Tudo bem … ou presque !

Du 16 au 22 juillet 2011

P1070940

Après avoir quitté l’Argentine, nous voici pour une petite semaine au Brésil. Pays gigantesque, à la réputation sulfureuse dans le monde des voyageurs, et présentant un inconvénient majeur que nous découvrons dès nos premiers pas : il s’y parle le portugais ! Et nous non.

Dès la frontière franchie, nous trouvons facilement le chemin des chutes d’Iguazu brésiliennes. En effet, l’Iguazu, la rivière formant les chutes sépare en son milieu l’Argentine du Brésil. Nous avions parcouru la veille le côté argentin, et nous nous apprêtons à découvrir le côté brésilien.

DSC_3062

La première différence que nous remarquons est d’abord auditive. Juste à l’entrée du parc, deux hélicoptères se posent à tour de rôle toutes les 10 minutes, dans un boucan d’enfer, et s’élancent au-dessus des chutes dès le changement de passager effectué. Le tour coûte dans les 100 $ par personne… Le parc est à l’avenant. Là où le parc argentin était organisé en de grands sentiers, le brésilien n’en offre qu’un seul, ainsi que de nombreuses options toutes plus chères les unes que les autres. Bon, nous ne boudons pas notre plaisir et profitons de cette jolie randonnée, face aux chutes argentines.

P1070883

En effet, le paysage est magnifique et c’est une vue panoramique qui s’offre à nous.

De nombreux papillons et oiseaux attirent notre regard

DSC_3128

Bien entendu, les gourmands coatis sont à l’affut de la moindre miette de gâteau tombée par terre.

DSC_3085

Nous parvenons au point d’orgue de la balade : une passerelle mène sous une pluie d’embruns continue au beau milieu de la garguanta del Diablo.

P1070887

La vue est saisissante, le bruit étourdissant, l’atmosphère détrempée, l’arc-en-ciel vertical ; la magie opère, sauf pour Estéban qui trouve moyen d’être sous plastique…

DSC_3120

Nous quittons les chutes et nous nous posons dans le camping d’une auberge de jeunesse proche. Nous y découvrons les camping-cars brésiliens, grands comme des bus, avec tout le confort imaginable. Ils ont même une machine à laver le linge dans les coffres de soute !  En pleine nuit, le temps vire à l’orage, et quel orage ! Il ne nous quittera pas de deux jours, faisant tomber sur nous des rivières de pluie.

P1070907

Nous décidons de monter vers le Pantanal rapidement. Sandra, la sœur de Nad arrive dans moins de quinze jours à Santa Cruz, en Bolivie.

P1070920

A la première station essence brésilienne, nous découvrons que nous avons perdu notre bouchon de réservoir d’essence. Je trouvais que notre consommation était un peu forte ; en voici la raison ! Nous sommes dimanche évidemment. Après avoir calfeutré l’orifice de remplissage avec un sac plastique et des élastiques (on se débrouille comme on peut), nous nous arrêtons dans les dix stations services suivantes afin de chercher une pièce de remplacement. Nada. Il faut imaginer le tout en portugais évidemment. Ce n’est pas triste. Notre décision est prise, nous allons rouler jusqu’à Campo Grande, plus proche concession Iveco sur notre route. Nous nous avalons donc deux jours de trajet, le tout sous la pluie. Ambiance morose à bord. Arrivés à Campo Grande, nous nous apercevons que le garage Iveco a déménagé. Notre GPS ne contient pas de carte détaillée de la ville, et nous n’avons pas de carte papier non plus. Il nous faudra une bonne heure pour trouver, le tout en demandant notre chemin et en n’obtenant que des réponses … en portugais. Pas trop mal ! Manque de pot, le garage n’a pas cette pièce et il faudrait attendre trop longtemps pour qu’on lui la livre. Nadège a faillit piquer un fou rire devant mes tentatives désespérées pour expliquer notre situation et les réponses amicales et virant parfois au mime, du préposé aux pièces. Donc, décision est prise de demander à Sandra de nous l’amener de France.

Nous trouvons un supermarché histoire de recharger les coffres désespérément vides. Le premier supermarché que nous trouvons s’avère être une sorte de Metro. Achats en gros. Dépités, nous repartons. Nous trouvons un deuxième supermarché non loin de là. Nous déchantons vite devant les prix presque aussi chers qu’en France, voire plus chers parfois. Nous n’achetons que le minimum et décidons de manger dans les buffets à volonté qu’on trouve partout au bord des routes et qui s’avèrent beaucoup plus économiques.

Nous quittons donc Campo Grande de nuit, à la recherche d’un bivouac hors de la ville pour passer la nuit. La circulation de nuit au Brésil n’est pas trop encouragée. Nombreux sont les automobilistes qui ne s’arrêtent pas au feu rouge. Un jeune en moto qui attend le feu vert à côté de Caracol porte sous sa veste un révolver, à peine dissimulé. On est ravi. Nous sortons rapidement de la ville et trouvons notre bonheur à une vingtaine de kilomètres plus loin.

J’en profite pour faire un aparté sur la violence au Brésil. Les guides de voyage en parlent. Les voyageurs en parlent. Nous avons donc décidé d’être prudents et d’éviter les bivouacs sauvages. Nous n’avons pas vu de violence durant ce très court séjour. Mais des détails sont là. Les policiers portent toujours des gilets pare-balles, et ils ont tous leur groupe sanguin inscrit auprès de leur nom, sur leur uniforme. On voit une très forte différence sociale : on peut croiser aussi bien de très belles villas que de nombreuses cabanes de bois et de plastiques au bord des routes, même dans les campagnes. Les rares discussions que nous avons eues avec des brésiliens (maudit portugais !!!!!) nous ont dit que Lula avait vraiment réussi à développer les classes moyennes mais qu’il n’avait pas réussi grand chose pour les plus pauvres.

Nous nous faisons une joie d’atteindre le Pantanal. Le Pantanal, c’est une immense région de marais dans laquelle il est possible d’observer bon nombre d’animaux en liberté. Une route de sable de 120 km pénètre au cœur des marais et est, paraît-il, géniale pour observer les animaux.

Nous sommes éreintés de la route parcourue jusqu’ici et l’ambiance n’est pas au beau fixe dans Caracol. Nouvelle désillusion, la fameuse route est coupée à plusieurs endroits car la saison des pluies a été violente et de nombreux ponts sont détruits.

Impossible d’ailleurs d’avoir une info précise sur la distance que l’on peut parcourir. Nous tentons le coup et avançons d’une trentaine de kilomètres, franchissons tantôt des ponts en bois brinquebalants, tantôt des passages plus ou moins boueux les contournant lorsqu’ils sont trop abimés. A chaque pont, c’est la « chasse » aux animaux : yacarés (crocos locaux), oiseaux de tous genres, singes, cerfs, poissons (piranhas entre autres) etc. C’est un festival. Estéban est super fort pour apercevoir les crocos, même lorsqu’ils sont sous l’eau. Il en frétille de plaisir !

DSC_3202

Malgré cela, nous sommes toujours éreintés et l’ambiance s’en ressent. Nous décidons de faire étape en fin de matinée dans un camping jouxtant une posada (sorte de ferme aménagée pour le tourisme, tourisme plutôt luxueux). Le camping est au bord de la rivière et nous sommes seuls.

P1070982

Nous faisons une sieste dans ces hamacs bercés par le chant des oiseaux. La posada située à 500 mètres a même une piscine où je vais avec les enfants passer une partie de l’après-midi, tandis que Nad bouquine face à la rivière et accessoirement face à un croco qui, à deux mètres, la lorgnera toute l’après-midi (lui dans l’eau et Nad sur la berge, rassurez-vous !).

P1070978

Une bonne après-midi qui requinque tout le monde. Le camping est idyllique jusque vers 17h30, tombée de la nuit, où nos amis les moustiques entrent dans la partie. Nous avons beau nous réfugier dans le camping-car, ils rentrent malgré les moustiquaires et nous font passer une nuit guerrière, l’oreille à l’affut, la main prompte à taper. Nous en tuons des dizaines, rendant le plastique de la capucine sanglant. Un vrai film d’horreur ! On se rassure en se disant qu’il n’y a pas de paludisme dans le Pantanal (enfin, c’est ce que nous ont dit les médecins du CHU à Toulouse …). La chaleur est également de la partie et nous avons du mal à respirer, transpirant à grosses gouttes. Nous ne nous endormons que sur le petit matin.

Au réveil, le ciel est gris foncé, l’atmosphère humide. Nous décidons alors de ne pas nous enfoncer plus loin dur la route, sachant la piste impraticable par temps de pluie. Pluie qui commence à tomber alors que nous quittons la piste pour retrouver la route. Ouf !

Un peu plus loin nous nous arrêtons dans un petit resto pour manger rapidement. Les enfants restent dans Caracol garé devant car ils ont déjà mangé. Une dame vient nous chercher dans le restau et nous explique (toujours en portugais) qu’il ne faut surtout pas laisser les enfants seuls dans un véhicule ici, qu’il y a des enlèvements, que le reste du Brésil, ça va (sic), mais qu’ici à la frontière bolivienne, c’est dangereux ! Bref, info ou intox, on ne sait pas, mais nous repartons vite en fermant nos portes à clé.

Arrivés à Corumba, nous en profitons pour déguster une délicieuse noix de coco.

P1080025

Les enfants, qui nous la réclamaient depuis les premiers cocotiers, sont ravis. Nous en profitons également pour acheter plein de fruits exotiques que nous ne connaissons pas : un régal ! Puis, nous cherchons un bivouac sûr pour la nuit car la ville, qui est frontalière,  est réputée pour être la « ville de tous les trafics ». Il n’y a pas de camping et les hôtels avec  parking nous en refusent tous l’accès. Nous finissons sur le parking de l’aéroport, où nous discutons avec les gardes super sympas qui nous laissent rester pour la nuit. Ils nous rassurent : le premier vol commercial n’est prévu que pour le lendemain en début d’après-midi ; nous passons notre première bonne nuit au Brésil !

Notre bilan sur le parcours de ce pays, ou plutôt de cette infime partie que nous en avons faite est mitigé. D’abord, la non pratique de la langue fut un réel obstacle, non pas que nous n’ayons jamais été par le passé confrontés à des pays dans lesquels il se pratiquait une langue que nous ne connaissions pas, mais surtout par ce qu’implique parfois le mode de voyage qu’est le camping-car. En effet, trouver un endroit sécurisé pour dormir, chercher des pièces mécaniques (donc, savoir les décrire), ou s’orienter dans une ville de 700.000 habitants en demandant son chemin sont autant de tâches difficiles dans une langue dont on ne comprend pas un mot. Dire cela est une lapalissade évidemment, mais compte tenu de notre fatigue, cela s’est avéré une réelle source de tension. A cela, il faut bien le reconnaître, il convient d’ajouter le fait que nous n’avions pas envie de nous investir, ni dans l’apprentissage du portugais pour une période aussi courte, ni dans la découverte en profondeur du pays. Enfin, les conditions de voyages (pluie, grosse chaleur, nécessité d’être rapide, fatigue) ne sont pas celles que nous aimons. Tous ces facteurs ont concouru à rendre cette partie du voyage un peu difficile, malgré la gentillesse des gens que nous avons rencontrés et qui n’ont pas ménagés leurs efforts pour nous faire comprendre une direction, une explication…

Et maintenant, en route pour la Bolivie, pays qui nous avait tant charmé il y a 5 ans (et où l’on parle l’espagnol (sic)), mais ce sera pour notre prochain article.

CinéCaracol

Le tout en images avec le CinéCaracol.

 

Le trajet

 

googlemapsExemple

Voyage terminé,

Cliquez sur la carte

pour voir le trajet.


 

Les pas du Consul

Cliquez sur l'image pour voir le carnet de voyage du Consul

RockyMountains

Rocky Mountain, Colorado, USA

 


Powered by Joomla!. Design by: free joomla theme technology  Valid XHTML and CSS.