Bouquet Final !

Du 11 au 28 juillet 2012

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Un dernier récit. L’ultime. Celui qui mettra un point final à cette aventure, qu’a été la nôtre pendant cette année et demie, à la fois si vite écoulée et si chèrement vécue. Un article écrit à quatre mains, main dans la main. Vous verrez dans ce « dernier morceau » que le Canada nous gâte en retrouvailles pour finir tranquillement, posément et sereinement (enfin … c’est pour la rime) dans les petits ports de pêche de Nouvelle Ecosse.

Et de une retrouvaille !

En ce 11 juillet, nous quittons Ottawa pour nous rendre dans la petite bourgade de Saint-Lazare au sud de Montréal. Mais quelle est donc la curiosité de Saint-Lazare, me direz-vous ? Elle détient en son sein deux perles rares que sont Françoise et Alain. Pour les resituer, nous les avions rencontrés en mars 2011 sur la péninsule de Valdès en Argentine alors que nous en étions à nos balbutiements caracolesques. Eux, étaient à la moitié de leur voyage (mi-moto, mi-voiture). Nous avions sympathisé quelques heures en tentant d’apercevoir les orques qui se faisaient discrets. Depuis, nous avons très régulièrement reçus de leurs nouvelles, de beaux encouragements et de nombreuses invitations à venir les voir si nous nous rendions au Québec. Chose faite. Nous avons été reçu en toute simplicité comme si nous nous étions quittés hier et connus depuis toujours.

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La soirée est douce. Les enfants s’amusent dans la piscine et avec les anciens jouets de leurs deux grands garçons. Nous, nous papotons voyage, anciens et nouveaux projets, vie au Québec. La vie nous paraît belle au Québec (peut-être encore plus belle à Vancouver ou sur son île … ;-), de quoi titiller notre sensibilité à venir émigrer …

Le lendemain, après une bonne nuit dans leur jardin et un petit déj gargantuesque préparé par Françoise, nous les quittons à regrets, émus par tant d’hospitalité.

Nous traversons Montréal en faisant un arrêt éclair au Mont Royal, LE parc de la ville, plus par valeur symbolique (c’est notre troisième venue dans cette ville) que par volonté de visite.

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Nous traversons le quartier bourgeois-bohème du plateau.

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Et de deux !

Puis direction Drummondville. Qu’il y a-t-il à Drummondville, me direz-vous, de nouveau ? La famille Labbé, rencontrée au Costa Rica dans le Parc Manuel Antonio … Eux, également, nous avaient chaleureusement invité à passer les voir. Les québécois ne seraient-ils pas les gens les plus accueillants d’Amérique ?????

Marc et Isabelle nous reçoivent également selon le principe qu’on aime : « mi casa es su casa ». Estéban et Titouan ont vite pigé la chose, filant avec leurs quatre enfants (Emile, Julien, Henri et Victor) dans leurs chambres. Ce qui nous laisse le temps à nous les grands pour papoter des disparités Canada/Québec, des traditions québécoises et tomber quelques bonnes bouteilles de la cave de Marc ;-) dont, Messieurs Mesdames, ... du Jurançon Château Jolys ! Autrement dit, on se sent « à la maison ».

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« Quand ça capote, ça capote ! », comme dirait Marc. Quelques mois, un an, dix ans après, le sentiment d’être unis… Marc veut même faire mourir plus vite la veuve d’à côté pour nous installer dans sa maison ;-).

La soirée se termine très très tard … et le petit dèj pris ensemble est très très tôt chez les Labbé (4 enfants à s’occuper, une journée au boulot, y'a de quoi ne pas flemmarder !). Alors, un café, un croissant au sirop d’érable et la journée peut commencer. Nous leur disons au revoir et les regardons partir, Caracol garé devant leur garage.

C’est incroyable ces rencontres ; ce suc qui donne au voyage une saveur unique.

Nous repartons, là aussi, le cœur lourd vers la ville de Québec.

Et de trois !

Québec accueille en cette mi-juillet un festival : beaucoup d’animations, de spectacles, de concerts sont donnés dans la ville. Nous la connaissions sous la neige, le Saint-Laurent gelé. Le paysage est différent en été et tout aussi beau. Nous posons comme tout touriste devant le chateau Frontenac, l'emblème de la ville.

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Nous enchaînons une troisième soirée festive puisque le Cirque du Soleil donne un spectacle gratuit en ville et c’est notre lieu de retrouvailles avec Claude et Alain, les fameux Exploracy. Ensemble, nous assistons à cet incroyable spectacle et acrobaties de ces artistes du monde entier. Nous sommes subjugués par leurs prouesses et la féérie qui se dégage du spectacle.

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Le lendemain, nous déambulons dans Québec sous un soleil et une chaleur de plomb. Estéban et Titouan sont heureux de profiter de ces papi et mamie de substitution avant de pouvoir serrer les leurs dans leurs bras.

La transat Québec/Saint-Malo se prépare sur les quais. Nous observons les bateaux et équipages. Claude et moi, on partirait bien avec un ou deux skippers français … ;-).

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Les jeux d’eau de la ville refroidissent petits et grands.

S’en suit une bonne soirée avec la fraicheur retrouvée.

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Nous quittons les Exploracy et le Québec pour le New Brunswick. L’agitation retombe, les amis sont loin et nous ne savons où aller ...

Le temps long de l’avant retour

Le temps est brumeux ce matin dans le parc national Fundy, ce bout de terre acadienne au petit air breton. La pression des dernières retrouvailles retombe. Nous sommes de nouveau en famille, entre nous. Et le temps semble calquer son air maussade sur notre état d’esprit.

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Curieuse impression que celle de l’attente du retour. Notre bateau est dans 9 jours, nous sommes à 372 km d’Halifax, c’est à dire rien ! Maints chemins pourraient y rendre, de la ligne quasi droite à celle louvoyant à travers le New Brunswick, l’Ile du Prince Edouard ou tout simplement la Nouvelle Ecosse. Mais l’envie semble émoussée. La lassitude nous guetterait-elle ? Non, bien sûr. Mais le tic-tac de l’horloge est bien là et nous sommes comme dans un demi-monde. Envie de continuer, pressés de prendre l’avion. Nous venons tout de même de parcourir 5200 km depuis que nous avons quitté les Rocheuses Canadiennes, égrainant au fil du bitume des bouts de voyage, des brumes de souvenirs, des soupçons d’idées nouvelles.

Le ciel est couvert, bas et agréable après les journées de chaleur que nous venons de traverser. Nous sommes au bord de l’Atlantique que nous avions quitté depuis plus d’un an maintenant ; c’était en Argentine et c’était il y a un siècle. Et cette France que nous avons quittée, c’était hier. Les souvenirs sont trompeurs.

Un peu de bricolage, un peu de rangement, un peu de rien. Qu’allons nous mettre dans nos sacs ? Les enfants jouent dehors, mais tout comme nous, c’est sans conviction. Ce n’est pas que nous sommes déprimés à l’idée de rentrer, au contraire. Ce n’est pas les possibilités de découvrir, de se balader qui manquent, au contraire. Ce n’est pas que les plages sauvages, plus peuplées de délicieux homards que de bronzeurs, ne nous inspirent pas, au contraire. Ce n’est pas.

Nous sommes comme dans un Pot aux Noirs, entre deux eaux, à la dérive, attendant le vent qui nous relancera qui nous fera avancer de quelques kilomètres. Lascifs. Encalminés. Pensant à la logistique qui nous attend, la remise en route de la vie de sédentaire qui nous semble actuellement bien plus complexe que celle de nomade. Quitter nos 12 m2 pour une maison avec l’eau courante et l’électricité à volonté. Vendre Caracol. Trouver une voiture (beurk). Digérer nos souvenirs, nos impressions, notre voyage. S’abonner à mille choses. Inscrire les enfants à l’école. Retrouver du boulot ou le réintégrer. Se re-lier le fil à la patte. Qu’importe, nous savons désormais qu’il est facile à délier.

Nous ne sommes pas dans l’angoisse du Retour. Ce Retour tant évoqué dans les veillées entre voyageurs, sorte de Big Foot ou d’Atlantide, vague possibilité, vague atterrissage, pourtant inévitable, nous y sommes préparés (autant que faire se peut !). Nous savons qu’il peut être un piège. Ne pas sombrer dans la facilité du laisser-aller. Ne pas s’apitoyer, s’apitoyer sur quoi d’ailleurs ? Sur les dix-huit mois fabuleux que nous venons de vivre ? Quelle indécence ! Non ! Nous fonctionnons au projet … et des projets, ça tombe bien, on en a plein dans nos escarcelles. Et si nous sommes convaincus d’une chose avec ce vaste chantier qu’était ce voyage, c’est que peu de chose sont impossibles, tant pour les petits projets que pour les grands.

C’est d’ailleurs peut-être cela qui nous maintient dans cet état là. La zone floue où un projet se termine quand un autre n’est pas encore lancé, comme le vent qui refuse entre deux zones de turbulences, comme ce no man’s land entre deux frontières. Et les frontières, depuis 18 mois, on les connaît ! Alors, finissons en douceur celui-là, et en route pour le suivant !

Dans le New Brunswick, le parc national Fundy nous offre donc sa brume,

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la ville de Hartland son pont couvert (tel Clint et Meryl, nous posons),

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le Cap Enragé son phare,

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Hopewell ses rochers et ses marées

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et le village de Parlee sa plage et son camping bondés.

Dans cette ambiance brumeuse, nous faisons deux erreurs connues pour être celles des débutants : Nico part en laissant ouvert une fenêtre de capucine, qui s'arrache en roulant, nous passant devant en volant... Puis après un plein d'eau, part en laissant le bouchon d'eau à côté du robinet ... Il va falloir se calmer, non mais !

Un petit air de Bretagne

La Nouvelle Ecosse nous transporte chez papi dans le Golfe du Morbihan et nous redonne un coup d’élan avant l’assaut final. Lunenburg, petit port inscrit à l’Unesco, nous ravit et notre bivouac trouvé en bout de pointe rocheuse, comble notre ultime soif de liberté.

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Les garçons se font une visite du chouette musée de la pêche pendant que je "magasine".

Puis, nous nous rendons dans ce qui sera notre dernier arrêt détente avant le Grand Rangement : Peggy’s Cove, son joli phare et ses gros rochers.

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Les trois jours suivants, nous nous étalons dans un camping à la périphérie d’Halifax, histoire de faire le tri de nos affaires (et avec nos chipmunks de garnements, je peux vous assurer que ce n’est pas une mince affaire ! Cailloux d’Argentine et d’ailleurs, bois du Chili, coquillages du Costa Rica, cordelettes du Mexique, … ils ont emporté avec eux dans leur bannette un peu de chaque pays visité), de donner à notre escargot une allure un peu présentable et de préparer nos sacs de voyage. Nos voisins de camping, Paddie et Steve, nous invitent gentillement au feu de camp et nous passons de bons moments à discuter.

Nous devons déposer Caracol le 26 juillet au port d’Halifax (son arrivée en Belgique est prévue pour le 13 Août). Quant à nous nous, nous envolons avec Condor, la compagnie "née pour voler" ;-), le 28 juillet pour attérir le 29 à Toulouse-Blagnac, terre patrie.

Alors, les jours se succèdent et se ressemblent : c’est le gros bordel dans Caracol, les gamins sont bien sûr infects et ne peuvent s’occuper seuls (sans doute leur manière à eux de marquer cette fin d'épopée ...), nous sommes peu disponibles pour eux, ni pour le rangement d’ailleurs, la tête loin loin dans les recoins de ces 18 mois écoulés.  Finalement, le 25 au soir tout est bouclé et les poubelles du camping sont bondées de nos résidus.

Caracol est au port et naviguera bientôt sur les eaux de l'Atlantique pour la seconde fois et nous, nous sommes à Halifax pour la première. De la ville, nous ne verrons pas grand chose (et le peu qu'on en verra ne nous enchante pas). Nous restons dans notre chambre d'hôtel à nous chouchouter et profitons de ses installations (piscine, sauna, jaccusi, salle de gym, aire de jeux, skate parc ... l'hôtel est un peu trop luxueux pour nous). L'heure est aussi au bilan de ce périple, de cette parenthèse, à se féliciter d'y être arrivé, d'avoir surmonté les mauvais moments coude à coude comme d'avoir vécu si intensément les bons. Nous vivons ces trois jours comme une zone tampon, une sorte de cocooning avant l'arène que sera le retour à "l'autre vie" et surtout aux retrouvailles que nous attendons avec impatience.


Aéroport d'Halifax, samedi 28 juillet 2012

Ca y est. La boucle est bouclée. Le 28 janvier 2011, il y a 18 mois, jour pour jour, nous nous envolions de Paris Charles de Gaulle pour rejoindre Buenos Aires en Argentine et débuter nos caracolades, avec envie et excitation à l'idée de ce que nous allions y découvrir. L'expérience fut riche, intense, éprouvante, belle et captivante, et c'est sûr, nous revenons définitivement différents.

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Bye, Bye à tous (familles, amis, voyageurs et inconnus) ! ... Merci de nous avoir suivi, merci pour vos encouragements, vos nombreux mails et messages : à chaque fois, ce fut du pur plaisir de vous lire.

C’est maintenant le temps des retrouvailles, des bons repas, des récits … (Notre foie va souffrir ; nous allons essayer de ne pas accumuler 5 kilos en abus de fromages, pains, charcuteries, vins et autres gourmandises …).

On se donne un peu de temps pour "digérer" et on vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour un petit bilan.

On va atterrir en douceur ... je crois qu’il va nous falloir un certain temps. 

CinéCaracol

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi sur cette dernière portion de route.

 

Le trajet

 

googlemapsExemple

Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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