Une incroyable rencontre

Du 15 avril au 1er mai 2011

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Nous débutons notre troisième escapade au Chili par le Parc National Conguillio, qui abrite le volcan le plus actif du Chili. Il sommeille en ce moment. Nous sommes tranquilles ! Enfin, presque … pour ma part. Et s’il se réveillait subitement, sans prévenir ? Nicolas aura beau me rassurer sur les nombreux systèmes d’alarme, dormir au pied d’un volcan m’entraine quelques sentiments d’insécurité.


Il faut dire qu’il est gratiné celui-là. Il compte à son actif 50 éruptions depuis 1640 dont 3 ces trois dernières années : la plus violente fut celle du 1er janvier 2008 où la Conaf (les Eaux et forêts chiliennes) a été obligée de secourir les 300 personnes présentes dans le parc et de les héberger pendant 24 heures dans leur centre d’information protégé de la lave ! Et vous vous faisiez quoi le 1er janvier 2008 ? Puis une autre éruption a eu lieu en avril 2009 et enfin une dernière, il y a 9 mois en juillet 2010.

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Le parc est une splendeur. Le magma gris-brun qui s’est accumulé au fil des années a donné naissance à un somptueux paysage lunaire.

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Les nombreuses coulées de lave sont pour nous l’occasion de faire un cours de sciences naturelles. Nicolas, prenant son rôle très à cœur, illustrations à l’appui, nous dévoilera tout ce qu’on doit savoir sur les volcans et … pour la prime,  les plissements de terrain et les tremblements de terre.

Le parc, là où la lave n’a pas tout détruit, est truffé d’araucarias et de coigüe (hêtres du Chili). Nous y ferons trois belles randonnées dont une de 400 mètres de dénivelé durant laquelle notre petit globetrotteur monte comme un chef. Même pas besoin des épaules de papa ! Et pourtant, parole de maman, ça monte !

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Y’en a un autre qui monte comme un chef, c’est notre Caracol adoré. Le parc n’est pas facile à traverser. La route monte sévèrement à certains endroits et le chemin est escarpé. Pourtant, la 1ère en main, Nicolas lui fait faire des prouesses. Et dans ces moments-là, nous nous félicitons d’avoir pris ce moteur de camion. Le garde est même étonné de nous trouver de l’autre côté !

Au bout de trois jours, nous décidons de quitter le secteur. Sur la panam, l’autoroute qui traverse le pays du nord au sud, il est fréquent de rencontrer des gens à pied, des gauchos sur leurs chevaux et … des chariots tirés par des bœufs ! Mais où est l’autoroute ? Nous nous arrêtons en chemin à la cascade Salto de Laja. Nous en repartons vite. Elle est sans intérêt. La cascade du Lys (les luchonais reconnaitront) n’a rien à lui envier !

Notre prochain objectif, l’océan pacifique : nous nous arrêtons deux jours au petit village de Buchupureo. Petit village agricole, la vie y coule tranquillement contrairement au rythme effréné des vagues du pacifique qui viennent se casser sur le rivage.

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L’odeur des eucalyptus nous chatouille les narines. Les pêcheurs du village nous découvriront au petit matin sur la plage. L’occasion de taper la causette en sortant du filet les sardines. L’esprit de l’équipage caracolesque est à la glandouille. Nous confectionnons des beaux œufs et cloches de Pâques pour décorer notre Caracol.

En apercevant les Andes depuis la côte pacifique, nous constatons que le Chili est un pays étroit : seulement 400 km de large ! Nous roulons vers la vallée de Maule.

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Sur les bords de route, des vendeurs ambulants vendent des fruits et légumes. L’occasion pour nous de goûter d’excellentes fraises et des figues de barbarie. Arrivés à Talca, ville énormément touchée par le tremblement de terre de l’an passé (8,5 sur l’échelle de Richter !), nous nous mettons, en bons français, à la recherche du musée de la route du vin : il est écroulé. Mathias, un jeune étudiant s’arrête à notre hauteur pour nous renseigner. Nous lui expliquons que nous cherchons une cave à visiter : il nous en indique une. Mais elle est en travaux suite au terremoto (tremblement de terre). Direction la station service COPEC de désespoir…

Nous trouvons notre bonheur 100 km plus au nord, dans la vallée de Colchagua, où nous ferons une dégustation des sept vins du vignoble Viu Manent pendant que les enfants s’amusent dans le bac à sable. Ils ont tout prévu !

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Le cadre est paradisiaque. Là aussi, nous constatons que le terremoto ne les a pas épargné. Le bâtiment principal, en adobe (en terre), s’est écroulé. Le parking est abrité du soleil par des vignes dont les grappes de raisin sont à la portée de tous. Nous nous ferons une ventrée !

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En fin de journée, nous ferons une escapade à Lolol, village aux maisons coloniales bordées de longues arcades soutenues par des colonnes de bois et aux terrasses joliment fleuries.

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Le terremoto a fait ici beaucoup de dégâts ! Les maisons en adobe n’ont pas résisté. C’est triste.

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Nous y visitons un musée très intéressant sur les cultures et l’art chilien. En discutant avec les habitants, on apprend que même s’il y a eu de gros dégâts dans la ville, il n’y a eu que peu de morts. En fait, le tsunami résultant du terremoto a été beaucoup plus meurtrier.

Notre pneu arrière gauche se dégonfle à vue d’œil. Aïe ! D’autant plus qu’il s’agit d’un pneu neuf … A Santa Cruz, nous le faisons réparer et en profitons pour faire une vidange. Tout cela expédié en 1 heure 30. Parfait. Nous reprenons la route.

A Isla Negra, les vagues du Pacifique ne font pas semblant de se fracasser sur le rivage. Le spectacle est enchanteur. Nous ne nous lassons pas de les regarder.

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C’est ici que Pablo Neruda a fait construire une de ces maisons (il en a d’autres à Valparaiso et Santiago) sur un promontoire rocheux face au Pacifique. Transformée en musée, nous la visitons. Une merveille. Collectionneur, Pablo Neruda y a amassé tous types d’objets, dont des figures de proue, dont une a appartenu à un des navires du célèbre pirate Francis Drake…

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Garé dans une rue calme, face au pacifique, après le déjeuner, l’heure est aux négociations. Nous nous demandons si, après avoir visité Valparaiso (notre prochaine destination) nous remontons bien au Nord pour aller admirer les étoiles à La Serena (où se trouvent de nombreux observatoires) ou si nous coupons à l’est vers l’Argentine (et vers le parc Aconcagua). Nous ne sommes pas du même avis. Et, là, alors que nous discutons Undecided, un camping-car chilien s’arrête à notre hauteur (il faut dire qu’on en voit très très peu). Il s’agit de Félix (un chilien d’origine française), sa femme Monica et leurs enfants Martin (7ans) et Manuel (3ans) qui viennent de Santiago fêter Pâques sur leur terrain situé au bord du Pacifique, à quelques mètres de là. Félix parle couramment français. Ils nous invitent à les rejoindre. La probabilité pour que nous rencontrions une famille chilienne dont les enfants ont le même âge que les nôtres, qui parle français et qui ont un camping-car … était minime, mais, c’est là la magie du voyage !

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Les enfants jouent ensemble, de discussions en discussions, l’après-midi se déroule et nous passons la soirée ensemble autour d’un excellent barbecue. Il s’avère que Félix est directeur et propriétaire d’une école FRANCAISE à Santiago ! Son grand-père de Saint-Jean de Luz est venu au Chili au début du siècle ; sa mère y a créé cette école privée (La Girouette). Nous réalisons notre chance. Autour du barbecue, Félix nous sortira son accordéon et nous jouera des airs de Piaf qui nous pousseront à improviser une valse (et vous connaissez les talents de Nicolas pour la danse … Laughing) alors que les étoiles scintillent dans le ciel et que les vagues s’abattent sur le rivage …

Le lendemain matin, samedi, un concert privé est organisé pour les gens du « lotissement » sur la place où nous avons parqué Caracol avec l’autorisation de Félix. Il s’agit d’une chorale chilienne de Valparaiso qui interprète les textes de poètes chiliens comme Neruda et espagnol (Garcia Lorca). Le CineCaracol vous en dévoilera un extrait. Entendre chanter du Pablo Neruda sur cette côte pacifique dont il est originaire est pour nous tout simplement surréaliste. Nous sommes émus au plus profond de nous même de cet accueil et de ce cadeau.

A deux heures, Félix nous convie encore à sa table. Son beau-père est là et a ramené des victuailles de Santiago.

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Nous passons l’après-midi à converser sous le soleil et le vent frais, distraits par les vols des pélicanse. Sur la plage, Estéban, Titouan, Manuel et Martin seront invités à jouer au jeu du massacre improvisé par un papi, avec des bouteilles d’eau en plastique et des cailloux, pour occuper ses petits-enfants.  Trop content de parler le français appris alors qu’il était écolier, cet adorable abuelo symbolisera pour nous toute l’amabilité que nous avons rencontrée chez ce peuple chilien, fier et prévenant envers les étrangers.

Dimanche, nous fêtons la traditionnelle fête de Pâques avec Félix et Monica, nos enfants partageant leurs œufs en chocolats.

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Nous nous sentons à l’aise avec eux. Ce long week-end passé ensemble sera plein de générosité. Je suis bouleversée d’autant de gentillesse. La voilà notre rencontre. Une VRAIE rencontre comme je l’espérais. Plus qu’un moment d’échange d’une heure ou deux, un moment qui ne laisse pas un goût d’inachevé (sans rien enlever aux autres nombreuses personnes que nous avons vues jusque-là, bien sûr).  D’autant plus que Félix nous propose de prolonger et nous invite chez lui sur Santiago, où il nous réserve plusieurs surprises. Mais je ne vous en dis pas plus… suspense !

Nous voilà départagés. Ce sera ni le nord (La Serena) ni un direct vers l’Argentine, mais un arrêt à Santiago. Ca a du bon les disputes, parfois !

Mais avant cela, Valparaiso et ses maisons de tôles ondulées colorées.

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Loin d’être paradisiaque, notre bivouac est le parking d’un restaurant et syndicat de pêcheur dans le quartier du port. Autant dire que c’est bruyant et que l’environnement flaire bon le poisson. ;-) Cependant, nous ne sommes pas mal situés, les collectivos (petits bus taxis) nous amènent au cœur de la ville en un rien de temps. A la grande joie des enfants, nous empruntons les funiculaires qui nous montent sur les hauteurs de la ville pour admirer le panorama.

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Certains sont antiques, voire antédiluviens (1883 pour l’un : il fonctionnait à l’origine à la vapeur). Nicolas et moi sommes enchantés par l’architecture et les couleurs de la ville.

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Les garçons préfèreront de loin observer les bateaux de la marine chilienne … Nos enfants, bien que globetrotteurs, n’en restent pas moins des enfants ! Titouan se réveillera pourtant un matin émerveillé par le lever du soleil sur la frégate ancrée dans le port … (y’a de l’espoir). Il faut les prier bien souvent pour qu’ils dessinent les paysages vus dans la journée et pas la voiture de Sébastien Loeb ou un camion Mack croisé sur la route Yell. Maxime et Alexis, Titouan s’astreint tout de même à compléter chaque jour votre petit carnet.

Nous quittons Valparaiso un jour plus tôt que prévu. Nous ne nous sentons pas à notre place.  Les regards des pêcheurs, qui logent dans des box autour du parking, ne sont pas emplis de sympathie.

A Santiago, Félix nous a proposé de nous garer dans sa rue. Nicolas, un peu stressé par la conduite en ville avec notre gros Caracol, s’en sort comme un chef grâce aux bonnes explications de Félix et nous traversons tout Santiago via son artère principale, la Alameda, ce qui nous donne un premier aperçu de cette jolie ville, qui nous semble facile à vivre.

Ce soir, c’est fête. Nous sommes invités à l’anniversaire de Félix (il fête ses 55 ans). Toute la famille est réunie autour de lui … et nous sommes honorés d’être conviés. Nous sortons nos plus beaux habits (nous devons tirer dessus pour un peu les défroisser Wink et ça ne sert pas à grand chose !). Les parents, frères et sœurs de Félix & Monica sont là. Intimidés devant tant de monde et en même temps enchantés, nous n’aurons aucun mal à nous faire comprendre. Ils parlent quasiment tous français. Quelle richesse ! La mère de Félix est également présente. C’est une femme étonnante qui inspire le respect ; elle a créé sa propre école française au Chili, il y a 50 ans, dans un pays où le machisme était alors important et cette école est maintenant une des cinq meilleures écoles du Chili ! Nous passons une soirée délicieuse. Le repas et le vin sont excellents. Merci encore Félix et Monica !

Le lendemain, nous partons tous les quatre découvrir la capitale chilienne. Nous faisons une visite intéressante du centre ville

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et du cerro Santa Lucia.

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Entourée de montagnes, Santiago a l’air d’être une ville agréable à vivre. Il y a beaucoup de parcs et d’arbres. Nous apprenons que les TROPETO sont également en ville. Nous nous retrouvons deux heures de temps, histoire d’échanger nos impressions respectives sur les quinze derniers jours parcourus. Ca fait vraiment plaisir de revoir des visages connus. A bientôt les z’amis !

Vendredi, Félix nous fait le plaisir de nous inviter à visiter « La Girouette », qui va de la petite section de maternelle à la terminale.

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Après la visite de cette superbe école, où les équipements et les services sont d’une qualité exceptionnelle (il y a même un cabinet dentaire dans l’école !), il nous propose d’intervenir pour raconter notre voyage aux deux classes de terminale. Nous sommes enchantés. Nicolas a préparé un « power point » digne d’un prof habitué à faire ce genre d’intervention et les adolescents, très curieux, nous posent beaucoup de questions pertinentes … en français. Toutes les « adottes » sont sous le charme d’Estéban ! S’en suivra une visite de Caracol cadencée par le chrono de Félix (3 en même temps et pas plus de 2 minutes).

Mais ce n’est pas tout ! A deux heures, nos adorables hôtes nous attendent pour nous faire goûter les plats typiques du Chili. Ce sera la farandole des saveurs : nous débutons par le Pisco Sour (apéritif à base d’eau de vie, jus de citron, sucre et blanc d’œufs), le ceviche (plat péruvien à base de poisson mariné dans du citron, d’oignon rouge et de coriandre), la casuela (sorte de pot-au-feu au maïs) et enfin, en dessert le mote con huesillos (blé au jus sucré mélangé à des pêches réhydratées). Humm, que rico !

Repus, l’après-midi s’écoule sans que nous nous en rendions compte autour de la table. A la tombée de la nuit, ils nous amènent sur les hauteurs de Santiago pour admirer la vue panoramique sur la ville et faire un tour de luge sur piste !

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Et rebelote, la soirée se termine tard autour de bons fromages et d’excellents vins.

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Dans cette belle ambiance, nous oublions que c’est notre cinquième anniversaire de mariage ! C’est toi, ma chère Karine, qui nous le rappellera. Mais comme dit Félix, « on l’aura quand même bien fêté ! ». Notre départ est prévu pour le lendemain mais les cœurs sont lourds et nous n’arrivons pas à nous quitter. Alors, Félix nous improvise une dernière journée au cajon del maipo (canyon aux couleurs rouges et destination préférée des Santiaguinos le week-end). Une dernière journée où nous nous disons tout le bonheur d’avoir partagé ces sept jours ensemble. Ils nous disent être des gens exceptionnels pour pouvoir réalisé ce genre de voyage ; ce sont, pour sûr, des êtres merveilleux pour nous accueillir avec autant de générosité et d'hospitalité.

Dimanche matin, ce sont donc des « au revoir » chargés d’émotions que nous leur faisons. Le rendez-vous est pris dans nos Pyrénées à notre retour en 2012. Heureusement, la route qui nous amène au parc de l’Aconcagua en Argentine est magnifique. Il fallait bien cela pour nous consoler.

A bientôt pour de nouvelles aventures ! Et pour le CinéCaracol, c'est dessous.

CinéCaracol

Et un bonus : 


Et pendant ce temps là, du côté des enfants ...

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi depuis Villa Pehuenia.

 

Le trajet

 

googlemapsExemple

Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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