’y faufile tant bien que mal. Ceci dit, alors que le verdict est négatif pour rentrer dans l’hôtel, le demi-tour sera de trop. Le Caracol se frotte d’un peu trop près à la souche d’une énorme plante tropicale !

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Stéphanie et moi, nous laissons les hommes et nous partons goûter la température de l’eau des sources. Sans le savoir, nous passons devant tout le monde pour le gardiennage de nos affaires et toutes guillerettes, nous nous dépêchons d’aller à l’eau. Autant dire que l’immersion de nos orteils sera brève : 42°C ! Veulent nous faire cuire au court-bouillon ou quoi ? Nos concitoyens ont la peau rose du cochon bouilli. Nous ne voulons pas infliger cela à nos cellulites, nous ! Alors, nous optons pour le bain un peu moins chaud mais pas tant que cela puisqu’il me donnera des vertiges en sortant, c’est pour dire.

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Le lendemain, à Puyo, nous nous rendons au Centro de Rescate de los Monos. C’est un refuge pour les singes (en majorité), les coatis et les tortues. Après avoir été maltraités dans leur vie antérieure, les animaux sont ici « soignés » et en tous cas, remis en liberté (ou semi liberté) avant de pouvoir (dans très peu de cas) être relâchés dans la jungle.

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Nous vivrons pendant trois heures une belle expérience avec eux. A peine arrivés, alors qu’il fait bien chaud dehors et que, par conséquent, les fenêtres de Caracol sont grandes ouvertes, nous sommes envahis par trois singes curieux qui montent sur le toit et le capot, se pendent aux fenêtres. Nous avons juste le temps de tout fermer in extremis avant l’invasion. Le ton est donné. Va falloir être prudent. Dans le centre, notre guide, un bénévole français, nous fait la visite pendant que Paola, une petite singe, passe de tête en tête et élit celle de Stéphanie comme la plus confortable, avant de se faire chasser par un capucin en hurlant de peur.

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Sur la tête, le corps du singe tient chaud. Il est doux et ne bouge pas. Ses yeux expressifs sont bouleversants. Nous sommes tous émus de ce contact.

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Nous finissons la visite par un tour dans la jungle environnante. Un petit sentier aménagé nous guide à travers les différentes essences d’arbres. Il fait chaud et humide. Les papillons et les insectes se régalent. Nos yeux aussi.

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A Téna, nous sommes près de la jungle. Notre objectif est de partir dans la forêt amazonienne. Gabriel et Nixon, nos guides, qui vivent dans une communauté, nous concoctent une journée un tantinet sur le thème du folklore mais nous nous prêtons au jeu. La journée commence par l’enroulement du boa autour du cou, auquel Stéphanie saura se prêter bien volontaire, à sa grande veine, puisqu’elle aura droit en prime aux grosses larves dans la bouche pour la photo !

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Après un tour de pick-up qui amusera bien les enfants, nous partons de Puerto Mishualli pour un tour de pirogue au milieu du rio Napo.

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S’en suivra une belle balade dans la forêt où Nixon nous contera les bienfaits des plantes utilisées par ses ancêtres pour se soigner. Ainsi, Estéban, Titouan et moi, nous n’échapperons pas aux peintures sur le visage avec l’ « achéto », cette plante dont les graines écrasées forment une peinture rouge sang.

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Estéban, d’ailleurs, complètera sa fresque par des dessins qui lui seront bien personnels sur le visage et les mains ! Papi Guy, quant à lui, testera les bienfaits de la plante shampoing et Nicolas connaîtra le deuxième effet Kisscool de l’ortie géante anesthésiante sur son bras.

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A midi, c’est « comida typica » : la tilapia de pescado, du poisson cuit dans une feuille d’Akipanga qui lui donne un goût fumé, apprécié de toute la tribu. En plus, il faut le manger avec les doigts, alors … que demande le peuple ? Un vrai régal !

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Un bon orage en rentrant annulera malheureusement la partie de pêche aux piranhas, dont Estéban se faisait une joie.

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Bref, une journée bien instructive, qui ne correspondait pas à ce qu’on avait demandé mais qui nous a permis de toucher du doigt l’importance de la forêt et des plantes médicinales pour ces peuples et forcément, avec un planning aussi « touristique » … de bien rigoler.

Le lendemain, c’est l’anniversaire de notre « grand Titouan ». Malheureusement, nous devons faire route jusqu’à Quito, la capitale de l’Equateur. C’est de Quito que repartent Guy et Stéphanie pour la France le lendemain. Alors, la journée ne sera pas à la fête pour notre garçon. Mais du haut de ses 8 ans, il saura comprendre ce concours de circonstances. Et plus vraisemblablement, il sera accaparé toute la journée par la Porsche Carrera GT télécommandée et la Ferrari F50 (ça claque, non, tous ces noms ? Ne vous méprenez pas, j’ai du aller lire les étiquettes !) qu’il a eues en cadeaux. Je ne sais pas pourquoi, mais subitement, le Panama (oups !) le Montecristi Superfino, que lui ont offert ses parents l’intéresse moins ;-).

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Titouan est peut-être celui pour lequel le voyage est le moins « facile ». Il est loin de ses copains d’école, ne pratique pas son sport favori et se coltine sa mère comme maîtresse ! Pourtant, malgré les circonstances, notre grand bonhomme est aussi celui qui s’abandonne le plus au voyage, à la découverte des autres, s’imprègne et se nourrit de toutes ces expériences époustouflantes ou chaotiques, se prête facilement au jeu de parler espagnol, invente des aventures pour lui et son frère, sait se préserver des moments d’intimité dans cette vie à quatre pleine de promiscuité (le nez dans sa boîte de LEGOS ou branché sur les histoires de son lecteur MP3) et malgré son caractère un tantinet têtu, se plie facilement aux contraintes du voyage, comme celle d’accepter sans trop râler de ne pas « vider » sa testostérone sur son vélo après une longue journée de route. D’un positivisme à toutes épreuves, c’est lui qui nous succure souvent à l’oreille que « de toutes façons, on va trouver une solution !».

Alors, il rêve déjà à son prochain « grand voyage » qu’il prétend vouloir faire seul (raz le bol des parents !), quand il sera grand, à bord du véhicule idéal (pas de CC qui tombe en panne pour Monsieur) qu’il imagine sur son cahier à dessins et peaufine ensuite la maquette à l’aide de sa boîte à LEGOS. Alors, bonhomme, va, court de par le monde, vers cette liberté qui te sied tant.

Nous visitons donc, de jour et de nuit, le centre historique de Quito et ses nombreuses demeures coloniales. Une pensée particulière pour Félix et Monica qui nous avaient vanté les beautés de cette ville.

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Quito nous semble être une ville paisible. Lovée entre sommets et volcans, elle nous paraît agréable à vivre. Ses parcs inspirent à la détente.

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Le soir, pour fêter l’anniversaire de Titouan, nous ferons une orgie de viande.

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Le lendemain après-midi, Stéphanie et Guy nous quittent après avoir partagé un bout de route avec nous. Merci encore à vous deux d’avoir fait le déplacement jusqu’en ce lointain Equateur. Nous avons partagé avec vous un grand moment du voyage que fut cette parenthèse aux Galapagos et notre tour dans l’Oriente était aussi agréable qu’inattendu.

C’est donc à quatre que nous continuons notre voyage vers le Parc National du Cotopaxi. Enfin un bivouac nature. Le temps est couvert quand on arrive.

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Il neige même plus haut. Nous nous posons au bord de la laguna Limpiopunga (3800 m d'altitude). Le temps de faire une petite balade, puis de rentrer boire un chocolat chaud autour d’un Monopoli.

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Le volcan se découvre complètement une fois le mauvais temps passé.

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Et puis, il se trouve que Titouan est nostalgique d’un gâteau « maison » pour son anniversaire. Alors, il re-souffle ses huit bougies.

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Durant notre séjour, plusieurs fois les équatoriens viennent se prendre en photos devant notre Caracol. Du coup, on leur propose de rentrer et de visiter. C’est le défilé dans Caracol. Sur les routes aussi, on reçoit beaucoup d’encouragement (des sourires, des pouces levés) de la part des équatoriens, que l’on sent moins habitués à voir de « casa rodante ».

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Le lendemain, le soleil se lève et nous apprécions la vue sur le volcan.

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Puis vient le traditionnel orage de l'après-midi, qui ne nous empêche pas de faire le tour de la lagune.

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Titouan a l’occasion encore une fois de tester ses réflexes sur son deux roues. Pour Nicolas, Estéban et moi, ce sera à pieds. Mais le temps est encore mauvais. Alors, une fois au sec, nous glandouillons.

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En repartant, le surlendemain, sur la panam, nous croisons Clara et Joaquin. Le temps de se garer et s’en suivent des embrassades chaleureuses. On est tous très contents de se voir. Les garçons sautent dans les bras de Joaquin. Malheureusement, il ne nous est pas possible de passer du temps ensemble car ils partent chercher la cousine de Clara à l’aéroport. Nous sommes tristes d’autant plus qu’ils nous apprennent qu’on risque de pas les revoir de si tôt. Ils ont trouvé un boulot à Cuenca en décembre pour financer les réparations de leur fourgon. Entonces, buen viaje Clara y Joaquin. Hasta pronto y disfruten bien.

C’est donc affligés que nous repartons vers la laguna Quilotoa (3900 m).

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Les paysages de la route sont à couper le souffle.

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Si tôt passés de l’autre côté de la cordillère, nous retrouvons les paysages et une population andine que nous connaissons bien. Les versants des montagnes sont plus arides, les paysans cultivent de petites parcelles de quinoa et de pommes de terre… Partout des enfants aux visages tannés et aux grands yeux noirs surveillent leur petit troupeau de moutons. Et encore une fois, nous sommes bluffés devant Dame Nature. La laguna est un ancien cratère de volcan. Les habitantes de la sierra sont encore en habits traditionnels. Comme aurait dit ma mémé : « Elles sont pomponnées ». Trois tours de colliers en or (ou plaqué), boucles d’oreilles, châle brillant, jupe plissée en velours satiné, chapeau orné d'une plume de paon et chaussettes blanches remontées au mollet, elles sont tout simplement très belles.

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Nous nous arrêtons au marché de Zumbahua.

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En remontant vers le nord, les degrés de notre GPS s’égrènent. Et c’est avec une certaine excitation que nous suivons de près le décompte.

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C’est symbolique pour nous de passer cette ligne. Nous passons dans l’autre hémisphère alors que nous sommes à la moitié de notre voyage. Sur la partie descendante en quelques sortes… Le pays a consacré à ce symbole tout un monument. Nous y ferons les photos adéquates.

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En repartant, nous tombons sur Eliane et Jean-Michel (vous vous souvenez, nous les avions rencontrés à Lima). Du coup, nous cherchons un bivouac ensemble. Le musée de l’Inti Nan nous accepte. Il se trouve que c’est dans ce musée que passerait la véritable ligne de l’Equateur. Nous sommes reçus comme des princes par Fabian, le propriétaire du musée et son neveu Jefferson.

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Nous leur faisons visiter la casa rodante et s’en suivent de longues discussions et une visite nocturne du musée rien que pour nous !

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Les équatoriens sont des gens chaleureux et généreux, nous en sommes maintenant convaincus. Nous finissons la soirée avec Eliane et Jean-Mi dans Caracol à siroter de bonnes bouteilles (merci papi Guy!), à déguster des langoustines (qu’ils ont ramenés de la côte pacifique) et à se raconter nos dernières péripéties (il leur est encore arrivés plein de pépins depuis Lima mais Eliane garde le sourire. Belle leçon de vie !).

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Le lendemain, à 9H30, nous sommes attendus par Paola qui nous fait la visite en français cette fois de jour. Elle nous fera faire tout un tas d’expériences didactiques plus déconcertantes les unes que les autres sur le principe de Coriollis : comme le siphon qui tourne dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère sud, dans le sens inverse en hémisphère nord et qui n’existe pas SUR la ligne de l’équateur.

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Nous quittons Fabian et son musée en lui promettant de lui faire de la pub. Notre venue lui a d’ailleurs donné une idée de formule : visite nocturne, parqueo, visite en journée pour les voyageurs comme nous. Alors, amis voyageurs, n’hésitez pas, allez à la rencontre de Fabian et son joli musée.

En montant vers la sierra du nord, nous nous retrouvons face à de nouveaux paysages. Les femmes ont encore un habit différent : jupe longue fendue sur un jupon et maintenue à la taille par une ceinture tissée. La laguna Cuicocha nous accueille sous la pluie. Dommage. Elle est pourtant magnifique.

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Nous quittons l’Equateur avec le sentiment d’y avoir vécu de grandes et belles choses (Galapagos, Jungle, Sierra). L’Equateur nous a surpris par le développement de ses infrastructures (état des routes, approvisionnement des supermarchés,…) ; nous, qui pensions trouver un pays moins développé que le Pérou. Pour autant, il garde son authenticité, sa douceur de vivre. La gentillesse et la générosité de ses habitants nous a permis de nouer de beaux contacts.

C’était aussi pour nous un pays « facile » : aucun problème de sécurité, possibilité de faire des bivouacs nature comme on les aime, approvisionnements …

C’est aussi et encore pour nous le symbole d’une page qui se tourne dans le voyage. Celle de sa première moitié. Puisque nous sommes désormais dans la 2ème, celle qui nous ramène tout doucement vers la France (et ceux que nous aimons) et un retour vers la « vraie vie ». A moins, que la VRAIE VIE ne soit celle que nous vivons actuellement. Quizas ?

Alors, nous comptons bien profiter de ces neuf mois qui nous restent pour en prendre plein les yeux, savourer, se nourrir de toutes les rencontres qui nous attendent et disfruter.

CinéCaracol

Le tout en images avec le CinéCaracol.

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi depuis la frontière.

 

Le trajet

 

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Voyage terminé,

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Les pas du Consul

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RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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