Retour en Bolivie

Du 22 juillet au 7 août 2011

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Après notre sprint brésilien, nous voici arrivés en Bolivie. Nous renouons avec ce pays qui nous avait ravi en 2006 lorsque nous y avions passé notre voyage de noce. Mais c’est dans une région que nous ne connaissons pas que nous y faisons nos premiers pas : celle de Santa Cruz et des missions jésuites.

Alors que nous avons quitté le Brésil sans difficulté, le passage de la frontière bolivienne s’avère un peu plus dur : on nous demande des photocopies de nos papiers qui bien sûr doivent se faire de l’autre côté de la rue dans un boui-boui ! Heureusement, Sandrine et Manu nous avaient laissé quelques bolivianos en trop qui nous sont bien utiles (merci, merci, merci) ! Après quelques autres péripéties, une tentative de corruption de la part d’un policier, nous trouvons une gargote où nous déjeunons pour l’équivalent de 4 euros à 4 ! Le Brésil est oublié !

Nous avions prévu de dormir à la frontière, mais la ville ne nous inspire pas et nous partons donc en direction de Santiago de Chiquito, que nous atteignons à la nuit. La bonne surprise est que la route qui amène à Santa Cruz, et que nous empruntons, est parfaitement asphaltée !

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Par contre les derniers kilomètres pour Santiago se passent sur une route de terre rouge un peu remuante. Le village est super mignon, un peu en altitude, avec une mission jésuite que nous découvrons avec surprise.

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La nuit sera plus difficile. Nous sommes vendredi et les habitants sont dehors en cette douce soirée. Les enfants du village vont jouer pendant un bon moment à toquer à notre porte et à s’échapper lorsque nous ouvrons. Plus tard alors que nous dormons, ce seront aux jeunes du village de faire de même. A quatre heures du matin, nous sommes réveillés par des coups sur le camping-car et découvrons une cinquantaine de jeunes assez éméchés, portant des sortes de châles sur la tête, accompagnés de deux tambours en train de secouer le véhicule et danser autour de nous, avant de s’en aller par les rues du village. Ils continuent ainsi à repasser devant nous pendant une heure effectuant une boucle dans les rues. Enfin, à 7 heures, c’est un employé communal qui nous réveille et nous demande de nous déplacer. Nous comprenons alors que c’est la fête du village ce week-end. Le réveil en pleine nuit était l’œuvre des « abuelos » (conscrits locaux),  qui annonçaient la venue de la fête.

Nous reprenons la route pour San José de Chiquito. Les paysages bordant la route sont jolis.

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Un relief rouge foncé borde certaines parties du chemin alors que d’autres sont constituées de forêts variées. Nous ravitaillons en gasoil au cul même du camion, ou d’une citerne pour l’essence, le tout surveillé par les militaires !

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Nous arrivons au village et trouvons l’hôtel construit par Jérôme et qui accueille les camping-cars. Jérôme a fait un tour du monde en scooter durant 3 ans et a décidé de s’installer à San José. Nous y découvrons également Swanne, sa fille de 5 ans. Une autre famille française (enfin presque, ils sont corses), Jef, Estelle, Jérémy (14 ans) et Hugo (6 ans) s’y trouve également avec une tortue montée sur un Land. Ils ont déjà à leur actif un tour du monde en land quand Jérémy était bébé et une traversée de l’Afrique plus récemment. Nous allons pouvoir parler voyage avec tout ce beau monde. L’hôtel de Jérôme est superbe et a même une piscine ! Autant dire que les enfants trouvent à s’occuper pendant que les parents blablatent, bricolent ou font du ménage. Nous ferons un barbecue avec des amis de Jérôme, Cubains mais installés en Bolivie depuis 15 ans, et dirigeant une école formant à la restauration des bâtiments anciens (il y a du boulot par ici avec toutes les missions)! Jérôme n’est autre que le frère de Fabien Maurice, dont nous avons lu le livre contant son tour du monde en vélo (avec les enfants dans des remorques derrière), livre que les Petites Gouttes (Nico et Anne, merci encore !) nous avaient offert avant le départ. Le monde des voyageurs au long court est vraiment petit !

Nous profitons de l’après-midi pour aller visiter l’église et le musée de la mission. Le bâtiment est superbe. On se régale.

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Nous quittons tout ce beau monde et effectuons avant de partir nos premières courses boliviennes. Les corses nous avaient prévenus, ce n’est pas simple. Il nous faudra parcourir pas moins de 5 magasins avant d’arriver à boucler notre liste. La bonne surprise, c’est que les prix sont vraiment bas ! Ca va faire du bien à notre budget, mis à mal par les kilomètres avalés et le passage au Brésil.

Nous prenons la route des missions jésuites en nous dépêchant car nous avons rendez-vous avec les Manohé dans 3 jours. La piste est bien pourrie et couverte d’une poussière fine qui rentre partout, le polvo !

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Nad, qui avait briqué le camping-car comme jamais, est abattue. Jamais autant de poussière n’était rentrée dedans. Le sol, les meubles, les lits sont marrons ! C’est à désespérer ! De plus, sur les 100 premiers kilomètres, le marchepied se casse, le voyant d’eau du filtre à gasoil s’allume et la lumière de la salle de bain ne marche plus. C’est donc abattus et crevés que nous arrivons à San Rafael de nuit. La mission y est vraiment belle. Toute de bois sculpté, richement peinte de jolis motifs floraux, il fait bon s’y poser au frais. C’est relaxant.

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Après les réparations et le ménage, nous passons une bonne nuit. Nous reprenons la piste pour Santa Ana, autre mission assez proche. Heureusement la piste s’améliore. Nous arrivons au village. C’est le jour de la Sainte Anne, la patronne de l’église. Tout le village est sur la place et autour de l’église. Il y a des processions et des danses, de la musique. C’est la deuxième fois depuis notre arrivée en Bolivie que nous nous trouvons au bon moment par hasard.  Nous sommes ravis. La statue de la sainte est installée sur le porche, prête pour la procession. Nous nous frayons un chemin parmi tout se monde, un tantinet gênés d’être là pour visiter. Alors que nous regardons l’église, un petit garçon de 4-5 ans s’approche d’Estéban, qui s’est aventuré un peu plus loin, et lui arrache ses lunettes de soleil (qu’il avait pourtant sur le nez) avant de s’enfuir. Nous sommes choqués et tardons à essayer de le rattraper. Nous ne le retrouverons pas et les lunettes non plus. Les enfants sont inquiets, nous dégoutés. Nous repartons dépités.

A San Ignacio, l’atmosphère nous change des villages précédents. Le bourg est grand, agité et compte un bon nombre de commerces en tous genre. Notre déjeuner se fait au mercado local, où il ne vaut mieux pas être regardant sur l’hygiène de la préparation des plats. Une nouvelle mission nous attend !

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Nous passons la nuit un peu plus loin dans un tout petit village qui possède lui aussi son église (beaucoup plus simple) envahis par les curieux et les enfants du village.

Nous reprenons la route au petit matin (7 heures) pour éviter les lourdes chaleurs étouffantes. Nous croisons en chemin les Thilles et Un P’tit Tour à Deux. Arrêt discussions et échange d’infos avant de repartir chacun de notre côté. La route est éreintante, si bien que 40 km avant de trouver enfin de l’asphalte, l’amortisseur avant droit fait un bruit pas très catholique. Je me rends compte que c’est la tête de l’amortisseur qui a cassé. Nous serrons les fesses, respirant à peine. Il est où ce maudit asphalte ? Nous y arrivons enfin après une heure durant laquelle personne dans l’habitacle n’ose parler.  Finalement la journée se terminera bien car après avoir visité l’église et le musée de Conception, nous nous arrêtons chez le mécano du village qui nous ressoudera la fameuse tête en moins d’une heure et nous repartons soulagés.

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Nous retrouvons les Manohé le soir dans un petit camping paradisiaque au bord d’un lac. Nous profitons de la journée du lendemain pour effectuer les réparations et le ménage en vue de l’arrivée de Sandra et de Jérôme. Max et Hélène nous épaulent bien et s’occupent des enfants et en préparant le traditionnel asado. Merci !

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Santa Cruz, la ville de tous les plaisirs. C’est ici que Sandra et Jérôme viennent nous retrouver. Petits et grands sont excités. Faut dire que cela fait plus d’un mois que l’on décompte les jours à l’aide d’un tableau ! Les garçons ont préparé une banderole pour que tatie et Jéjé ne se trompent pas à l’aéroport ;-).

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Les retrouvailles sont émouvantes, forcément. Et en plus, ils nous ont amené pleins de cadeaux !

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Et, comble du bonheur, une odeur forte et bien reconnaissable s’élève de leurs sacs : une belle tomme des Pyrénées, bien mûre ! Du FROMAGE ! Elle ne survivra pas deux soirs…

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Nous découvrons Santa Cruz ensemble. La ville possède une belle place presque aussi jolie que celle de Salta en Argentine.

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Et elle a l’avantage de compter de grands magasins, où nous faisons le plein de provisions. Santa Cruz n’a rien a voir avec le reste de la Bolivie que nous connaissons. C’est une région riche. Dans les rues, des gros 4x4, des Hummer circulent avec à leur bord toute une jeunesse friquée. Ahh, l’argent de la drogue !

Nous partons en direction de Samaipata. La route se déroule sous la pluie qui s’est installée depuis 2 jours. Heureusement, en arrivant dans la vallée, le soleil sort presque son nez. Nous montons jusqu’au Fuerte, site inca situé en haut d’une montagne, sorte de Machu Pichu bolivien. Nous sommes la tête dans les nuages, ce qui donne au site un aspect mystique.

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Nous continuons en direction de Sucre. Nad a passé une mauvaise nuit suite à une indigestion liée à l’abus de fromage, foie gras et chocolats qu’on amené Sandra et Jérôme. La route est apocalyptique ! Chaque petit col qui nous mène un peu plus vers les hauts plateaux s’avère être un chemin rempli de trous d’autruches, de tôle ondulée de combat, de couches de polvo hautes de parfois 10 à 20 cm, dans lesquelles Caracol dérape parfois. Bref, un vrai calvaire, surtout pour Nad qui n’est pas au mieux de sa forme. Après un bivouac à l’arrache, la route s’améliore doucement. Jérôme et Sandra découvrent ainsi les différents aspects du voyage en camping-car… Ils nous sont d’une aide précieuse. Ils s’occupent des enfants pendant la route (et surtout les garçons les accaparent : tatie par-ci, tonton par-là, l’excitation des retrouvailles n’a pas désemplie) et sont très présents lors des taches ménagères. Jérôme, ce n’est pas un enfant unique, lui ;-). On se croirait en vacances. Un vrai mois d’Août ! Même le paysage est royal !

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Nous arrivons enfin à Sucre, la capitale officielle de la Bolivie, et trouvons un bivouac à quatre quadras de la place principale. C’est un petit jardin fermé à l’écart, bien agréable, tenu par un couple de papi mamie adorables. Par contre, pour rentrer, Caracol passera à moins de 4 ou 5 cm de chaque côté du portail. Nad manquera de s’arracher les cheveux en me guidant et ce sera Jérôme qui prendra son relais pour finir de m’aider à rentrer Caracol. Stress, stress….

Le lendemain, nous tombons en plein dans les défilés de la fête nationale, le 6 Août. Toutes les écoles, tous les corps de métiers défilent au rythme des fanfares militaires. La ville est paralysée. Encore une fois, par hasard, nous nous trouvons au bon endroit au bon moment.

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Nous déambulons dans les rues, dans les églises, dans les marchés, profitant de l’ambiance et de la douceur de l’air.

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Sucre est située à 2700 m d’altitude, et il n’y fait ni trop chaud, ni trop froid. La ville est toute blanche et de type colonial. Charmante. Nous montons sur le toit du collège pour profiter d’une vue panoramique sur la ville, ainsi que tout en haut de la colline qui surplombe la ville.

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Les enfants passeront un long moment dans le parc Bolivar à arpenter les nombreux jeux pour enfants.

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Après quelques jours, nous prenons la direction de Potosi. Potosi fut une ville phare de l’Amérique du sud grâce à ses mines du Cerro Rico.

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On y découvrit des mines d’argents qui firent la fortune de l’Espagne. Cela se ressent dans l’architecture de la ville qui est constituée de nombreuses demeures coloniales. Les mines aujourd’hui ne donnent plus grand chose, ce qui entraina la déchéance de la ville. Il reste quand même 15000 mineurs qui y travaillent. La ville est située à 4000 mètres d’altitude. L’air y est rare, les rues froides et étroites. Sandra ressent le mal d’altitude. Les défilés continuent pendant plusieurs jours.

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Nous partons avec Jérôme visiter les mines. La visite commence par un passage dans le marché des mineurs afin d’acheter des cadeaux à donner lors de la visite. La dynamite est en vente libre. J’achète un kit complet (dynamite, mèche, nitrate d’ammonium pour  en augmenter l’effet) pour 15 bols, soit 1,5 euros.

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Puis nous montons sur le Cerro Rico et pénétrons dans une des galeries de la mine.

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Nous nous enfonçons dans les méandres de la mine et découvrons la vie des mineurs, qui est loin d’être rose !

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Les moins payés (30 bols par semaine) remontent des chariots de gravats à trois, le tout pesant une tonne. Ils doivent en remonter huit dans la journée ! Nous rencontrons également une des statues du dieu des mineurs, El Tio, auprès duquel les mineurs font des offrandes très régulièrement.

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Pendant ce temps, les filles et les enfants vont voir Los Pitufos (nom espagnol des schtroumpfs) au cinéma. Ils en reviennent ravis en rigolant.

C’est également à Potosi que nous retrouvons  Aurélien et Magalie, nos deux stoppeurs préférés (souvenez-vous de la Carretera Australe). Nous passons une journée et une soirée à échanger et à se raconter nos parcours respectifs depuis le mois de mars. Les enfants sont super contents de les retrouver. Et nous aussi !

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Nous visitons tous ensemble la Casa de la Moneda, lieu où étaient frappées toutes les pièces de monnaies espagnoles.

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Nous nous séparons de Sandra et Jérôme qui partent à Uyuni pour tenter de trouver un tour leur permettant de faire le Sud Lipez en 4x4, toujours bloqué par la neige. Rendez-vous est pris à Oruro dans quelques jours. Suerte tia y tio !

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Nous passons l’après-midi avec Aurel et Mag à visiter le couvent de Santa Thérésa.

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Couvent où rentrait la deuxième fille des grandes familles bourgeoises espagnoles dés leur 15 ans et pour y finir leur vie. Il n’y avait que 21 places. Autant dire que les dots des familles à l’église étaient importantes et il fallait attendre qu’il y ait une sœur qui meure pour faire rentrer une jeune fille … tout cela dans un mode de vie le plus strict ! Elles n’avaient plus de contact physique avec leur famille, ne parlaient pas à table etc. Il ne faisait pas bon d’être la deuxième. Le pire c’est que le couvent a fonctionné ainsi jusqu’en 1973 !! et fonctionne encore, mais sous un mode beaucoup plus laxe. Nous nous échappons avant la fin de la visite car la visite s’éternise un peu trop pour les garçons. Aurel et Mag feront de même peu après... Nous passerons ensemble encore une bonne soirée dans Caracol.

Nous partons le lendemain, pour rejoindre Uyuni et notre rendez-vous suivant à Oruro avec Sandra et Jérôme, mais ça sera pour un autre article !

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