Atacama : où nous avons failli devenir sédentaires

Du 9 au 30 juin 2011

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Le désert d’Atacama : Félix, nous l’avait bien prédit : « San Pedro de Atacama, tous les français veulent y aller et pourtant c’est un tout petit village ». Effectivement, c’est un petit village composé d’une place centrale et de deux rues (autant dire que ça ne nous dépayse pas trop de Barzun). Pourtant, nous avons  passé là 21 jours. Si bien que plusieurs d’entre vous se sont demandés si on ne devenait pas sédentaire ! Voici le récit de cet enracinement.

On vous l’avait dit, les paysages du Paso de Jama sont magnifiques. Ils nous rappellent ceux du Sud Lipez bolivien (que nous avions parcouru il y a 5 ans lors de notre voyage de noce).

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Nous longeons la frontière bolivienne. Cette Bolivie, qui nous attire tant, enchanté que nous étions de notre voyage en 2006 et que nous voulons partager maintenant avec nos enfants. On ne le sait pas encore, mais ce ne sera pas pour cette fois…

Pour Caracol, c’est openbar. Il boit comme un trou dans la montée des cols. Il n’y a pas assez d’oxygène pour que la combustion puisse se faire. Enfin, Mesdames, je ne vais pas trop rentrer dans les détails. C’est trop technique pour moi. Monsieur vous expliquera. C’est une histoire pour les hommes, ça !

Et Nicolas, quand le besoin s’en fait sentir, réadopte la technique de chauffage pour faire baisser la température du moteur. Nickel !

Nous dormons au pied du volcan Licancabur.

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La descente est tout aussi vertigineuse que la montée. Nous passons de 4800 à 2200m d’altitude en moins de 25km et en ligne droite (je vous laisse calculer le pourcentage de pente !). Y’a des pistes de freinage d’urgence tous les kilomètres …  Nicolas appuie sur les freins mais pas trop. Moi, je serre les fesses.

Bref, trois lagunes, deux cols à 4800 m d’altitude et un volcan plus tard, nous voilà à San Pedro de Atacama, le fameux.

Sur les conseils d’autres voyageurs, nous bivouaquons dans la vallée de la Mort. Ouahhh !!! Si ce n’est pas impressionnant, ça ?! Ce sera notre Quartier Général pendant tout notre séjour.

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Au matin, nous partons explorer le coin. Des montagnes rouges et du sable. Le désert d’Atacama, c’est le désert le plus aride du monde.  De mémoire d’hommes, y’a des endroits où il n’a jamais plu. Les garçons veulent faire du sand-board (surf sur le sable). Mais sans planche et pieds nus, ça ne le fait pas. Franchement, on dirait plutôt Laura Ingals de « La petite maison dans la prairie » qui descend de sa colline ! Mais faut pas leur dire, ils risqueraient de se vexer.

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L’après-midi, nous voilà partis à 10 km explorer une autre vallée tout aussi spectaculaire, la vallée de la lune.

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Sa grotte (les garçons ont adoré marcher dans le noir avec une lampe torche),

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son canyon et ses formations géologiques (qui craquent comme les glaciers)

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et son coucher de soleil en haut de la dune.

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On y rencontre un groupe de français bien sympathiques en vacances dans la région et deux couples de chiliens avides de réponses sur le voyage.

Ce soir, c’est veillée pour les petits comme pour les grands. Nous avons rendez-vous avec les étoiles ! Et en plus, pour couronner le tout, les TROPETO nous ont rejoint. Alain Maury, astronome français, nous amène en plein désert pour observer la Lune,

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Saturne,

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un amas globulaire, Véga, Alpha du Centaure et d’autres étoiles à travers divers télescopes et nous donner quelques notions d’astronomie.

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Titouan et Estéban sont passionnés : « Ouaahhhh, Mamaaann, on voit Satuuuuuurne !! » s’exclame Estéban. Il sautille d’un télescope à l’autre, demande à ce qu’on lui remette l’escabeau pour mieux voir, qu’on lui règle l’outil (car entre temps la terre a tourné …).

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Quant à Titouan, il soulera Alain de ses questions tellement son enthousiasme est grand. Nos champions s’endormiront à 1h30 du matin la tête pleine d’étoiles.

Le lendemain, autour du petit dèj pris dehors, nous décidons de continuer la route ensemble avec les TROPETO, encore une fois et d’affronter la mauvaise piste qui doit nous mener aux geysers du Tatio.

Cinq heures de ripio (certes la route est magnifique) avec un passage de rivière remporté haut la main par nos deux roulottes. Les 10 derniers km sont atroces, d’autant plus pour moi qui ressent une nouvelle fois le mal des montagnes (nausées, maux de tête, vertiges). On arrive juste avant le coucher du soleil. Thomas et Nicolas vont prendre un bain de nuit dans ces eaux volcaniques.

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La température extérieure est de 0°C et les eaux sont à 85°C à la sortie de la source. Un petit repas tranquillou (sin alcool, oui oui, c’est possible !). On est à 4300m. On fait le stock de globules rouges. Les enfants vont avoir une de ces patates ! Mince !

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Nous nous levons à 6H30 pour admirer ces fameux geysers qui se calment une fois le soleil levé.

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Caracol a du mal à démarrer mais nous montre sa bravoure après plusieurs essais. Il fait -12,5°C dehors (le gasoil a gelé malgré l’antigel). Une fois les bus de touristes repartis, nous sommes seuls. Quelques vigognes viennent se chauffer les pattes au bord des sources d’eaux chaudes pendant que nous prenons tranquillement le café. Nous goutons la « piscine » tous les huit.

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L’eau est tantôt brulante, tantôt froide et nécessite d’être mélangée à la main, mais nous nous en contentons. Le panorama est paradisiaque.

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Les TROPETO lèvent le camp. Nous, nous faisons cuire notre repas de midi à même la source.

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Au menu, œufs durs-pommes-de-terre-carottes. Elle n’est pas belle, la vie ?

Les deux jours suivants ne seront pas occupés à grand chose. Nous tentons d’aller visiter la grande mine de cuivre de Calama mais l’âge d’Estéban est un frein (interdit aux moins de 6 ans).

Puis, notre « crapouille » est devenu grand : il a soufflé 4 bougies le 15 juin !

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A 4 ans, il a déjà : combattu le zorro sur la péninsule de Valdès, joué avec les tatous, petit déjeuné avec les guanacos, écouté craquer le glacier Perito Moreno, randonné dans la jungle primaire du Parc Queulat, navigué avec les dauphins sur le détroit de Magellan, appris à parler le pingouin couramment, s’est baigné dans les eaux glacées du Pacifique et dans les sources d’eaux chaudes à plus de 4300m d’altitude, été vérifié si les dents du tyrannosaure étaient aiguisées, effectué sans difficulté les exercices d’école de maîtresse et de tata Odile, conversé avec les lions & éléphants de mer, arpenté les champs de lave, découvert une cité inca, fait de la spéléo dans la vallée de la lune, dévalé les dunes de la vallée de la mort, appris à faire du vélo de grand sur les Salinas grandes, tiré à l’arc sur le Caracol en voie de disparition, observé les étoiles dans le désert d’Atacama … Continue, petit homme, à nous étonner. Nous sommes très fiers de toi !

Le lendemain, nous apprenons que Guy, le père de Nicolas a eu un accident. Trois côtes cassées. Alors, nous remettons nos plans de visite à plus tard et restons sur place pour les nouvelles. Que la distance est pénalisante dans ces cas-là ! Heureusement, les nouvelles sont rassurantes assez vite. Nous sommes très soulagés.

Nous retrouvons nos amis les TROPETO pour LA dernière des dernières soirées. C’est le cœur lourd que nous nous quittons le lendemain matin. Ils rentrent en France fin juillet. Ils ont compté : en 5 mois de voyage nous aurons passé 20 jours ensemble au total ! Alors, une dernière photo, quelques larmes et … bonne route les zamis !

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De fortes rafales de vent et un ciel couvert, pluvieux nous est prédit pour les cinq prochains jours sur San Pedro. Nous attendons les Manohé, voyageurs toulousains que nous avons hâte de revoir et que nous avions rencontré plusieurs fois avant le départ : Max, le papa, Hélène, la maman, Manon, 4ans ½, Noé, 2 ans et Hari, le célèbre Hari, qu’ils ont racheté aux Une étoile dans le cœur. Après être allés en Equateur et au Pérou, ils descendent vers le sud. Nos chemins se croisent. On en profite car ce sera peut-être la seule fois). Nous avons programmé de faire le Sud Lipez ensemble. A deux camping-car, c’est mieux pour cette terre belle mais combien hostile. Et puis, comme Max est aussi doué en mécanique que Nicolas, on est sûr de s’en sortir ! …

Pas question d’attendre dans les rues poussiéreuses de San Pedro avec un vent de tempête. Nous migrons vers Iquique, plus au nord et au bord de l’océan Pacifique. Nous retrouverons les Manohé plus tôt comme cela. La route est désespérante de monotonie. Des étendues de sable et de terre à perte de vue, ponctuées par des pilonnes électriques et des mines de nitrate abandonnées. Nous nous arrêtons aux pieds des Geoglyphes de Pintados pour passer la nuit. Une belle balade au petit matin nous attend pour découvrir ces plus de 300 géoglyphes représentant des animaux,  des figures géométriques, des scènes de chasse et des femmes enfantant.

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Quelques kilomètres plus loin, c’est la ville fantôme d’Humberstone qui fascine mes hommes plus que moi. Cette ville minière était autrefois dynamique et reflète l’époque fastueuse des mines de nitrate. Elle était équipée d’une immense salle de théâtre, d’une piscine, d’une école, d’une salle de danse, d’un terrain de tennis … tout cela est aujourd’hui abandonné.

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C’est donc à Iquique que nous retrouvons les Manohé pour une belle soirée de retrouvailles et rigolades qui finit tard. Petits et grands sont contents de se voir.

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Nous bivouaquons face au Pacifique, les embruns venant nous chatouiller les narines, bercés par le bruit des vagues. S’en suit une bonne journée plage (où Max s’occupe des enfants) et papotage. Les hommes comparent leur matériel :  « Ah ouais, t’as ça sur ton camping-car ? Et bien moi, j’ai ça ! Et puis moi, j’ai ça aussi. Ah ouais trop bien !!... » Bref, des discussions de mecs qui ont adopté le style qui va bien avec leur gros joujou !Laughing

Le lundi nous profitons de la zone franche d’Iquique pour changer nos quatre pneus. Puis nous retrouvons les Manohé à notre QG de San Pedro de Atacama. Surprise ! Il a neigé !

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La tempête a couvert les sommets de neige et bloqué la route qui mène en Argentine (des quantités de camions attendent avec leurs chargements que le Paso de Jama réouvre). Il est tombé plus 1m50 de neige par endroit. Bon, le Sud Lipez, ce n’est pas pour encore.

Nous patientons bien en passant trois belles journées aux lagunes Céjar-Piedra et Tebenquiche. La première, concentrée en sel, pour déjouer les lois de la pesanteur.

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Nicolas et moi, nous serons les seuls courageux de la bande à rentrer dans cette eau fraiche et salée (Faut dire que Max n’est pas un vrai breton Wink. Nico en plongeant. Moi, cm par cm.

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Nos corps flottent, pourtant la sensation n’est pas si étonnante que cela Frown. La seconde, pour profiter tout simplement de la vue, faire du vélo, jouer aux cartes, se prendre la tête sur des discussions hautement philosophiques (comme l’éducation et la religion), … bref, disfruter comme on dit ici.

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Nous quittons ce paradis où le temps ne semble pas s’écouler pour revenir à San Pedro de Atacama. Nous manquons d’eau et accessoirement nous sommes en plein désert …

Renseignements pris dans les agences de tourisme, nous ne pouvons toujours pas aller dans le Sud Lipez. Le Paso de Jama est toujours fermé. Bon. Les Manohé en profitent pour aller observer à leur tour les étoiles avec Alain Maury. Nous, nous rentrons à notre QG pour une bonne nuit de sommeil. Enfin. Que nous croyons. A 1 heure du mat, on entend frapper. C’est Max. Hari est en panne en plein milieu du chemin à quelques mètres de là. Plus de jus. Alors, Caracol, de toute sa bravoure, tracte le célèbre Hari à 2h du mat. Et puis tout le monde au dodo. Pour ce qui est de la panne, on verra demain.

Au petit matin, Nicolas diagnostiquera une panne de l’alternateur. Qu’il est fort, mon Nicolas. Il est en de bonnes voies pour passer son CAP Mécanique ! Le Sud Lipez s’éloigne encore un peu plus. Que cela ne tienne ! Nous profiterons plus des autres sites qui nous attendent sur le chemin. Nous programmons de nous rendre en Argentine avec les Manohé (eux, s’arrêteront à Salta pour faire définitivement réparer leur alternateur. Nous, nous filerons ver Iguaçu). Enfin, si on peut quitter San Pedro un jour…

Le même jour, nous apprenons qu’Olivier, qui doit partir bientôt avec sa petite famille pour un an en Amérique du Sud, vient de se faire fracturer son camping-car au Havre à deux jours d’embarquer. Un vrai désastre. Olivier, on pense fort à vous.

Nous patientons encore trois jours entre réparation de la panne des Manohé et réouverture du Paso de Jama.  Tous dans Caracol, nous revenons visiter la Vallée de la Lune. Les enfants sont enchantés de revenir dans la fameuse grotte avec les lampes torche.

Et enfin, … un beau jour (ou peut-être une nuit ! Non, ça c’est pour la chansonnette ;-), l’alternateur d’Hari est réparé et le Paso réouvre, alors feu, c’est parti ! On est sur les starting-blocks. Pour fêter ça, papa et maman, nous ouvrons une conserve de cèpes ! Un silence religieux régna pendant sa dégustation. Merci !

Ceci dit, on s’est enflammé trop tôt. Le Paso a réouvert, oui, mais, ils ne laissent passer les voitures et camions qu’en convoi et de 5h30 à 9h le matin. Bon ce sera pour demain. On patiente encore. Un dernier coucher de soleil sur le désert d’Atacama et on se met dans la file d’attente des voitures à 19h pour être prêts le lendemain. Devant nous, un camion. Il recule, ne nous voit pas et vlan ! Le capot et le bas de caisse de Caracol est amoché. Rien de grave, juste un peu de tôle froissée, mais de quoi pourrir notre humeur Yell.

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On se gare sur le côté, on attend les Manohé partis faire le plein d’eau. Max arrive. Et nous dit : « Excusez-nous pour le retard, on a eu un accident ! ». Je rigole. Je crois à une blague. Mais non, dans la même heure, dans le même village à deux rues, nous nous sommes faits accrochés les deux camping-cars ! Pour eux, les dégâts sont un peu plus embêtants : un angle d’une vitre cassée et la grille d’aérateur du frigo arrachée.  Nico et Max se mettent aux réparations. Un coup de Cicaflex, de couvre-livres et hop, la réparation est faîte. Quand je vous dis qu’ils vont finir comme MacGiver ces deux-là…

Journée pourrie le lendemain. Un convoi est bien parti du Chili vers l’Argentine mais de 5h à 8h. Et les douaniers arrivent à … 8h ! Donc personne n’a pu faire les papiers. La tension monte dans les files de bus, camions, voitures qui veulent partir en Argentine.  On nous dit de revenir demain. Manana. Manana.

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Nous passons, en plus, par la case urgence : Titouan a une inflammation du nerf sur une de ses molaires. Décidemment, on n’a pas de chance avec les dents ! Les Manohé, décident finalement de remonter par le nord Chili pour rejoindre la Bolivie. Nos routes se séparent donc pour se revoir plus tard peut-être.

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De notre côté, nous patientons encore. Pas glamour du tout le bivouac, entre les camions et les bus. Elle va bien finir par fondre un jour cette glace ! Heureusement, c'est aujourd'hui la fête du village et nous assistons à des processions colorées.

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Le prochain récit se passera donc en Argentine. Enfin, si on arrive à passer de l’autre côté et à survivre aux congères de 4 m de haut, à la neige et la glace qui nous attendent là-haut.


On a survécu ! C'est donc en convoi, encadré par les carabineros, que nous avons quitté le Chili.

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Ce pays, qui nous a époustoufflé pour ses paysages grandioses (je pense au Parc Torres del Paine, au Parc Conguillio, à la carretera australe, à Valparaiso, à San Pedro de Atacama...), sa facilité à vivre et surtout qui nous a permis de faire une très très belle rencontre. Alors, que le vaya bien, Chile !

CinéCaracol

Et maintenant, voici le CinéCaracol. Il est un peu plus long que d'habitude, mais c'est pour le plaisir des yeux...

 

Le trajet

 

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Voyage terminé,

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Les pas du Consul

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RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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