Be Bear (or Beer) Aware

Du 20 juin au 11 juillet 2012

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Pour nous autres français, qu’on sait doués pour l’apprentissage des langues en général, et encore plus pour leurs prononciations, deux mots anglais pourraient presque être des homonymes : bear, et beer, qui, les plus anglophiles d’entre vous l’auront sans peine compris, signifient respectivement « ours »  et « bière ». Apriori pourtant, ces deux mots ne devraient pas s’entrecroiser pour créer la confusion. Pourtant, ils se sont souvent côtoyés au cours de notre séjour dans les Rocheuses canadiennes.

Waterton et premiers pas canadiens

Chassés par la pluie, nous quittons les USA pour le Canada (en même temps, il ne nous restait que 2 jours sur le visa). Ce passage de frontière, pour qui s’est frotté aux douanes d’Amérique centrale, ou des Etats-Unis tout simplement, a un petit goût d’irréel. L’accueil est tout doux, les passagers ne descendent même pas du véhicule (les garçons n’ont toujours pas compris pourquoi), le tout est réglé avec le sourire en moins de 2 minutes. Un autre monde je vous dis !

Nous nous dirigeons vers le parc national Waterton, pendant canadien du Glacier NP américain. C’est un grand lac glaciaire qui nous accueille, entouré des montagnes découpées.

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Tout le monde est ravi d’être au Canada, ne serait-ce que pour la joie de retrouver des panneaux explicatifs en français !

Nous profitons du beau temps (enfin, tout est relatif) pour randonner. Notre première rando nous amène à un belvédère offrant un panorama exceptionnel sur le lac. La pente est raide mais la vue le mérite et les enfants galopent tout content de sortir de Caracol après 3 jours de pluie !

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Au sommet, un vent à décorner les bœufs !

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Le lac Cameron est toujours en partie gelé. Pas étonnant, un microclimat y règne et y fait tomber 6 mètres de neige en moyenne l’hiver et le double de pluie qu’au village voisin de Waterton. Fuyons !

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La montée jusqu’au Crandell Lake se fait au milieu d’une forêt … humide, et de fleurs sauvages, avec de temps en temps une vue dégagée sur les montagnes.

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Comme toujours dans les parcs nord-américains, la faune est très présente. Parmi celle-ci, nous avons la chance d’observer une famille de renard roux. Nous assistons à une belle scène. Le père revient avec un beau gigot (enfin plutôt un morceau de barbaque indéfinissable) dans la bouche. Un des renardeaux le voyant dévale la pente à sa rencontre, s’empare du morceau de viande, et le ramène à la tanière fier comme Artaban !

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L’autre route 40

Nous reprenons la route en direction de Banff. A peine avons nous fait quelques kilomètres qu’un ours noir nous traverse la route sous le nez. C’est l’effervescence dans Caracol ! Si en plus les ours sont hors des parcs, où allons nous ?

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La route qui suit est verte et monotone. Nous montons plein nord. Alors que nous recherchons un bivouac, nous peinons à le trouver : tout est privé autour de nous. Pas de lieux « nature » publics tels que les National Forest ou les BLM comme aux US. Que des barrières et des « no trepassing » ou un ou deux parcs provinciaux aux campings hors de prix. L’Alberta serait-il plus capitaliste que les US ? On finit par se poser après deux heures de recherche dans le camping d’un parc provincial où nous sommes presque seuls. Nous remarquons que le couple de retraités voisin n’a pas payé sa nuit (moi qui croyait que seuls les français ne respectaient pas les règles). Nous faisons de même. Nah !

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Notre recherche de bivouac nous a écarté de la route principale pour nous amener sur une petite route de montagne parallèle. : la route 40. La surprise est de taille. La route serpente au ras des montagnes, où le blanc de la neige et le calcaire de la roche s’entremêlent pour former une toile de Maître, le vert des forêts et le bleu du ciel offrant un cadre parfait. La route a ouvert depuis une petite semaine et nous sommes seuls à en fouler l’asphalte. Les « ohhhhh » et les « ahhhh » de l’équipage valent tous les discours.

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Nous ne tardons pas à découvrir en cette route une matriochka. Telle une poupée russe, elle se dévoile étape par étape, offrant surprise après surprise. Ainsi, alors que nous avons vainement cherché des Bighorn Sheeps (mouflon très rependu en Amérique du Nord) tout le long des Etats-Unis, le premier s’offre à notre vue au détour d’un virage. Et pas farouche le bougre en plus ! Nous l’observons à loisir, les enfants excités par cette nouvelle rencontre poilue.

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Et cerise sur le gâteau, plus loin ce sera tout un troupeau que nous verrons ou encore cerfs et daims.

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La surprise suivante sera lacustre. Nous découvrons un lac entouré de montagnes et de glaciers. La vue est à couper le souffle et nous en profitons un bon moment : pique-nique, jeux pour enfants, détente etc. Nous aimerions tous transporter notre maison à cet endroit !

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Les nuages nous rattrapant (ce sera une constante dans les Rocheuses canadiennes), nous filons à Banff ravitailler. Nous tombons sur un mail de la famille Cavagnis, des français en voyage depuis 4 mois, qui souhaitent nous rencontrer. Nous filons à leur rencontre et passons une bonne soirée à papoter.

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Le lendemain, nous faisons une des randos phares de Banff. Il s’agit d’aller observer deux cascades, sacrément agitées avec la fonte des neiges), au moyen de passerelles scellées à même la paroi des gorges. Humide.

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Alors que nous partons vers un bivouac à Lake Louise, nous tombons truffe à nez sur 2 ours noirs séparés chacun d’une dizaine de kilomètres. Ils sont tous deux à moins de 5 mètres du camping-car, cherchant pitance au bord de la route. Bon, inutile de retranscrire les cris dans Caracol, que je n’écoutais que d’une oreille tout occupé à retenir Nad d’une main (qui voulait descendre pour les caresser) tandis que de l’autre je prenais des photos…

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A un saut de Pailles d’un rendez-vous manqué

De longue date, nous avions prévu de retrouver à Jasper nos amis les Pailles, qui redescendaient d’Alaska. L’impatience gagnait dans Caracol, tant chez les grands que chez les petits. Nous trouvons à Lake Louise un mail de leur part nous annonçant qu’ils ne sont plus qu’à 300 km de là. Ni une, ni deux, nous décidons d’aller à leur rencontre pour leur faire une surprise. Nous filons donc jusqu’à Jasper, puis jusqu’au Mont Robson où nous sommes sensés les surprendre. Nous arrivons les premiers, préparons l’apéro, patientons… et toujours pas de Pailles. C’est la consternation dans l’équipage ! Nous finissons par nous coucher, inquiets qu’il leur soit arriver un problème en cours de route.

Le lendemain nous apprenons que la route qu’ils doivent prendre pour arriver jusqu’ici est coupée par un éboulement (durée estimée de dégagement plusieurs jours) et que durant la nuit, la route que nous avons prise pour venir est elle aussi coupée par une rivière qui a débordée de son lit. Nous avons comme autre solution pour rejoindre Jasper respectivement un détour de 1000 km pour nous et 1500 km pour eux. Ca sent le roussi. Re-consternation dans Caracol. Dans ces cas là, on le sait, il est urgent d’attendre, ce que nous faisons paisiblement. Pour l’anecdote, ce parc du Mont Robson est notre point le plus au nord du voyage. Nous avons remonté plus de 100° de latitude depuis Ushuaia. Impressionnant.

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La journée passe bizarrement, bloqués que nous sommes sur le parking du visitor center, entre contemplation du Mont Robson (il y a pire), jeux avec les enfants, discussions avec d’autres naufragés de la route. Alors que nous sortions l’apéro au soir venu, prêts à passer une nuit sur le parking, Titouan pousse un grand cri : « Ils sont là !!! ». S’en suivent embrassades et retrouvailles, cris et exubérances qui font que nos voisins de parking nous regardent bizarrement. On a bien cru ne les revoir qu’en France.

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Festival à Jasper et Lake Louise

Débloqués le lendemain, nous repartons ensemble à Jasper, le temps ne nous semblant pas très franc du collier, on préfère s’activer dès fois que la route s’effondre de nouveau. Nous filons jusqu’aux thermes de Miette, où nous prélassons dans des piscines alimentées par des sources d’eaux chaudes.

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Un régal. Nos dernières bains similaires remontant au Pérou. Tout serait parfait sans le cerbère arborant un beau maillot de bain rouge (mentionnant lifeguard ) et rappelant à l’ordre sans cesse nos quatre garnements, pourtant relativement sages ce jour là : « ne courrez pas », « ne vous accrochez pas à la rambarde », « ne mangez pas de gâteau sur le banc mais derrière la vitre en verre seulement » etc. Au bout d’un moment, on en regretterait presque une bonne foule latino-américaine autour de nous !

La suite du séjour se déroule excellemment. Nous alternons balades, observation des ours qui semblent prendre un malin plaisir à prendre la pause, apéros, repas et soirées tardives.

Du côté des randos, nous enchainons : un point de vue sur le lac Jasper et le lac Talbot ;

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Le lac Maligne ;

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Le lac glaciaire Edith Cavell ;

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La promenade des cascades de l’Athabasca ;

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Le tour des 5 lacs ;

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Le point de vue sur le champ de glace Columbia et les sommets autour;

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Le bas du glacier ;

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Le lac Peyto et sa couleur unique ;

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Le lac Bow ;

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Le lac Louise le jour de la fête nationale (mauvaise idée, il y avait un de ces monde…);

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Le lac Moraine ;

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Le lac consolation.

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Du côté des ours, là aussi on se régale. Nous voyons pas moins de 26 ours durant notre séjour avec une journée en pic où nous en croiserons 8 ! Histoire de bien faire, nous avons le droit à des ours solitaires, des mères avec leurs petits, un couple d’ours noir-brun dont on se demande toujours ce qu’ils faisaient ensemble et cerise sur le gâteau, le matin d’un départ c’est un grizzli debout sur ses pattes qui nous salue (pas eu le temps d’attraper l’appareil photo) ! Bien que la distance de sécurité requise par les rangers soit de 100 m, ces charmants plantigrades se trouvaient le plus souvent à moins de 10 mètres de Caracol, et nous avions tout le loisir de les observer à l’abri (on a même fait quelques pas dehors quand l’animal paraissait tranquille, mais chut). Il va de soit que pour les randos, nous avions notre bombe à ours avec nous (sorte de spray d’autodéfense au poivre) et laissions les enfants chanter à tue-tête sur le chemin…

Observer un ours en liberté présente un je-ne-sais-quoi de magique, peut-être l’image du teddy bear est-elle ancrée trop profondément dans nos esprits. Toujours est-il que l’animal est imposant, surtout de face, et peut être redoutable. Il a un côté cabotin du prédateur non pourchassé et reste longtemps à farfouiller la terre à la recherche de son casse-croûte en ignorant royalement les humains qui l’observe. Les mères et les petits sont un peu plus timides et partent assez rapidement. Chaque rencontre est unique et, tant les grands que les petits, restons sans voix devant le spectacle.

Voici quelques portraits de nos stars du moment :

-       L’ours noir en recherche de nourriture ;

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-       L’ours noir marron ;

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-       Ourson noir ;

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-       Avec son frère ;

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-       Un couple d’ours noir devant le camping-car des Pailles ;

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-       Une maman grizzly ;

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-       Les bébés grizzly ;

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-       Jeune mâle grizzly

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Nous avons également la chance de pouvoir observer les acrobaties d’une rare moutain goat, sorte de croisement improbable entre l’ours blanc (pour la couleur), la chèvre (pour le modèle général) et le grimpeur chevronné (faut la voir sauter de rocher en rocher dans du 5+).

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Enfin, comme on est avec les Pailles et que ce sont des gens sérieux, nous passons de joyeuses soirées à ripailler, discutant de nos ours du jour autour d’une – ou de plusieurs bières, en fonction du nombre d’ours du jour -, effectuant des parties de Time’s Up endiablées,etc. Il se dit même que le tandem Fabienne-Nico a mis une pâtée mémorable au tandem Olivier-Nadège, mais chut, ils sont susceptibles.

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Les enfants ne sont pas de reste et s’en donnent à cœur joie.

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Quelques photos de Jasper.

Quelques photos de LakeLouise.

La Grande traversée

Les plus informés d’entre vous le savent, notre bateau est réservé pour le 26 juillet à Halifax (côte est du Canada) et nous sommes très très très à l’ouest de notre embarquement en ce matin du 3 juillet. Il est temps de se quitter. Les Pailles partent pour Seattle pour remettre leur camping-car à leurs acheteurs, et nous de notre côté, nous nous lançons dans la traversée ouest-est du Canada. Byebye et rendez-vous en France ce coup-ci !

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Le GPS indique 5300 km pour Halifax, soit la longueur à quelques kilomètres prêts de la mythique route 40 qui traverse l’Argentine du nord au sud. Voilà. Et là, il nous faut le faire rapidos. Modestes, nous nous lançons comme 1er objectif Ottawa, distante de 3700 km.

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Nous ne sommes pas seuls sur cette transcanadienne, tellement fameuse que nous voyons également nombre de cyclistes et de backpackers la parcourir ; plusieurs milliers de kilomètres au bord d’une autoroute, Anne-Ju et Germain, si l’aventure vous tente … pensez à autre chose !

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Nous atteignons Ottawa après avoir traversés 4 états (Alberta, Saskatchewan, Manitoba et Ontario) en 5 jours, 47 heures de route,  385 litres de gasoil, deux fuseaux horaires de moins, 10 litres de café NESCAFE (beurk), de nombreuses heures à faire le bilan de cette année et demie écoulée et autant à préparer mentalement notre retour, des heures à rêvasser ou à observer des paysages désopilants.

Et du côté des enfants : 12 heures de dessins animés, 2 heures de DS, une quinzaine de véhicules en tous genres montés en LEGO, 210 minutes d’écoute de Croc Blanc sur lecteur MP3, 3 dictées et 4 récitations de tables de multiplication (faut pas perdre la main !) … et zéro dispute (comme quoi, tout arrive !).

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Nous partons tôt, faisons quelques arrêts et trouvons au final quelques bivouacs sympas.

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Allons à la Capitale !

Nous voici arrivés à Ottawa, capitale du Canada, où nous relâchons quelques jours chez Florence et Markus.

Ils nous chouchoutent et nous gâtent : matinée plage au bord de la rivière des Outawais, resto à la marina, fruits et légumes en tout genre, fromage (si,si !), etc.

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Nous nous reposons essentiellement, mis à part une journée découverte d’Ottawa. Nous commençons par la visite du centre ville et restons un bon moment dans une librairie FRANCAISE !!!! Les loulous ne veulent plus la quitter, occuper qu’ils le sont à parcourir des Tintin et autres trésors !

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S’en suit une visite du marché où nous trouvons … du camembert délicieux! On n’en revient toujours pas !

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La ville nous plaisait déjà en hiver, elle nous enchante en été.

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Nous continuons par la visite du fabuleux musée des civilisations.

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Les enfants adorent notamment la partie spécialement dédiée aux enfants, profitant des nombreuses activités manuelles qui leurs sont proposées.

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Flo, Markus, merci encore pour votre accueil et à bientôt en France!

Toujours plus à l’est !

Toutes les bonnes choses ont une fin, il nous faut repartir en direction de l’est, où d’autres belles retrouvailles nous attendent. Mais cela est une autre histoire.

CinéCaracol

Itinéraire

Voilà en gros l'itinéraire que nous avons suivi entre la frontière et Ottawa.

 

Le trajet

 

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Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


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